Tension à Kankan : que comptent faire les autorités ?

KANKAN-A Kankan, une crise latente oppose les leaders religieux. Ce conflit a pris une nouvelle dimension lorsque les protagonistes ont foulé au sol les mises en garde du Secrétariat Général des Affaires Religieuses. Le dernier acte en date est l’organisation ce dimanche 9 juin 2024, par Cheick Souleymane Sidibé, d’un rassemblement préalablement interdit par le chef de département de culte en Guinée. Comment réagit le Secrétariat Général des Affaires Religieuses ? Pourquoi il y a eu un rassemblement malgré l’interdiction ? Que compte faire le département pour résoudre ce problème entre le collège des imams de Kankan et l’érudit El Hadj Souleymane Sidibé ? Nous avons interrogé le directeur de cabinet du Secrétariat Général des Affaires Religieuses.

AFRICAGUINEE.COM : A Kankan, malgré la demande de la levée de la suspension du président de l’Association ‘’Nourdine Islam’’, par votre département, l’Inspection régionale des affaires religieuses et le collège des imams n’ont pas suivi vos instructions. Comment réagissez-vous ?

DR ÉDOUARD SAGNO : A ces deux sujets, nous avons été informés de tout ce qui se passe. Une réaction épidermique par rapport à ce qui a été fait, ce n’est pas un acte qui a été pris pour situer les responsabilités des uns et des autres. C’est donc normal que l’Inspection régionale, d’ailleurs ce n’est même pas quelqu’un de l’Inspection régionale des affaires religieuses, et ce n’est même quelqu’un de mandaté qui l’a dit, c’est juste quelqu’un qui a voulu être devant les journalistes qui s’est prononcé sur le communiqué. Nous on ne prend pas compte de cela car n’importe qui peut le faire. Alors, que ce soit l’inspecteur régional ou son adjoint qui sorte pour dire qu’on n’est pas d’accord là on peut comprendre.

Sur le premier point, il ne s’agit pas d’un refus ou d’un rejet de l’acte qui a été posé par l’autorité centrale de Conakry. C’est vrai qu’il y a toujours des gens qui sont forcément mécontents parce que ces personnes estiment qu’elles sont insultées, c’est normal, leur mécontentement. Mais l’Inspection régionale n’a jamais été rejetée. Ça c’est sur le point relatif au communiqué que nous avons fait à l’endroit de l’Inspection régionale…

Vous dites que le monsieur qui a parlé du rejet du communiqué du secrétariat général des affaires religieuses ne l’a pas fait au nom de l’Inspection Régionale mais quand même il n’a pas été démenti par celle-ci. Comment le comprendre ?

Quand on parle d’Inspection Régionale, les répondants, c’est toujours l’inspecteur régional ou son adjoint.

Mais ces responsables n’ont pas dit le contraire de ce que le monsieur a dit en leur nom…

Je ne crois pas parce que nous on échange avec ces personnes. Et, elles ne peuvent pas subitement réagir comme ça. Nous sommes dans un domaine socio religieux, ce n’est pas comme dans d’autres secteurs…

Ce dimanche 9 juin également, Elhadj Souleymane Sidibé a organisé un rassemblement malgré son interdiction. Comment le département des affaires religieuses réagit-il à cette attitude ?

Maintenant pour la prière que Karamo Solo (l’autre nom d’El hadj Souleymane Sidibé) devait faire aujourd’hui 9 juin 2024, c’est quelque chose qui est prévu depuis une longue date. C’est donc la raison pour laquelle on a dû lever la suspension pour que cette prière soit maintenue uniquement à son domicile et non plus comme ça se passait avant. Donc il n’y a pas eu de rassemblement de foule mais il y a eu prière dans sa cour et pas en dehors et ça c’est nous qui l’avons autorisé parce que c’est quelque chose de prévu depuis longue date. Alors, avec les autorités de Kankan, nous en avons parlé toute la journée du samedi et c’est nous qui avons autorisé pour que ça puisse se tenir. Donc ça ne va pas à l’encontre du communiqué.

Selon certaines informations à notre niveau, si le secrétariat général des affaires religieuses est moins exigeant vis-à-vis d’Elhadj Karamo Solo, leader de Nourdine Islam, c’est parce qu’il serait proche du président de la transition Général Mamadi Doumbouya, qu’en dites-vous ?

C’est du conditionnel, restons dans le concret. Ce qui nous intéresse, c’est comment les deux parties vont s’entendre. Parce qu’une association, aussi forte soit-elle, reste soit la coupole de l’Inspection ou du démembrement de ce département. Nous sommes dans l’ordre du rationnel qui voudrait que, comme il y a une incompréhension entre notre démembrement et une association, comment faire en sorte que les choses se calment dans la mesure où l’association en question n’est pas saine comme vous le pensez.

Dans tous les cas, nous, on connaît le fond du problème, mais ce qui nous intéresse, c’est qu’il y ait la paix, la quiétude dans cette partie de la Guinée.

Qu’est-ce qui est envisagé par le département pour résoudre cette latente ?

Les deux parties ont été sensibilisées en attendant l’arrivée de la mission de médiation. La mission devrait arriver là-bas dans trois jours au maximum. En réalité, il faut toujours une partie supérieure pour venir en parler. Tant que c’est à leur niveau il y a toujours des oppositions.

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

 

Créé le 10 juin 2024 13:47

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