Sud de la Guinée : 16 ressortissants burkinabè, dont plusieurs mineurs, interceptés à la frontière avec la Côte d’Ivoire
N’ZEREKORE-Seize ressortissants burkinabè, dont plusieurs mineurs et une femme, ont été interceptés à la frontière entre la Guinée et la Côte d’Ivoire alors qu’ils tentaient de regagner leur pays d’origine. Selon les informations recueillies, ces jeunes seraient partis de la localité de Boola, dans la préfecture de Beyla, où ils s’adonnaient à l’exploitation artisanale clandestine de l’or.

L’interception est intervenue dans la soirée du vendredi 6 novembre 2026, à la frontière ivoirienne. D’après les témoignages recueillis, plusieurs membres du groupe, notamment des mineurs et des personnes dépourvues de documents de voyage, n’ont pas été autorisés à poursuivre leur trajet par les autorités ivoiriennes. Ils ont ensuite été reconduits du côté guinéen.
Au nombre de 16, ces ressortissants burkinabè ont été placés à la disposition de la Direction régionale de la police de Nzérékoré. Informées de la situation, les autorités guinéennes ont pris des dispositions pour faciliter leur retour au Burkina Faso.
Selon Sawadogo Prospère, un ressortissant burkinabè qui accompagne le groupe, ces jeunes auraient quitté Boola après l’interdiction formelle de l’exploitation clandestine de l’or en Guinée. Il explique avoir accepté de les accompagner après avoir constaté qu’aucun d’entre eux ne maîtrisait la langue française.

« J’ai rencontré des frères burkinabè qui exploitaient l’or. Ils tentaient de sortir du pays. Comme personne parmi eux ne pouvait bien s’exprimer en français, j’ai pris contact avec leur grand frère qui m’a supplié de les guider pour qu’ils puissent rentrer au pays », a-t-il expliqué.
D’après son témoignage, les jeunes concernés travaillaient dans un village appelé Baladougou, situé dans la zone de Boola, à Beyla. Il précise toutefois ne pas connaître la durée de leur séjour dans cette localité.
Le groupe était composé de 16 personnes, auxquelles s’ajoutaient Sawadogo Prospère et son épouse venus pour un court séjour en Guinée, soit 18 personnes au total. Parmi les jeunes, plusieurs seraient âgés de 15 à 19 ans. Un autre ressortissant burkinabè, qui aurait rejoint le groupe en cours de route et viendrait de Siguiri, figurait également parmi eux.

Notre interlocuteur précise que lui-même et son épouse, venus pour un court séjour en Guinée disposaient de leurs documents de voyage et pouvaient poursuivre leur trajet vers la Côte d’Ivoire. Mais il dit avoir préféré rebrousser chemin pour ne pas abandonner les jeunes qui ne disposaient pas de papiers et risquaient de se retrouver sans accompagnement.
« Ceux qui n’avaient pas de papiers ont été refoulés. Nous, avec nos documents, ils nous ont dit que nous pouvions passer. Mais je ne pouvais pas laisser mes petits frères retourner seuls, sachant qu’ils n’avaient pas de guide. C’est ce qui m’a poussé à revenir avec eux », a-t-il confié.

Face à cette situation, Sawadogo Prospère lance un appel aux autorités burkinabè afin que ces jeunes puissent bénéficier d’un meilleur encadrement et retourner à l’école, plutôt que de s’exposer aux risques liés aux activités minières clandestines.
« Le message que je lance aux autorités burkinabè, c’est de faire en sorte que ces enfants puissent être éduqués, aller à l’école et cesser ces genres de travaux », a-t-il plaidé.

Les 16 ressortissants burkinabés ont été pris en charge par les autorités compétentes à Nzérékoré. Des dispositions ont été prises pour leur retour dans leur pays d’origine.
Paul Foromo SAKOUVOGUI
Correspondant Régional d’Africaguinee.com
En Guinée forestière.
Tél : (00224) 628 80 17 43
Créé le 7 novembre 2026 18:09Nous vous proposons aussi
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