Simandou : plongée au cœur des opérations minières de Rio Tinto Simfer
BEYLA-Comment le minerai de fer de Simandou est-il extrait, traité et acheminé vers le port de Morebaya ? Des journalistes de plusieurs médias guinéens dont un de Africaguinee.com, ont découvert les différentes étapes de cette chaîne de production, à l’occasion d’une immersion de deux jours organisée les 28 et 29 octobre par Rio Tinto Simfer, détenteur des blocs 3 et 4 du gigantesque projet minier.

Au cœur de la chaîne de montagnes de Simandou, dans le sud-est de la Guinée, les professionnels des médias ont pu visiter plusieurs installations stratégiques du projet et échanger avec les responsables techniques chargés de sa mise en œuvre. De la recherche géologique à l’extraction du minerai, en passant par le concassage, le traitement et le chargement des wagons, cette visite a permis de mieux comprendre le fonctionnement des différentes composantes de l’exploitation.
Première étape de cette immersion : la découverte des caractéristiques géologiques de Simandou, considéré comme l’un des plus importants gisements de minerai de fer au monde, actuellement en cours de valorisation.

Un gisement exceptionnel, fruit de millions d’années de processus naturels
Face aux journalistes, Zézé Kalivogui, surintendant de la géologie minière, a présenté les particularités géologiques qui confèrent au gisement de Simandou son caractère exceptionnel.
« C’est un gisement de classe mondiale. Et le processus qui a contribué à la mise en place de ce gisement exceptionnel est un processus naturel d’enrichissement super gène », a-t-il expliqué.
Selon ce spécialiste, le phénomène résulte de millions d’années d’altération météorique et de circulation des eaux souterraines. Ces processus naturels ont favorisé le lessivage des formations ferrifères et l’élimination de certaines impuretés, notamment la silice et l’aluminium.

Revenant sur l’historique des recherches géologiques, Zézé Kalivogui a rappelé que Rio Tinto a acquis le permis en 1997. Depuis, d’importants travaux d’exploration ont été menés sur l’ensemble de la chaîne montagneuse, qui s’étend sur environ 100 kilomètres.
Ces recherches ont notamment porté sur la cartographie détaillée, les levés géophysiques et les campagnes de forage.
« À date, on peut estimer la totalité des forages réalisés à plus de 400 kilomètres », a-t-il indiqué, comparant ce cumul à la distance séparant l’Est et l’Ouest de la Guinée.
Les opérations de forage s’accompagnent également d’un important travail d’échantillonnage et d’analyse. Tous les deux mètres, des échantillons sont prélevés pour permettre aux spécialistes d’étudier avec précision la composition du minerai.
Sabaty : un centre de formation qui mise sur les compétences locales

Au-delà des opérations minières, l’immersion a également conduit les journalistes au centre de formation de Sabaty, une infrastructure dédiée au développement des compétences nécessaires aux différentes activités du projet.
Sur place, Mamadi Condé, surintendant formation à Simfer, également intérim du manager formation, a présenté les différents dispositifs mis en place pour préparer les travailleurs aux exigences opérationnelles du secteur minier.
Selon lui, le centre accueille chaque semaine entre 500 et 700 apprenants, issus notamment des communautés impactées et admis à travers différents concours.

L’infrastructure dispose de plusieurs espaces consacrés à l’apprentissage théorique et pratique. Parmi ses équipements figurent six cabines de simulation permettant aux apprenants de se familiariser avec la conduite de différents engins : deux simulateurs de chargeuses, deux de camions, un excavateur et un élévateur Toyota. Une cabine destinée à la simulation de conduite de bulldozer est également en cours de conception.
Le centre comprend par ailleurs un espace de démonstration des risques professionnels. Il permet aux travailleurs d’être confrontés à différentes situations dangereuses dans un environnement contrôlé, avant leur intervention sur le terrain. L’objectif est de les familiariser avec les mesures de prévention et les dispositifs de sécurité à respecter.
Des modules spécifiques sont également consacrés aux travaux en hauteur, aux interventions dans les espaces confinés et au montage d’échafaudages.

