« Un gouvernement de plus de 20 ministres en Guinée, c’est un gâchis »: Dr. Faya dévoile son plan pour la Présidentielle

CONAKRY- Candidat validé pour la prochaine élection présidentielle, Dr Faya Millimouno, porte un regard critique sur le processus électoral en cours. Dans cet entretien exclusif accordé à Africaguinee.com, il déplore l’absence de figures politiques majeures et fustige l’utilisation des ressources de l’État pour la pré-campagne. Tout en détaillant son itinéraire de tournée nationale qui débutera à Siguiri, Faya Millimouno qui défend  le du Bloc Libéral (BL), expose les piliers d’un projet de société de « rupture » : une gouvernance resserrée, une refonte totale des systèmes éducatif et sanitaire, et une priorité absolue donnée à l’agriculture pour transformer l’économie guinéenne. Explications.

AFRICAGUINEE.COM : comment avez-vous accueilli la validation de votre candidature à l’élection présidentielle ?

DR.FAYA MILLLIMOUNO : Nous avons pris acte. Il faut reconnaître que beaucoup de compatriotes avaient l’intention de candidater. Au-delà de 51 personnes qui ont eu la possibilité de se présenter, on a d’autres acteurs politiques, non des moindres, qui auraient bien aimé participer à cette élection. Le premier bémol de ce processus électoral, c’est son caractère exclusif que nous déplorons. Parce que l’échiquier politique guinéen est caractérisé de telle sorte qu’avoir des acteurs comme Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, un candidat du RPG, absents de la compétition, n’est déjà pas une bonne chose pour le pays. Parce que ça laisse quasiment plus de la moitié du pays. Or, lorsque le CNRD est arrivé, la promesse qui avait été faite au peuple de Guinée était d’organiser des élections inclusives pour donner toute la légitimité à celui qui allait conduire les destinés de notre pays à l’issue de la démocratie.

Selon vous, quel message cette situation renvoie-t-elle ?

C’est un mauvais message que ça renvoie, parce que lorsqu’il y a de l’exclusion au niveau politique, naturellement les dirigeants qui sont tirés d’un tel processus fut-il moi qui suis en train de vous parler, souffrirait quelque part le manque de légitimité suffisante. C’est pourquoi l’exclusion doit être éviter au maximum. Nous sommes en train de nous battre laborieusement pour préserver les acquis démocratiques que nous avons obtenus au prix de beaucoup de pertes en vies humaines, de beaucoup de dégâts matériels. Tout cela ne devait pas aujourd’hui s’arrêter à si bon chemin et nous ramener un peu comme si nous étions encore dans les années 70.

Comment préparez-vous votre campagne électorale ?

Écoutez, nous avons déjà une première difficulté. Ce que ceux qui ont dirigé la Guinée tout au long de l’histoire ont corrompu l’espace politique. Le plus souvent quelqu’un arrive, même s’il comptait parmi les plus pauvres, pour le fait qu’il ait le contrôle du trésor public, il se permet de se servir pour acheter des consciences. Ce n’est pas comme ça que la politique guinéenne doit être conduite.

Nous qui ne contrôlons pas le trésor public, nous comptons sur nos militants, sur des guinéens qui croient en nous. La constitution qui a été pourtant adoptée avec tambour battant, on est déjà clairement dans sa violation. Parce qu’il faut rappeler que cette constitution a plutôt prévu un organe technique indépendant qui devait gérer le processus électoral. Ce n’est pas ce que nous sommes en train de voir. Nous savons que le CNRD et son président ont une minorité de fonctionnaires derrière eux. Ce ne sont même pas tous les fonctionnaires qui vont voter pour lui. Il faut qu’il en soit conscient.

On a aujourd’hui une gestion des biens publics qui permettent de prendre une voiture sortie d’usine des fonds publics pour un insulteur public, pendant que nous avons des professeurs d’université qui n’ont pas un salaire qui leur permette de vivre décemment et de contribuer à la formation de nos enfants.  Dans un tel contexte, il y a une minorité de clientélistes qui tournent autour de Mamadi Doumbouya. Nous avons vu dans les médias où on nous dit que les membres du gouvernement ne devaient pas s’impliquer dans la campagne. On doit aller jusqu’au bout de cette idée parce que ce n’est pas un mérite que de le dire. C’est la loi qui dit qu’un commis de l’État, à commencer par le premier ministre, a un devoir de réserve quand il s’agit du jeu politique.

