Soutien au Syli, cas d’un guinéen arrêté pour terrorisme en Ouganda: Les confidences du diplomate Aboubacar Kourouma…

KAMPALA-En marge du Championnat d’Afrique des Nations, le consul de Guinée à Kampala, M. Aboubacar Kourouma, a accordé un entretien à un groupe de journalistes dont notre envoyé spécial. Ce fut l’occasion d’évoquer non seulement le soutien au Syli local, mais aussi les défis et les réalités des Guinéens en Ouganda, ainsi que les actions du consulat.

Nous sommes à Kampala, dans le cadre du Championnat d’Afrique des Nations, auquel la Guinée participe. Au début de la compétition, vous n’étiez pas encore là. Mais peut-on savoir, bien avant l’arrivée de l’équipe, comment vous vous étiez préparé avec la communauté pour accueillir la délégation nationale ?

ABOUBACAR KOUROUMA : Merci pour cette opportunité. D’abord, je veux souhaiter une bonne arrivée à Kampala à l’équipe et à toute la délégation de Guinée. Avant le début du CHAN, nous avions déjà mis en place une équipe composée de quelques membres de la communauté, chargés d’assurer l’accueil. Il y a eu quelques manquements, car nous n’avions pas eu l’information à temps pour qu’ils soient à l’aéroport. Moi-même, j’étais à Conakry à ce moment-là. Mais cela a été corrigé. La communauté dispose d’un bureau de 12 membres. Avec eux, nous avons constitué des groupes chargés respectivement des journalistes, de la délégation et de l’équipe nationale.

Le groupe qui était chargé de l’équipe, comment a-t-il travaillé avec elle ? Parce qu’à un moment donné, on avait l’impression que le public était un peu absent…

Alors, quand l’équipe est arrivée, il n’y avait pas de communication. D’abord entre moi, puis avec le bureau qui est sur place. Donc, pour le premier match, nous n’avons pas vraiment assisté. Mais quand je suis arrivé, le 5, nous avons organisé les choses. Nous nous attendions à ce que l’État mette des bus à disposition pour nos supporters sur place. Finalement, voyant que cela prendrait du temps, nous avons pris l’initiative nous-mêmes. Nous avons toujours loué des bus de 40 à 50 places, bien remplis. Nous avons aussi reçu des tickets de la part des techniciens présents sur place : ils nous ont donné 80 billets. Ces 80 billets ont été distribués, et les bénéficiaires accompagnaient toujours les supporters venus de Conakry. Ils peuvent en témoigner.

Comment avez-vous trouvé les trois rencontres de l’équipe ?

Nous avons pu assister aux deux dernières rencontres. Dès mon arrivée, je suis allé rencontrer l’équipe à l’hôtel avec les dirigeants. Je leur ai prodigué quelques conseils. Surtout, je leur ai dit de ne pas trop se soucier du public, même si le soutien est important ici. Mais sur le terrain, il y a 22 joueurs : 11 contre 11. Donc, il faut tenir compte de ça et tout donner. Au départ, j’ai trouvé le jeu un peu lent. Mais finalement, lors du deuxième match contre l’Afrique du Sud, ils ont montré de belles choses. Malheureusement, nous n’avons pas eu les résultats escomptés. Nous continuons à encourager l’équipe, car c’est ça le football : on peut gagner comme on peut perdre.

Le dernier match du Syli sera face à l’Algérie, le 15 août. Un mot à dire ?

Ce sont toujours nos enfants, les joueurs de l’équipe. Il ne faut pas perdre le courage. Le football, c’est avant tout du courage : se battre et se donner à fond. Quand on se donne à fond, je crois que ça peut aller. Il n’y a pas de mystère là-dedans. Donc, nous allons continuer à encourager les footballeurs, et ça ira.

À présent, parlons de votre rôle de diplomate. D’abord, quels sont les pays concernés par votre juridiction diplomatique ?

D’abord, Kampala relève de la juridiction d’Addis-Abeba, où se trouve l’ambassadeur, Son Excellence Noumoukè Kaba. Il devait venir, mais a eu quelques empêchements. Il est toujours attendu. En attendant, c’est moi qui le représente ici.

