Sommet de l’UA : coups d’État, conflits armés, Sahel, dépendance extérieure… les vérités de Mahmoud Ali Youssouf

ADDIS-ABEBA – Le coup d’envoi du 39ᵉ Sommet de l’Union africaine (UA) a été marqué par un discours de « vérité », ce samedi 14 février 2026. Face à la résurgence des coups d’État, au tarissement des aides extérieures et aux drames humanitaires, du Sahel à la Palestine, le président de la Commission de l’UA a appelé le continent à un « impératif de survie ».

Dans un monde en pleine polarisation, le chef de l’exécutif de l’UA place désormais l’autonomie financière et l’intégration politique au cœur d’une course contre la montre à l’horizon 2063. Loin des simples formules diplomatiques, Mahmoud Ali Youssouf appelle à l’action, présentant l’intégration du continent comme une question d’existence pure et simple.
« L’Agenda 2063 n’est pas un vœu pieux, mais un impératif de survie. Face à la polarisation mondiale, l’Afrique doit se renforcer… », a-t-il déclaré.

Le retour des « jours sombres »

Le constat sécuritaire est sans concession. Le diplomate a pointé du doigt la régression démocratique et la persistance des conflits armés :
« La fragilité politique et institutionnelle de plusieurs de nos pays est une source de préoccupation. Les conflits, qu’ils soient ouverts ou latents, deviennent chroniques. Les changements anticonstitutionnels de gouvernement resurgissent, nous rappelant les jours sombres qui ont suivi les indépendances », a-t-il martelé, soulignant que l’objectif de « Faire taire les armes » demeure un défi majeur.

Face au tarissement des aides internationales, Mahmoud Ali Youssouf a insisté sur la nécessité d’une rupture avec la dépendance extérieure. 

« La mobilisation des ressources domestiques n’est plus une option. Elle est essentielle, compte tenu du tarissement des financements extérieurs. Nos jeunes sont impatients. »

Les réformes de l’institution doivent se poursuivre, a-t-il plaidé, ajoutant qu’il est crucial d’accélérer l’industrialisation du continent et la transformation de l’agriculture. « Cela ne sera possible qu’en développant le potentiel énergétique de l’Afrique et en dotant le continent d’infrastructures performantes. Ce sont les conditions sine qua non de la croissance économique attendue », a indiqué le diplomate djiboutien.

Le président de la Commission a également lié le destin de l’Afrique aux tragédies internationales, invoquant la « conscience » des dirigeants :

« Du Soudan au Sahel, en passant par l’est de la RDC, nos peuples continuent de payer le prix fort. La Palestine et la souffrance de son peuple interpellent également nos consciences : l’extermination de ce peuple doit cesser. »

Le Sommet, placé sous le thème de l’eau et de l’assainissement, se poursuit à huis clos afin de définir les mécanismes de mise en œuvre du plan quinquennal 2024-2028.

Boubacar Diallo
Envoyé spécial d’Africaguinee.com
À Addis-Abeba

Créé le 14 février 2026 12:01

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