Sily, Mondial 2026, Feguibasket, homologation des stades : Les annonces fortes du ministre des Sports, Kéamou Bogola Haba… « interview »

CONAKRY- A moins de trois semaines du Championnat du monde FIBA U17 à Istanbul en Turquie auquel la Guinée est qualifiée, le ministre de la Jeunesse et des Sports a décidé de retirer la délégation de pouvoir accordée à la Fédération Guinéenne de Basket-ball. Cette décision prise par le ministre Kéamou Bogola Haba est diversement interprétée par les acteurs du monde de sport guinéen. Pourquoi une telle démarche ? Quelles conséquences pour le basket guinéen ? Où en est-on est dans le processus d’homologation des stades ? Qu’en est-il du Sily National engagé sur plusieurs fronts ? Sur ces questions ainsi que d’autres, Africaguinee.com a interrogé l’actuel dirigeant du département des Sports. Entretien exclusif !!! (Première partie)

AFRICAGUINEE.COM : La Guinée s’est imposée face à l’Algérie le 06 juin dernier au compte de la troisième journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Comment avez-vous accueilli cette victoire ?

KEAMOU BOGOLA HABA : C’est avec beaucoup de satisfaction que nous avons accueilli cette victoire qui est le résultat d’un travail d’équipe. Nous avons réussi à mettre ensemble tous les acteurs du football. Nous pensons que c’est la clef de cette réussite. Lorsque nous sommes venus, on était en transition, donc il fallait colmater pour mettre tous les acteurs du football ensemble. Ils étaient mobilisés autour de notre équipe. Nous avons œuvré aussi pour que les moyens soient mis à la disposition de l’équipe. Les joueurs ont pu effectuer un stage de dix jours ensemble, ce qui est rare. Nous sommes heureux que cette union retrouvée nous permette d’avoir ce résultat. Il y a eu énormément d’efforts, ça veut dire que quand on se ensemble, on peut accomplir de grandes choses.

Morlaye Sylla et Aguibou Camara, les deux buteurs du soir
Morlaye Sylla et Aguibou Camara, célébrant la victoire de la Guinée face à l’Algérie

L’autre élément qu’il faut souligner, ce qu’on ne peut vouloir aller à la Coupe du Monde sans battre les grandes équipes. La Coupe est une compétition de très haut niveau. Si nous voulons être sur le chemin d’aller à la Coupe du monde, nous devons être capables de battre toutes ls grandes équipes que nous rencontrons.

La première leçon à tirer, c’est cette union qui nous permet d’obtenir un résultat. La deuxième, nous sommes résolument engagés pour qualifier l’équipe. Nos jeunes sont prêts, engagés…il y a l’automatisme qui renaît. Nous avons un effectif diversifié avec des plans B. Et nous aurons la confirmation de tout cela avec le Mozambique avant d’aller aux Jeux Olympiques. Ce rendez-vous sera aussi extrêmement important. Ensuite, il y a la CAN 2025.

Donc, c’est toute une stratégie qui sera déployée jusqu’en 2026. L’objectif est d’être qualifié au mondial 2026 aux Etats-Unis. Chacun est engagé dans cette campagne, nous demandons au peuple de nous supporter.

Pendant ce temps les fans sont nostalgiques de leur équipe sur les pelouses guinéennes. Qu’est-ce qui est en train d’être fait pour ramener les matchs du Sily en Guinée ?

Aujourd’hui même, nous allons nous rendre au stade général Lansana Conté de Nongo pour procéder au lancement de la pelouse. Je vous y invite pour découvrir ce qui est en train d’être fait. C’est pour vous dire que depuis que nous avons pris fonction, nous mettons tout en œuvre… car les chantiers étaient plus ou moins, je ne dis pas à l’arrêt, mais nous avons repris les choses en main, nous avons mis les entreprises en situation d’accélération, toutes les dispositions sont en train d’être prises pour faire avancer les travaux. Le dernier qui n’avait pas encore commencé pour des questions de fonds d’avant démarrage a été satisfait, il doit commencer la pelouse ce samedi 8 juin, il a un délai de trois mois pour le faire.

Stade Général Lansana Conté de Conakry
Stade Général Lansana Conté de Nongo Conakry

Du côté du stade du 28 septembre aussi les travaux évoluent, nous pensons qu’avant la fin des vacances l’un des stades sera prêt. L’autre côté, nous avons mis tout en œuvre pour que l’ensemble des acteurs, que ça soit la fédération guinéenne de football, l’ACGP (Administration de Contrôle des grands projets), le ministère, la CAF ou la FIFA, que tout le monde soit impliqué avec les entreprises pour que les choses se passent conformément aux normes demandées. C’est ce que nous sommes en train de faire, je peux vous rassurer, si tout va bien, avec la collaboration de tous, nous pourrons disputer nos matchs à domicile, d’ici le 4ème trimestre de l’année, si tout va bien et que Dieu le veuille bien.

Le vendredi 7 juin 2024, vous avez pris un arrêté annonçant le retrait de la délégation de pouvoir accordée à la Fédération Guinéenne de Basket-ball. Pourquoi ?

Cette décision que nous avons prise en tant que gouvernement, c’est dans l’intérêt des athlètes, des joueurs qui veulent pratiquer ce sport. Nous ne souhaitons pas qu’une question de gouvernance puisse empêcher le développement des athlètes, et ce qui s’est passé depuis des années où les têtes sont contestées par les uns et les autres. Aujourd’hui, personne ne sait quel est le texte qui s’applique à la fédération guinéenne de basketball. Les mandats sont finis, mais les uns et les autres veulent continuer alors que dans les statuts le nombre de mandat est limité, il y a tout cela à prendre en compte.