Quels sont précisément les pays qui relèvent de cette juridiction ?

Il y a d’abord l’Éthiopie, où se trouve le chef de la mission diplomatique. Ensuite, l’Ouganda, que j’ai déjà cité, le Kenya, la Somalie, Djibouti et la Tanzanie. Tous relèvent de cette juridiction.

En résidant à Kampala, quelles impressions avez-vous de la communauté guinéenne ici ?

La communauté guinéenne à Kampala se compose de plusieurs générations. La première génération, en grande partie, a disparu : certains sont décédés, d’autres sont rentrés au pays. La deuxième et la troisième générations sont issues de familles qui avaient résidé au Congo ou au Kenya.

Aujourd’hui, beaucoup ont leurs activités ici, mais une grande partie de leurs affaires est basée au Soudan du Sud, au Soudan, au Congo et en RDC. Leurs activités sont surtout dans le secteur informel. On compte aussi quelques cadres travaillant dans de grandes institutions comme Total ou la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo).

À votre arrivée à Kampala, quelle a été votre priorité dans le domaine diplomatique ?

Je tiens à préciser que nous sommes des consuls honoraires. Notre rôle est de protéger et d’assister tous les Guinéens résidant à Kampala, ainsi que ceux en transit, comme vous qui êtes ici aujourd’hui. Vous êtes venus, et vous êtes sous la tutelle du consulat honoraire de Kampala, en Ouganda. C’est donc notre devoir de vous accompagner.

Combien de Guinéens vivent ici ?

D’après notre dernier recensement, ils sont entre 150 et 200.

Est-ce qu’il y a des compatriotes qui sont en conflit avec la loi ici ?

Non, cela ne nous est jamais arrivé. Depuis que je suis ici — cela fait 13 ans — nous n’avons jamais eu de cas de ce genre. Chaque année, nous faisons un rapport que nous déposons au ministère des Affaires étrangères.

En tant que consul, quel rôle jouez-vous auprès de nos compatriotes résidant ou vivant en Ouganda ?

Je suis l’intermédiaire entre les résidents guinéens en Ouganda et l’ambassade, mais aussi entre le ministère des Affaires étrangères et les autorités ougandaises. Tout ce qui arrive, je suis le premier à intervenir. C’est ainsi que nous travaillons.

Vous recevez toutes sortes de Guinéens, qu’ils soient de passage ou résidents permanents. Il y a aussi certainement des migrants en transit. Comment gérez-vous ces flux migratoires ?

Des cas spécifiques comme cela sont rares. Mais je peux citer celui d’un homme venu de Lélouma, en Guinée, qui a parcouru tout le trajet à vélo jusqu’en Ouganda. Il a été arrêté à la frontière rwandaise et ougandaise. Les autorités m’ont interpellé, car il était accusé de terrorisme. Il a passé environ un mois en prison. Grâce à mon intervention, il a été libéré et il est présentement ici. Sinon, la plupart des personnes que nous recevons viennent pour des raisons précises : sommets, missions, ou activités dans de grandes institutions présentes sur place.

Quel message adressez-vous à ces personnes ?

À tous ceux qui passent par ici : s’ils nous entendent, qu’ils nous informent de leur présence. Le consulat est référencé même sur Google et nous avons des adresses partout. Dès qu’ils savent que le consulat se trouve à Kampala, ils peuvent nous informer de leur programme et de leurs déplacements. Nous serons toujours à leur disposition.

Votre dernier mot de la fin ?

 

Je tiens à remercier la délégation guinéenne présente sur place. Ce n’est pas un petit groupe de cinq personnes, mais une véritable représentation. Je remercie le Général Mamadi Doumbouya pour avoir permis aux Guinéens de se rendre à Kampala afin de soutenir l’équipe. Nous en sommes très satisfaits.

Je souhaite encore la bienvenue à toute la délégation. Ici, ils sont chez eux. Nous sommes là pour eux. J’ai personnellement fait le tour de tous les hôtels où résident les délégations venues de Guinée pour me présenter et leur dire que je suis à leur disposition pour tout problème.

Propos recueillis par Siddy Koundara Diallo 

Depuis Kampala

Pour Africaguinee.com 

 

Créé le 13 août 2025 19:28

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