Ses « vérités » sur Cellou, son soutien à Doumbouya et les Réformateurs: Lamarana Pety Diallo sans filtre…

CONAKRY- Dans cette seconde et dernière partie d’un entretien exclusif accordé à Africaguinee.com, le Professeur Lamarana Pety Diallo du mouvement « Les Réformateurs », livre une analyse sans concession de l’actualité politique guinéenne au lendemain de l’investiture du premier Président de la Ve République.

De ses rapports « humains » mais distants avec Cellou Dalein Diallo à son soutien indéfectible au Général Mamadi Doumbouya, en passant par la reconduction de Bah Oury à la Primature, cet universitaire engagé décrypte les enjeux du nouveau septennat.

Des appels à la fusion politique au sein de la GMD aux critiques acerbes contre une opposition qu’il juge dépassée, Lamarana Pety Diallo dessine les contours d’une gouvernance qu’il espère portée par le mérite et le patriotisme.

AFRICAGUINEE.COM : Quels sont aujourd’hui vos rapports avec le président de l’UFDG, Elhadj Cellou Dalein Diallo ?

PR. LAMARANA PETY DIALLO : Les rapports avec le président de l’UFDG restent des rapports humains. Nous ne nous parlons pas, mais personne n’a jamais entendu dire que je souhaite sa tête. Au contraire, je l’ai toujours appelé à s’ouvrir et à comprendre qu’en situation de faiblesse, on négocie, on ne se radicalise pas. Malheureusement, certains l’y poussent. On se souvient de déclarations allant jusqu’à dire qu’il faut enlever X ou Y du pouvoir, coûte que coûte, à tout prix. Ce ne sont pas des propos à tenir, ni des attitudes à adopter. Il faut aller vers la conciliation. Mais chacun a sa manière d’agir. De notre côté, nous agissons dans le sens de l’apaisement et du dialogue, notamment d’un dialogue interne qui nous a été refusé.

Les Réformateurs sont-ils toujours avec Ousmane Gaoual Diallo, ancien ministre des Transports ?

Il faut lever toute équivoque. Le ministre en question est un parrain des Réformateurs. Il n’a aucun rôle dans la gestion ou le fonctionnement interne de la structure. C’est là que les gens se trompent. Ceux qui ont rejoint Les Réformateurs uniquement parce qu’il y avait un ministre comme parrain n’avaient sans doute pas une vision politique suffisamment approfondie. Ceux qui sont venus pour changer la donne et participer au processus de transformation ne se limitent pas à une personne. Aujourd’hui, la voie que nous avons choisie n’est pas forcément appréciée par le parrain, mais cela ne relève ni d’un conflit ni d’une guerre. Il y a un groupe qui est resté avec lui et un autre qui a fait le choix que j’ai expliqué.

Ce dernier a estimé que, pour participer efficacement au processus en cours, il fallait éviter de personnaliser le débat et la structure. Les Réformateurs n’appartiennent à personne, ni à moi ni à un autre. La structure fonctionne sur la base d’une ligne politique clairement définie, et nous entendons préserver cette ligne.

Peut-on alors parler d’une scission au sein des Réformateurs ?

Je ne parlerai pas de scission, mais plutôt de double orientation ou de double choix. Nous avons clairement choisi d’accompagner l’action en cours, et ce choix ne date pas d’aujourd’hui. Il ne date ni de la nomination ni de la reconduction de M. Bah Oury, encore moins de son entrée au gouvernement. Ce choix est antérieur. C’est lorsque nous avons constaté que la dynamique portée par Les Réformateurs recoupait celle du Premier ministre que nous avons décidé, en tant que mouvement, avec de nombreux responsables fédéraux, de venir renforcer son parti et, par conséquent, la GMD.

Vous avez soutenu la candidature du Général Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle. De manière concrète, quel rôle avez-vous joué dans cette campagne et à quel niveau ?