De l’autre côté, mon prédécesseur avait mis en place, la fin du mandat de l’équipe qui est là, une commission transitoire pour pouvoir régler le problème, mais certains acteurs n’ont pas collaboré. La Fédération internationale du Basket en Afrique a fait tout son effort depuis des années pour résoudre le problème mais impossible de collaborer avec l’équipe qui était là. C’était une impasse totale et donc il y a une vacance réelle, il n’y a pas de jeu, la Guinée était menacée de suspension pour 5 ans si on n’avait pas de représentation légale de Basket et si nous ne participons pas à la coupe du monde à laquelle nous sommes qualifiés.

En tant que représentant de l’Afrique, il était donc important que nous prenions la décision de retirer la délégation du pouvoir parce qu’il faut reconnaitre que c’est l’Etat même qui donne une partie de son pouvoir, il délègue aux fédérations pour pouvoir appliquer les règles. Ceci permet à tout le monde d’être aux mêmes pieds d’égalité et pour obliger les acteurs à se parler, se retrouver sous la coordination nationale de la direction des sports, du comité national olympique et de la FIBA, qu’on puisse trouver des personnes consensuelles mais aussi un bureau pour un nouveau départ pour le basket guinéen.

L'équipe nationale de Guinée
L’équipe guinéenne de Basketball, archive

Nous avons de grandes ambitions pour le basket tout comme les autres disciplines sportives. Il faut développer le sport dans les écoles, investir dans les infrastructures, nous prenons des dispositions pour faire de telle sorte que les jeunes puissent jouer dans les écoles, qu’on puisse avoir des compétitions au niveau national pour pouvoir se positionner au niveau international mais aussi avoir de grands basketteurs parce que c’est aussi des sources pour les jeunes et tous ceux qui interviennent dans le secteur. Il faut donc faire renaitre le secteur. Il est extrêmement difficile d’accepter qu’un problème de gouvernance puisse empêcher le développement de nos disciplines sportives. Alors, nous ne n’avons fait que constater un vide qui était déjà là.

Certains observateurs craignent que cette décision remette en cause la participation de la Guinée à la Coupe du Monde U17 FIBA prévue du 29 juin au 07 juillet 2024, en Turquie. Qu’en est-il ?

C’est plutôt le contraire. Si on ne prenait pas cette décision, c’est cette situation qui allait conduire à la sanction contre la Guinée parce que ceux qui envoyaient des courriers à la Fédération internationale de Basket ne sont pas légaux. C’est cette situation qui allait nous empêcher parce qu’ils n’ont pas le mandat de représenter les autres.

Nous avons donc pris cette décision en bonne intelligence avec la Fédération internationale de Basketball, FIBA Afrique. Nous avons travaillé ensemble, et maintenant que nous l’avons fait, nous prenons des dispositions idoines pour pouvoir régulariser la participation guinéenne. Ce qu’il faut savoir, la participation, c’est d’abord l’Etat qui est le premier bailleur de fonds, il est le premier investisseur et le premier sponsor de toutes les équipes. Il était donc important que l’Etat intervienne et cela nous permet de prendre les choses en main pour redresser cela. Ceci permettra aussi d’avoir une équipe neutre et technique qui accompagne évidemment les urgences et bien d’autre. Ceux qui veulent gérer le basket, ils vont rester ici et se concentrer sur la question des élections et au lieu de passer à une équipe contre une autre, chacun reste ici au lieu que ça soit un camp qui accompagne contre l’autre.

En attendant, qu’est-ce qui a été mis en place pour gérer les affaires courantes au niveau des instances du basketball guinéen ?

On a mis en place une commission technique. Celle-ci a déjà commencé à travailler avec la Fédération internationale de Basketball Association Africa. C’est la direction nationale des sports qui travaille en harmonie avec le comité national olympique mais aussi avec l’ensemble des entraineurs et des joueurs. L’équipe technique n’a aucun problème. Les entraineurs qui se sont battus, ceux qui encadrent les enfants, ils n’ont aucun problème, c’est juste qu’il y avait un problème de gouvernance. Donc les acteurs réels ne sont pas concernés par cette question de gouvernance, managériale et autre. L’entraineur, nous n’avons aucun problème avec lui, nous allons continuer, d’ailleurs ce sont (l’entraineur et les joueurs) eux qui étaient dans des difficultés parce qu’ils ne savaient plus vers quel saint se vouer. C’est ce qu’on a corrigé parce qu’ils ne savaient plus vers qui se référer.

Cette commission technique que vous avez mise en place est-elle aussi celle qui est chargée de gérer la transition au niveau de la fédération de basket-ball ?

Ah non. Nous avons mis cette commission technique c’est pour accompagner l’équipe, la préparer, bref faire en sorte que la participation à la Guinée aux compétitions soit effective.

Par rapport à l’organisation du basket ici, la tâche revient à la direction nationale du sport, au comité national olympique à la FIBA. C’est à eux de faire ce travail. Nous en tant qu’autorité nous mettrons les moyens à leur disposition. Donc c’est bien l’Etat, le ministère, la FIBA Afrique, le comité national olympique. Ces trois vont travailler ensemble pour que nous ayons un statut, pour la fédération guinéenne de basket qui est consensuel, accepté et qui va aboutir à l’élection d’un nouveau bureau qui va gérer le basket guinéen pour le futur.

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo & Boubacar 1 Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 8 juin 2024 16:10

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