Tombouctou : Les dessous de l’exécution du chef des bouchers de Tonka par le JNIM

TOMBOUCTOU – Le lundi 13 juillet 2026, la région de Tombouctou a de nouveau été le théâtre d’une exécution ciblée, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Dans le chef-lieu du cercle de Tonka, plusieurs habitants, dont la célèbre tiktokeuse Mariam Cissé, ont été sauvagement abattus en public. Parmi les victimes figure également Abdoulaye Mahalmoudou Tandina, alias « Badou Wayé », figure respectée de la filière bétail-viande. Retour sur les non-dits de l’assassinat de celui qu’on appelait le « boucher de Tonka ».

Pour la énième fois, la ville de Tonka pleure l’un de ses citoyens les plus connus, tombé sous les balles du terrorisme qui ravage le Mali depuis plus d’une décennie. Grand marchand de bétail et natif de Tombouctou, Abdoulaye Tandina exerçait la profession de boucher à Tonka, marchant ainsi dans les pas de ses parents.

« Ancien président des bouchers du cercle, le doyen Abdoulaye Tandina s’était installé ici en juin 1986. Il achetait, vendait et abattait des bœufs dans toute la zone. Il traitait avec tout le monde ; c’était un homme connu, respecté et en qui chacun avait confiance », s’est confié un habitant de Tonka, joint au téléphone par la rédaction d’Africaguinee.com.

Des accusations de receleur rejetées par ses proches

Selon notre interlocuteur, les terroristes lui vouaient une haine tenace sur la base de soupçons infondés. Ils l’accusaient à tort d’être le receleur d’un réseau d’auteurs de razzias et de vols de bétail opérant dans le Nord et le Centre du pays, notamment entre Tombouctou et Mopti.

« En juin 2025, il avait reçu un premier avertissement accompagné de menaces de mort. Convaincu de son innocence, il estimait qu’il ne s’agissait que d’allégations mensongères et de menaces sans fondement qu’il ne fallait pas prendre au sérieux », témoigne une source proche de ses confrères, contactée à Bamako.

La signature du JNIM

Dans une vidéo diffusée après le drame, des responsables locaux du JNIM ont officiellement revendiqué l’exécution sommaire d’Abdoulaye Tandina. Pour tenter de justifier leur crime, les djihadistes l’ont accusé de connivence avec les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs partenaires russes d’Africa Corps, au détriment des éleveurs locaux.

« Des accusations purement fantaisistes et dénuées de la moindre preuve irréfutable », rétorque un membre de la municipalité de Tonka.

Au-delà du choc provoqué par ces exécutions publiques, l’assassinat de Badou Wayé illustre une nouvelle fois la pression asphyxiante que font peser les groupes armés sur les acteurs économiques et les populations civiles dans le nord du Mali.

Dossier à suivre!

La Rédaction

Créé le 20 juillet 2026 11:20

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