Mamadi Doumbouya devait commencer par dissoudre le directoire qu’il a mis en place parce que le premier ministre, il est payé par l’État guinéen, par le contribuable guinéen, c’est pour faire le travail de premier ministre. Et parmi les attributions du premier ministre, il n’y a pas la direction de la campagne d’un politicien. Donc on devait carrément éviter d’utiliser les commis de l’État que sont le premier ministre, les ministres, les directeurs nationaux, etc. On doit donner la paix aux maigres ressources de l’État, les équipements, les voitures, etc.

Ce qui va nous permettre d’être un peu rassurés qu’on ne va pas demander aux préfets, aux sous-préfets d’être des électeurs à lieu et place des guinéens. Parce que si les guinéens ont la liberté de faire le choix, je ne crois pas que si Mamadi Doumbouya sera parmi les cinq premiers sur neuf candidats. Donc la difficulté que nous avons, c’est le fait d’utiliser tout l’appareil d’État…

Nous disons que cette utilisation frauduleuse de l’appareil d’État doit cesser. Parce que ça ne met pas en confiance ceux qui croient en nous et qui sont capables de nous sponsoriser pour nous donner les moyens de faire une campagne digne de son nom. Voilà la première difficulté. Mais nous continuons à tenir bon et à persuader les guinéens que Mamadi Doumbouya ne sera pas le bon président pour la Guinée.

Comment comptez-vous aborder cette campagne ?

Il y aura beaucoup de porte à porte qui a déjà commencé, parce qu’on a beaucoup de jeunes qui ont déjà pris d’assaut les différentes villes, les différents villages de l’intérieur du pays, dans les réseaux sociaux. Il y a déjà un travail qui a commencé, c’est de la pré-campagne. Nous continuerons cela.

Le porte à porte sera intensifié dès que la campagne va commencer officiellement. Mais nous comptons aussi faire un rallye. Je suis en train de discuter avec mon équipe de campagne et j’avais déjà, sur la demande d’ailleurs de nos militants, de nos sympathisants, de beaucoup d’électeurs potentiels en faveur du candidat du Bloc libéral, on a eu la demande de commencer notre campagne à Siguiri.

Donc dès que nous connaîtrons le jour du début officiel de la campagne, nous prendrons le chemin Conakry-Siguiri où nous allons faire le premier grand meeting. Avant de prendre la route de Mandiana, ensuite nous viendrons dans la cité universitaire de Kankan. Nous ferons Kouroussa et nous reviendrons à Kankan pour prendre la route de Kérouané. On s’arrêtera dans les sous-préfectures que nous allons traverser. Ensuite, nous allons rentrer en région forestière à partir de Beyla. A Beyla, nous n’allons pas sauter Senko. On reviendra à Beyla pour prendre Bola, Gbouéké pour entrer en N’zérékoré.

Après N’zérékoré, nous allons faire Lola. Et le jour où nous allons faire Yomou, nous commencerons par Djècké et on remontera vers Pella pour faire Yomou et revenir à N’zérékoré. La suite, nous quitterons N’zérékoré pour un arrêt à Koulé, à Zégbela. Nous n’allons pas sauter l’étape de Koyama. De Koyama, on va faire Fassankoni pour venir sortir à Sérédou et rentrer à Macenta. De Macenta, nous allons faire un petit arrêt à Balisia, à Bofossou, à Kondembadou et à Tékoudou avant d’être à Guékédou.

Et de Guékédou, si les 18 kilomètres qu’on attend depuis des dizaines d’années ne nous retardent pas, nous arriverons à Yendémilimou avant d’atteindre Kissidougou. De Kissidougou, on fera un arrêt à Sangardo, ensuite à Banian, toutes les communes rurales le long de la route jusqu’à Faranah. Et nous ferons l’étape de Faranah. De là, nous viendrons à Dabola.

Dabola, on passera par Bissikirima pour Dinguiraye et on reviendra sur notre chemin avant de regagner Mamou en s’arrêtant à Timbo et dans d’autres localités. Lorsque nous finirons avec Mamou, nous prendrons la route des montagnes. On fera l’étape de Dalaba, l’étape de Pita, l’étape de Labé, de Koubia, de Tougué, de Mali, de Lélouma.