Je peux dire que tout le monde, tous les Guinéens, connaissent mon engagement en faveur du président Mamadi Doumbouya, aujourd’hui élu président de la République. Cet engagement ne date pas d’aujourd’hui. J’ai été l’un des premiers à appeler Mamadi Doumbouya à se présenter à l’élection présidentielle, et également l’un des premiers à dire « vive le CNRD et vive Mamadi Doumbouya », à une époque où beaucoup n’osaient pas encore parler de la transition et de ses acteurs.

Dans ce cadre, nous avons sillonné le pays, sensibilisé les populations et évolué jusqu’à la création du mouvement Les Réformateurs, qui a poursuivi cette dynamique sous ma direction. Nous avons participé à toutes les campagnes, sans moyens financiers, je tiens à le préciser. Nous n’avons pas bénéficié de subventions, au motif que nous étions un mouvement politique. Malgré cela, nous avons pris part à l’ensemble des activités liées à la campagne référendaire et à la campagne présidentielle. Ma contribution a également été plus technique et professionnelle. J’ai été désigné délégué national à la formation des formateurs dans la région de Labé. Avec M. Safa Tounkara, pour ne citer que lui, nous avons couvert Labé, Lélouma, Koubia, Tougué et Mali, où nous avons assuré la formation des formateurs et des superviseurs.

Ainsi, notre participation, à titre personnel comme à titre politique et associatif, est connue à l’échelle nationale. J’ose espérer qu’elle a contribué de manière significative à la sensibilisation des populations et à l’élection du nouveau président de la Ve République.

Quelles doivent être les priorités du Président Doumbouya pour les sept prochaines années ?

Les priorités en Guinée sont immenses. Il s’agit avant tout de les hiérarchiser. Je crois fondamentalement aux infrastructures, à l’électricité et à l’eau. Par conséquent, l’éducation doit également figurer parmi les priorités, aussi bien à court qu’à long terme.

S’agissant des infrastructures, il faut poursuivre les chantiers engagés. Ils sont bien lancés et concernent l’ensemble du pays. En matière d’électricité, il est impératif de stabiliser l’approvisionnement. On constate déjà des améliorations, mais il faut aller plus loin en mobilisant des entreprises, des entrepreneurs, des coopérants et des partenaires afin que l’électrification totale de la Guinée devienne une réalité. Lénine disait que pour développer un pays, il fallait l’électrifier. Il a électrifié la Russie jusqu’en Sibérie. C’est donc un facteur fondamental de développement.

L’investissement le plus difficile à mesurer, mais le plus stratégique, reste celui de l’éducation. Il faut stabiliser le système éducatif. Les enseignants guinéens figurent parmi les mieux payés de la sous-région. Pourtant, le décrochage scolaire est alarmant. Très souvent, ce sont les jeunes filles qui quittent l’école, notamment à cause des mariages forcés. Elles abandonnent l’école très tôt, parfois dès 12 ans, pour devenir mères. Ce système ne peut pas perdurer. C’est une véritable plaie pour le système éducatif guinéen.

Sur le plan technique, il faut aussi adapter notre système éducatif aux standards internationaux. La Guinée fait partie des rares pays où l’on parle encore de 11e, 12e ou 13e années. Lorsque les étudiants guinéens arrivent à l’étranger, notamment en France, cela pose problème, même si, heureusement, seules les notes de la terminale sont généralement prises en compte. Pourquoi ne pas adopter la nomenclature francophone classique, en parlant de 6e, 5e, 4e, 3e, 2nde, 1re et terminale ? Cela faciliterait l’intégration des étudiants guinéens boursiers à l’étranger. Je souligne donc deux aspects majeurs : l’un à caractère technique, l’autre à caractère humain. Il faut sauver les filles guinéennes en les maintenant à l’école et en interdisant les mariages forcés lorsqu’elles sont encore scolarisées.

Quelles sont aujourd’hui les principales attentes du mouvement Les Réformateurs visàvis des nouvelles autorités, tant sur le plan politique que social et économique ?