À cela s’ajoutent des formations professionnelles dans plusieurs domaines techniques, notamment l’électricité industrielle, la mécanique diesel des engins lourds, la maintenance des équipements fixes et la soudure.
Concassage et convoyage : dans les coulisses du traitement du minerai
Autre temps fort de cette visite : la découverte des installations de concassage et de traitement du minerai de fer après son extraction.

Mohamed Fodé Condé, superviseur concassage, a expliqué aux journalistes le fonctionnement des différents équipements utilisés pour réduire progressivement la dimension des blocs de minerai.
Le processus débute notamment au niveau du concasseur primaire, appelé « sizer ». Cette installation joue un rôle essentiel dans la première réduction granulométrique du minerai.
À la sortie de cette unité, le minerai est transporté par un convoyeur industriel, un système de tapis roulant permettant son acheminement vers les installations suivantes.

Il passe par une deuxième zone de traitement équipée de concasseurs secondaires. Ces équipements permettent de réduire davantage la taille des blocs, pour atteindre une granulométrie de 125 millimètres.
Le traitement se poursuit à travers les concasseurs secondaires 1 et 2, avant l’acheminement du minerai par un autre convoyeur industriel de plus de deux kilomètres vers une tour de transfert, communément appelée « Transfer Tower ».
Ces différentes opérations permettent de préparer le minerai en fonction des spécifications granulométriques attendues pour les étapes suivantes de la chaîne de production.
100 wagons de 80 tonnes : le dispositif de chargement vers Morebaya
La dernière étape de l’immersion a permis aux journalistes de découvrir les installations dédiées à la préparation et au chargement du minerai dans les trains qui doivent assurer son acheminement vers les infrastructures portuaires de Moribaya, dans la préfecture de Forécariah.
Sur ce volet, Georges Guilavogui, ingénieur des mines fort de 18 années d’expérience dans l’industrie minière et directeur adjoint du projet au sein de GPC, une entreprise de droit guinéen, a détaillé le mécanisme mis en place pour alimenter les convois ferroviaires.

Admis au projet en février 2025, il explique avoir été recruté pour coordonner les activités de GPC en vue du premier chargement des trains et accompagner Simfer dans les premières opérations d’exploitation de la mine.
Selon lui, le dispositif repose notamment sur deux plateformes stratégiques : l’IOS, une zone de stockage, et le TLO, où sont réalisées les opérations de préparation et de chargement des wagons.
Au niveau de l’IOS, des équipements appelés scalpeurs permettent de trier le minerai afin de récupérer les particules fines correspondant aux spécifications recherchées.
En complément, une partie du minerai extrait de la mine et stocké sur cette plateforme est acheminée vers des concasseurs mobiles pour être réduite à la granulométrie souhaitée. Les produits obtenus sont stockés avant leur transfert vers les aires de chargement.

Au total, six aires sont aménagées pour ces opérations. Deux catégories de minerai sont actuellement disponibles, selon les spécifications demandées par le client : un premier produit de 125 millimètres et un second de moins de 40 millimètres.
« Actuellement, nous chargeons les deux types de produits en fonction du besoin du client », a précisé Georges Guilavogui.
Concernant le transport ferroviaire, il a indiqué que les trains utilisés sont composés de 100 wagons, d’une capacité de chargement de 80 tonnes, chacun.

Une immersion au cœur de la chaîne de production de Simandou
Au terme de ces deux journées sur le terrain, les journalistes guinéens ont pu suivre, étape après étape, le processus qui permet de transformer le minerai brut en produits préparés pour leur transport ferroviaire.

Cette immersion, initiée par Rio Tinto Simfer a permis aux professionnels des médias de découvrir les réalités techniques et opérationnelles du projet, mais aussi de mieux appréhender les différents métiers mobilisés autour de son exploitation.
De la caractérisation géologique du gisement à la formation des travailleurs, en passant par les opérations de concassage, de convoyage et de chargement des trains, les différentes présentations ont mis en lumière la complexité de la chaîne de production de Simandou.
Un parcours qui conduit le minerai extrait au cœur des montagnes du sud-est guinéen vers les installations portuaires de Moribaya, point stratégique du dispositif d’évacuation de la production minière.
De Retour de Beyla, Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 30 octobre 2026 11:48