Et à partir de Popodara, nous allons passer par Lafou et puis Thiaguèl Bori. Nous allons partir directement vers Koundara. Et de Koundara, nous rentrerons à partir de Kounsitel pour rejoindre Gaoual et de là pour Kounbia, Wédoubourou, pour être dans la cité de Boke. Nous n’allons pas sauter Kamsar ni Sangarédji, encore moins Kolabounyi, avant d’arriver à Boffa. De Boffa, nous nous arrêterons à Tanènè avant d’arriver à Fria.

Et après Fria, nous continuons vers Télimélé. Et c’est par Télimélé que nous allons rentrer à Kindia. Et après Kindia, nous ne rentrerons pas à Conakry avant de visiter Forékariyah, avec des arrêts à Maférenyah. Et puis après, nous viendrons à Coyah où nous traverserons un peu Manéyah, Sanoyah, et puis Kagbélen pour faire l’étape de Dubréka avant de conclure dans la grande région de Conakry, quelque part là où la campagne aura décidé pour conclure notre campagne.

Donc c’est un peu de cette façon que nous sommes en train de nous préparer à aller vers les Guinéens. Je connais la Guinée. On ne peut pas prétendre diriger un pays qu’on ne connaît pas. 90% des sous-préfectures de ce pays, je les ai visitées parfois en moto. Je connais les problèmes de ce pays. Et donc j’entends revenir, vers ces compatriotes-là pour leur dire le moment est venu, levons-nous pour voter et changer le cours de l’histoire de notre pays.

Pouvez-vous nous présenter les grandes lignes de votre projet de société ?

Nous allons nous attaquer d’abord aux questions de gouvernance parce que tant que la gouvernance en Guinée ne marchera pas, nous ne réussirons pas à construire la confiance des populations pour engager d’autres reformes. Nous entendons développer économiquement la Guinée à travers un partenariat public et privé.

La gouvernance dans notre pays est caractérisée par une fausse bureaucratie vorace qui ne produit rien. Regardez les gouvernements. Un gouvernement de plus de 20 ministres en Guinée, c’est un gâchis. Donc, nous mettrons un gouvernement restreint mais composé d’hommes et de femmes, intègres, compétents.

Nous n’aurons pas, par exemple, un ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, un ministère de l’enseignement préuniversitaire. Non. Il y aura un ministère de l’Éducation nationale. Pour nous, au BL, c’est inacceptable que nous ayons un ministère des sports dans ce pays alors que nos enfants jouent dans la rue. Ça fait 67 ans qu’on a un ministère des sports mais nos enfants, si vous ne prêtez pas attention quand vous conduisez, vous marchez sur un enfant.

Regardez la culture. C’est le meilleur ambassadeur de ce pays. Il y a beaucoup de gens à travers le monde qui ont connu la Guinée à travers les hommes de culture. Mais écoutez, ce pays-là n’a pas un seul palais de la culture. Pendant ce temps, c’est des milliards qui ont été engloutis pour la bureaucratie. Et cette bureaucratie, là où elle fait mal, c’est qu’elle ne peut pas donner des papiers aux citoyens du pays. Avoir même une carte d’identité en Guinée, c’est un parcours de combattant, surtout quand on dit que c’est gratuit, vous risquez de ne plus l’avoir.

Regardez un pays comme la Guinée, avec un secteur qui aurait pu être parmi les locomotives de l’économie guinéenne qui soutiendrait véritablement les finances publiques, le secteur de l’immobilier. Il n’y a pas plus de 10% en Guinée qui ont des terrains avec un titre foncier. Le fait de donner un titre foncier aux Guinéens, donnerait d’énormes avantages, boosterait l’économie. Parce que si aujourd’hui, un jeune qui sort de l’université, qui a des compétences, qui est ingénieur entrepreneurial, veut accéder à l’argent pour ouvrir une entreprise, la banque va lui demander des garanties. Mais puisque son père, même si son père a 10 maisons de terrain dans les quartiers où le terrain coûte des milliards, il n’a pas de titre foncier. Il n’a pas de garantie pour accéder à l’argent et développer son projet.

Voilà la raison pour laquelle nous ferons de cela une priorité, pour donner à chaque Guinéen qui achète légalement et régulièrement un terrain, le titre foncier qu’il va en utiliser. Tout ça, c’est une question de gouvernance. L’adressage physique pour améliorer la protection des Guinéens.

Aujourd’hui, on leur fait la promesse qu’on les protège. Mais comment on peut protéger quelqu’un qu’on ne peut pas localiser en temps réel ? À chaque fois qu’un incendie se déclenche quelque part, c’est des cadavres qu’on vient ramasser après, parce qu’on ne sait même pas où. Nous allons mettre fin à ça.

