Sud de la Guinée : cinq personnes condamnées pour pratique d’excision
N’ZÉRÉKORÉ-cinq personnes, dont trois vieilles dames et deux sages, ont écopé d’un mois de prison ferme et le paiement de deux millions de francs guinéens chacun. Toutes étaient poursuivies pratique de mutilations génitales féminines et complicité à Maota. Ce verdict a été prononcé ce jeudi,4 septembre 2025 par le Tribunal de Première Instance de Nzérékoré.
Après plusieurs jours d’audience, le président du tribunal, Mamadou Saliou Diakité, a déclaré les cinq personnes coupables de mutilations génitales féminines (MGF) et complicité.
« Je déclare Sény Zolé, Jeannette Théa, Gnèfou Théa, Gonocé Honomou et Jean-Pierre Kolié coupables de complicité des mutilations génitales féminines au préjudice de dame Jeannette Théa. En répression, le Tribunal condamne Sény Zolé, Jeannette Théa, Gnèpou Théa, Gonocé Honomou et Jean-Pierre Kolié à un mois d’emprisonnement et au paiement de 2 millions GNF d’amende chacun. Met les frais de dépense à la charge des condamnés, le tout en se fondant sur les articles 19, 25, 117, 258, 251 du code pénal, 714, 775 du code de l’enfant, 486, 535 et 548 du code de procédure pénale », a prononcé le magistrat.
Selon les faits rapportés par devant le tribunal, la victime, une jeune fille, a été enlevée par un groupe de femmes qui avaient installé un camp d’excision. Sa grand-mère maternelle, ne la voyant pas revenir, a alerté les autorités. Celles-ci ont découvert que la fille avait subi une excision et a dû être hospitalisée d’urgence à l’hôpital régional de Nzérékoré, où elle est toujours alitée.
Présent à l’audience, Mohammed Mariam Keïta, inspecteur régional de la promotion féminine de Nzérékoré, a salué le fait que la justice ait reconnu la culpabilité des mis en cause. Il a cependant exprimé des réserves sur la légèreté de la peine infligée :
« En fait, c’est une fille qui a été enlevée par un groupe de femmes après avoir créé un camp. Aujourd’hui, la fille est alitée à l’hôpital régional de N’zérékoré, à notre charge. Avec ce verdict, je pense bien que les auteurs, parce que maintenant leur culpabilité a été prouvée, vont procéder vraiment à la prise en charge de la fille. Mais si vous imaginez que, selon le médecin légiste, la victime a 30 jours d’incapacité de travail temporaire, et que les auteurs écopent de seulement 30 jours de prison ferme, j’avoue que le verdict ne nous réjouit pas. Comme c’est le droit qui a été dit, nous allons nous concerter pour voir s’il y a lieu de faire appel de cette décision. »
Pour les défenseurs des droits humains, cette décision pourrait relancer le débat sur la nécessité de durcir la répression contre les pratiques d’excision, toujours persistantes malgré leur interdiction par la loi guinéenne.
SAKOUVOGUI Paul Foromo
Pour africaguinee.com
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Créé le 6 septembre 2025 08:25