Nos attentes portent d’abord sur la poursuite du processus de refondation, un terme fort et porteur, qui est déjà engagé. Ensuite, il s’agit d’accompagner le nouveau Premier ministre dans sa double mission. Il faut travailler à l’implantation de la GMD, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’international, et assurer la continuité de la bonne gouvernance. Le Premier ministre assume une charge lourde, avec une double responsabilité. Il a donc besoin de l’assistance des Guinéens de l’intérieur comme de ceux de la diaspora. Pour cela, il est essentiel de valoriser les capacités humaines, intellectuelles et professionnelles. La promotion des cadres doit être l’une des priorités du Premier ministre. À lui seul, il ne peut pas tout faire pour la Guinée. De notre côté, Les Réformateurs, avec de nombreuses fédérations, sommes engagés dans un processus d’intégration. La forme définitive de la GMD sera trouvée, avec un objectif principal et fondamental : aider, assister, participer et être aux côtés du nouveau Premier ministre dans l’action gouvernementale.

Bah Oury a été reconduit Premier ministre. Selon vous, s’agit-il d’une reconnaissance de son travail ou d’un choix stratégique pour assurer la continuité de la vision du Président ?

Il ne s’agit nullement d’une récompense, mais plutôt d’une valorisation, d’une reconnaissance. Qui peut nier que M. Bah Oury a conduit une campagne présidentielle exemplaire, sans la moindre tache ? Il a parcouru le pays, œuvré à instaurer une véritable conscientisation nationale auprès des citoyens. Cette conscientisation a été effective et a produit les résultats que nous connaissons aujourd’hui : l’élection de Mamadi Doumbouya parmi neuf candidats. Il faut le souligner, cette élection s’est déroulée dans un climat apaisé, au point que certains se demandaient même si le pays était réellement en campagne. Pourtant, chaque candidat était libre de battre campagne selon ses moyens et ses convictions, et cela a été le cas.

Bah Oury s’est particulièrement distingué dans cet exercice. C’est un homme dynamique, de conviction, doté d’une expérience politique aujourd’hui rarement égalée. Je l’ai souvent dit : parmi les politiques guinéens — j’insiste bien sur le terme politiques — on peut citer Alpha Condé et Bah Oury. Ce sont des hommes qui ont accumulé une longue expérience. On peut certes regretter qu’Alpha Condé n’ait pas mis la sienne au service de la Guinée, notamment avec le troisième mandat qui a conduit aux conséquences que nous connaissons. Dans le paysage politique actuel, Bah Oury demeure une valeur sûre. Sa reconduction s’inscrit donc dans une logique de continuité de l’action, de relance du système, en particulier du système démocratique. Il ne s’agit donc pas d’une récompense, mais bien d’une reconnaissance légitime.

Certains estiment que l’élection de Mamadi Doumbouya a été facilitée par l’absence de leaders comme Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré ou le RPG Arc-en-ciel. Partagez-vous cet avis ?

Vous savez, cette analyse est devenue une sorte de litanie, presque un chantage politique récurrent. Mais posons-nous la vraie question : au moment de l’élection présidentielle, quel poids réel représentaient encore ces partis sur l’échiquier politique national ? Prenons le RPG Arc-en-ciel. Ce parti s’est embourbé dans une dictature personnelle, concentrée entre les mains d’un homme que tout le monde reconnaissait comme politiquement épuisé, un octogénaire qui n’était plus en phase avec son époque. Concernant l’UFR, il faut reconnaître que ce fut un grand parti. Mais sa longévité, faute de renouvellement et de redynamisation, l’a progressivement affaibli. Quant à l’UFDG, la gestion personnelle et excessivement individualisée du parti, pourtant principal acteur de l’opposition pendant longtemps, a fini par compromettre sa stabilité et sa crédibilité.

Dire aujourd’hui qu’il y avait un « boulevard » est une facilité. Il n’y a jamais de boulevard en politique. Il y avait bel et bien neuf candidats en lice. On ne peut pas minimiser ceux qui ont pris part à la compétition en se lamentant sur l’absence de ceux qui, par leurs propres choix et leur manque de vision, ont décidé de rester en marge. Ces partis auraient dû faire preuve d’anticipation, de lucidité, accepter le renouvellement des leaderships, céder la place ou, à tout le moins, se réinventer. Ce que l’UFDG n’a pas fait. Ce que l’UFR n’a pas fait. Et pour le RPG, le troisième mandat a tout simplement scellé la fin de son existence politique. Nous avons donc eu une élection pluraliste avec neuf candidats, et le peuple s’est souverainement exprimé en faveur d’un seul. Il ne s’agit pas d’un boulevard, mais d’une victoire pleinement méritée.