Nous allons faire en sorte qu’il y ait un adressage physique, que tout le bâti public et privé de ce pays soit répertorié, immatriculé, et les gens payeront un minimum de taxes. Regardez un peu dans le budget de l’État aujourd’hui. Nous avons à peine 200 milliards de francs guinéens de contribution foncière unique.

Même Kaloum seulement peut donner ça à la Guinée. Donc les questions de gouvernance sont des questions extrêmement importantes. Et il faut, pour cela, faire en sorte que la justice marche dans ce pays. Il faut faire en sorte que les droits et libertés des citoyens soient respectées. Tout ça constitue des questions de gouvernance.

Si nous réussissons à le faire, eh bien, il faut investir dans le capital humain. Les questions d’éducation, les questions de santé. J’ai déjà dit comment je vais complètement réorganiser le système éducatif avec un seul département qui va nous permettre d’économiser suffisamment d’argent.

Parce que l’argent de l’éducation, ça doit arriver en classe. Mais l’argent de l’éducation aujourd’hui n’arrive pas en classe, malheureusement. Ça reste dans les bureaux de Conakry. C’est pourquoi ceux qui sont dans les bureaux de Conakry, ils sont très réussis. Ils marchent dans les véhicules VA. Pendant ce temps, les classes sont poussiéreuses, il n’y a même pas de tables, etc. Nous allons mettre fin à cela. Parce que nous allons revoir complètement le système éducatif. Il faut un programme adéquat. Celui que nous avons aujourd’hui, il est obsolète.

Là, on va bien former les enseignants parce qu’ils seront bien payés. Il ne sera pas enseignant qui le veut. Aujourd’hui, quand quelqu’un a fait telle ou telle filière et se retrouve sur le marché de l’emploi, il n’a pas d’emploi, il dit ‘’je vais enseigner’’. Non, avec nous, ça ne sera pas le cas. Parce qu’il ne suffit pas d’être un bon mathématicien. Il ne suffit pas de savoir bien parler français. Il faut avoir aussi la pédagogie d’enseigner le français, la chimie, la physique, les mathématiques. Nous allons y veiller. Et nous allons donner de la subvention pour les écoles privées en Guinée.

Au Sénégal, à côté, 73% des dépenses des écoles privées, ça vient des subventions de l’État. Ce qui fait que pour devenir enseignant, même au privé au Sénégal, l’État veille à ce qu’il y ait de la qualité. Mais en Guinée, non. Pourtant, aujourd’hui, prenez Conakry. Trois enfants sur cinq n’iraient pas à l’école à Conakry s’il n’y avait pas les écoles privées. Nous allons y mettre fin.

Nous allons exiger la qualité. Et nous allons bien payer les enseignants. Ceux qui ne sont pas enseignants, qui ne voudront pas, ou qui voudront avoir un salaire similaire, on va leur donner une passerelle pour aller prendre une formation, pour devenir enseignant, et ils auront ce salaire-là. Pour la première fois, on cessera de considérer les enseignants ici comme les parents pauvres.

Les questions de santé seront également des questions importantes. Ce qui m’a toujours révolté dans ce pays, c’est que le pays-là, c’est comme si nous sommes dirigés par des colons. Quelqu’un fait 5 ans, 10 ans au pouvoir, quand il a le rhume, il va en France ou au Maroc pour se soigner.

Mais tous les Guinéens ne peuvent pas aller au Sénégal, au Maroc, ou alors en Tunisie, en France, pour se traiter. Comment pouvez-vous faire 10 ans, 15 ans de pouvoir à la tête de votre pays, et ne pas construire un hôpital qui peut, vous, vous sauver la vie ? Si vous n’avez même pas construit un hôpital pour vous sauver la vie, que deviennent les autres ? Donc, nous allons investir dans le domaine de la santé.

Et nous commencerons par des questions d’hygiène. Les questions de santé publique aujourd’hui, si nous réglons complètement la question d’hygiène, on va résoudre à 30% la question de la santé publique. Il suffit de passer dans nos marchés, où on va acheter des choses que nous retrouvons dans nos assiettes le soir, pour comprendre que le problème d’hygiène est un véritable problème dans ce pays-là. Les ordures, c’est de l’argent aujourd’hui. Nous allons organiser de telle sorte que nos déchets soient organisés, collectés, recyclés, pour nous donner même de l’énergie, du gaz, etc. Tout ça, c’est possible aujourd’hui. Il suffit d’avoir des gens qui ont de la vision.

