Suppression de l’examen d’entrée en 7ème : La position « nuancée » du ministre de l’Education Alpha Bacar Barry
CONAKRY – La question de la suppression de l’examen d’entrée en 7ème année continue d’alimenter les débats dans le système éducatif guinéen. En marge de l’atelier sur les examens nationaux, le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Alpha Bacar Barry, a livré une position nuancée sur le sujet. Selon lui, la Guinée n’est peut-être pas encore prête à franchir ce cap sans garanties solides sur le système d’évaluation.
« On m’a souvent interpellé sur l’annulation de l’examen de passage en septième année. J’ai posé la question à d’anciens ministres de l’Éducation et à plusieurs spécialistes du secteur. Ils m’ont expliqué que l’examen d’entrée en septième est le premier grand examen auquel l’enfant est confronté », a expliqué le ministre.
Selon lui, la suppression de cet examen pose la problématique de la fiabilité des évaluations intermédiaires effectuées dans les écoles. « Nous ne sommes pas sûrs que les évaluations intermédiaires soient correctement faites parce que nous n’avons pas suffisamment de données. Si on supprime ce premier examen, on se retrouvera avec tout le monde au collège », a-t-il indiqué.
Mais Alpha Bacar Barry affirme ne pas souhaiter un système orienté exclusivement vers le collège classique. « Moi, je veux avoir des élèves au collège classique, mais aussi au collège technique, parce que je suis un adepte de l’évaluation et de l’orientation précoces des élèves », a-t-il souligné.
Le ministre considère ainsi que la suppression de l’examen d’entrée en 7ème mérite une réflexion approfondie. « Est-ce qu’on est assez mûrs pour supprimer l’examen d’entrée en septième ? C’est un débat. Réfléchissons-y sérieusement », a-t-il lancé.
« On ne peut pas gouverner sans données »
Le patron du département de l’Éducation a également insisté sur la nécessité de disposer de statistiques fiables avant toute réforme majeure du système éducatif. Selon lui, un important travail d’identification des élèves est en cours au niveau de la direction des examens.
« Le premier travail sérieux engagé, c’est l’identification systématique des élèves. Il faut savoir qui est où et à quel niveau », a-t-il expliqué. Alpha Bacar Barry a révélé que les estimations du nombre réel d’élèves en Guinée ont considérablement évolué grâce à ce processus.
« La première fois que j’ai demandé combien d’élèves nous avions à l’école, on parlait de 900 000, un million ou 1,1 million. Aujourd’hui, nous sommes à plus de deux millions d’élèves. On ne savait pas réellement. On naviguait à vue », a-t-il déclaré.
Le ministre estime qu’il est désormais indispensable de renforcer les outils de collecte et d’analyse des données éducatives avant toute prise de décision. « On ne peut pas gouverner sans données », a martelé Alpha Bacar Barry, assurant que cette réforme sera poursuivie « jusqu’au bout ».
Il a enfin rappelé que le gouvernement, sous l’impulsion du président Mamadi Doumbouya, entend poursuivre la modernisation du système éducatif afin d’offrir aux apprenants « une éducation de qualité » fondée sur « le mérite, la justice et l’excellence ».
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 21 mai 2026 07:51Nous vous proposons aussi
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