Silikhou : Immersion dans la tanière d’Elhadj Boubacar Sylla, 112 ans…
TÉLIMELÉ- El Hadj Boubacar Sylla est établi à Silikhou, dans la sous-préfecture de Kollet, préfecture de Télémélé. Du haut de ses 112 ans, ce centenaire tient toujours bon. Il ne se plaint de rien sur le plan de la santé. Il marche convenablement sans canne, s’acquitte de ses cinq prières quotidiennes, visite régulièrement sa grande plantation située loin de son domicile. Bref, il continue sans entrave aucune ses activités de paysan.

Dans la tanière d’un paysan
Lors de notre immersion dans le district de Silikhou, Elhadj Boubacar Sylla nous a reçus d’abord dans son domicile, à Missira, localité dont il est fondateur et où se trouve sa famille (enfants, épouse et petits-enfants…). De Missira, nous nous sommes rendus dans sa plantation de plusieurs hectares. Du fait de son âge avancé, il ignore l’étendue. Dans cette plantation, l’on trouve presque toute sorte de fruits, de légumes et divers autres aliments. Le supercentenaire dit l’avoir créé durant la période coloniale mais ne se souvient pas de la date avec exactitude.
Elhadj Boubacar Sylla est un amoureux de la terre. Il tient toujours à sa plantation qui a vu naître tous ses enfants. L’endroit est devenu pour lui une zone de prédilection pour se reposer quelques fois, loin de tout bruit. Il nous a fait voyager dans cette vaste plantation, histoire de découvrir ses immenses réalisations malgré ses maigres moyens.
Une période de jeunesse épanouie
“Quand j’étais jeune, je ne fumais pas, je ne prenais ni de l’alcool ni de la drogue…”, révèle le supercentenaire. S’il a un “secret” de longévité à nous léguer, c’est justement quelques attitudes à ignorer quand on est jeune, afin de préparer sa vieillesse, a-t-il fait croire.

“Je marche convenablement jusqu’à nos jours sans soucis. Je ne souffre d’aucune des pathologies récurrentes telles que le diabète, hypertension etc. Je tombe malade certes, mais rarement. Pour me soigner, je fais recours aux plantes médicinales et parfois aux produits pharmaceutiques. Seuls des maux de reins me fatiguent ces derniers temps, sinon je ne souffre aucunement de rien”, rassure Elhadj Boubacar Sylla.
La préoccupation majeure de ce sage, c’est comment avoir des financements pour investir dans sa plantation qu’il compte encore agrandir et mettre les produits à la disposition de l’Etat et offrir certains aux personnes démunies. Outre cela, il rêve d’avoir une voiture pour ses déplacements.
“Dites au président de la République de m’acheter une voiture et de m’aider à faire prospérer ma plantation…”, formule Elhadj Boubacar, puis éclate de rire.
Ses utiles conseils aux jeunes

“Les jeunes doivent se ressaisir. Ils doivent éviter des comportements qui peuvent provoquer des sales maladies d’origine inconnue chez eux. Ils doivent aussi éviter de consommer des stupéfiants de toute sorte…”, conseille-t-il.
Elhadj Boubacar Sylla a épousé quatre femmes. Trois sont décédées. Il est père également de 31 enfants dont 26 sont vivants, et de nombreux petits-fils.
“Dans ma vie, j’ai vécu des moments très difficiles. J’ai fait face à des ennemis qui me suivaient même chez moi. Quelquefois, des serpents apparaissent dans ma maison. Des êtres étranges aussi jaillissent souvent sur mon chemin, certains nuitamment, et d’autres, dans ma plantation. Hormis tout cela, j’ai été victime de rejet, de tentatives de déstabilisation et même d’assassinat, etc. Grâce à Dieu, j’ai survécu à toutes ces épreuves”, a conclu notre interlocuteur.
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 28 novembre 2024 12:20Nous vous proposons aussi
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