Maintenant, nous allons nous attaquer aux problèmes environnementaux, avec l’exploitation anarchique de nos ressources. Mais aujourd’hui, l’environnement guinéen est saccadé. La mangrove a disparu, ce qui fait que la pluviométrie en Guinée n’est plus la même. Avant, on avait évalué jusqu’à 6000 mégawatts le potentiel hydroélectrique. Ce n’est plus vrai aujourd’hui. Lorsqu’un premier ministre dit au mois de juin que les barrages ne sont pas encore pleins, c’est pourquoi il n’y a pas de courant. On est obligé d’aller chercher un bateau pour venir le brancher au large de Conakry. Je dis que tout ça, c’est irresponsable. Nous allons y travailler pour mettre fin.

Maintenant, dans le domaine économique, comme je l’ai dit, si tout ça est mis en place véritablement, nous allons créer une certaine confiance. Et le secteur des mines, nous allons respecter les engagements que les gouvernements qui se succèdent, qui n’ont pas nécessairement lutté pour l’intérêt de la Guinée, nous n’allons pas dénoncer ces contrats-là. Mais nous développerons une politique complètement différente. Parce que pour nous, aussi longtemps que nous ne transformerons pas nos richesses ici sur place, nous ne nous en sortirons pas. L’Afrique ne peut pas continuer à être le continent pourvoyeur de matières premières. Ici, on nous dit que Simandou va nous donner du travail, mais allez à Beyla aujourd’hui.

Ceux qui ont du travail aujourd’hui, on sait quel salaire et quelles sont les manifestations qu’il y a là-bas. Il faut arrêter de mentir aux peuples des Guinées. C’est pourquoi nous allons cibler d’autres secteurs qui seront plutôt des secteurs prioritaires. Vous prenez l’agriculture, par exemple. On ne peut pas comprendre que la Guinée c’est au moins 13 millions d’hectares de terres arabes, de terres cultivables, et qu’on continue à importer 80% de ce que nous mangeons. L’agriculture sera une des priorités du gouvernement du bloc libéral qui sera installé. Moi-même, je suis dans l’agriculture. Aujourd’hui, je cultive à Koundara. Le gouvernement passe le temps à nous dire des choses ici qui ne sont pas vraies. La première fois que je suis allé à Koundara avec un tracteur pour demander aux gens de me donner des terres pour cultiver, on m’a donné 100 hectares et on a semé avec la promesse qu’il y aura des moissonneuses batteuses. Le riz est à maturité, il fallait chercher des paysans pour fausser. Plus de la récolte a été perdue. Nous n’allons pas abandonner, et nous n’allons pas continuer à nourrir la bureaucratie.

Le secteur agricole peut mettre au travail plus de 60% de la population guinéenne. Là où on a investi 1000 milliards gnf dans l’agriculture, on peut mettre au travail beaucoup de dizaines de milliers de personnes. Mais dans le domaine des mines, surtout quand il s’agit de prendre la terre pour l’envoyer ailleurs, même si vous avez investi les vingtaines de milliards qu’on nous vend, on a employé combien ? On a employé peut-être 50.000 personnes, mais ces 50.000 personnes, il y a 30.000 qui vont perdre leur emploi lorsque la construction des rails sera terminée, etc.

On aura besoin que de ceux qui savent conduire les véhicules, les camions, ceux qui savent manipuler les machines de pelle qui prennent la terre. Ça, c’est des politiques d’échec que nous allons arrêter. Nous avons une méthodologie pour les arrêter.

C’est la même chose que nous allons envisager pour la bauxite, les Guinéens sont capables d’investir. Il y en a beaucoup à l’extérieur et à l’intérieur qui ont beaucoup de capitaux. D’ailleurs, à cause de la mal gouvernance qu’il y a ici en Guinée, les capitaux appartenant aux Guinéens ne travaillent pas en Guinée. Ça travaille dans la sous-région parce que les gens sont obligés de sortir du pays pour se sentir en sécurité et sécuriser leurs biens. On va mettre fin à tout ça. On a un programme très ambitieux. Lorsque ça sera mis en œuvre, on verra une Guinée complètement différente que beaucoup de gens rêvent de voir.

A suivre !

Interview réalisée par Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 24 novembre 2025 08:09

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