Amadou Oury Bah a été reconduit comme Premier ministre avec 27 ministères et 2 secrétariats généraux. Quel est votre avis sur cette réorganisation ?

Je crois fondamentalement qu’un gouvernement est d’autant plus efficace qu’il est restreint et lisible. Une inflation de ministères ne sert à rien. C’est souvent un gâchis financier, et parfois même une dichotomie, voire une cacophonie, au sein des départements. S’agissant des hommes, le changement ne doit pas être seulement cosmétique ou discursif. Il ne faudrait pas que le renouvellement reste au bout des lèvres. Amadou Oury Bah, je l’ai déjà dit, fait face à une double responsabilité : implanter durablement la GMD et gouverner efficacement le pays. Cela exige un changement de vision et d’optique. Il doit s’entourer d’hommes et de femmes capables, compétents, mais surtout patriotes. Malheureusement, en Guinée, nous fonctionnons trop souvent sur la base de l’intérêt personnel. Être nommé ministre devient une fin en soi : on s’installe, on empoche, on manœuvre, on joue aux jeux d’influence. Et bien souvent, le patriotisme s’arrête le jour même de la nomination.

À mon avis, compte tenu de son expérience politique, Bah Oury saura faire appel aux meilleures capacités intellectuelles du pays, à des femmes et des hommes qui ont fait preuve d’engagement politique, de probité morale et de constance, qu’ils viennent de l’intérieur comme de la diaspora. S’il fallait formuler une attente claire, ce serait celle-ci : que le changement soit total — dans le discours, dans le vocabulaire politique, dans les pratiques de gouvernance, mais surtout dans le choix des personnes appelées à l’assister et à l’accompagner dans la conduite de ce premier septennat, ou du moins dans ce premier gouvernement du septennat. Si les premiers pas sont mal orientés, nous risquons de perdre l’équilibre, car il sera extrêmement difficile de corriger des erreurs initiales, surtout si un homme politique du calibre de Bah Oury venait à échouer. Tout repose donc sur le choix des hommes et des femmes.

Vous attendez-vous à être choisi pour faire partie de l’équipe du Premier ministre ?

La décision appartient exclusivement à deux personnes : le Président de la République et le Premier ministre. Ils savent que je suis disponible. Je crois que les Guinéens sont conscients de ce que j’ai apporté, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Et au-delà d’eux, il y a des personnes au cœur du dispositif étatique qui le savent également. Je ne vais pas les citer toutes, mais dans l’entourage du Président de la République, des personnalités comme Djiba Diakité, Amara Camara, entre autres, connaissent mon parcours. Je suis sur le terrain, je suis visible, je suis présent dans le débat public. Je n’ai pas à tendre la main. Quand on mérite, on vient vous chercher. Le Premier ministre, le Chef de l’État et ceux qui les entourent savent parfaitement qui mérite quoi. Il ne me reste donc qu’à m’en remettre à leur appréciation et au destin que Dieu a tracé pour chacun d’entre nous.

Êtesvous favorable à la fusion de votre mouvement avec le grand ensemble GMD, comme l’a proposé Amadou Oury Bah ?

Nous sommes déjà dans la GMD. Je vous l’ai dit, nous avons participé à la formation des formateurs. Cela signifie clairement que nous sommes membres à part entière de cette dynamique. Par ailleurs, certains de nos fédéraux nous ont rejoints pour intégrer directement le parti du Premier ministre, l’UDRG. Et aujourd’hui, qu’on parle de l’UDRG ou de Bah Oury, on parle, d’une certaine manière, aussi du Président Mamadi Doumbouya, compte tenu de la double confiance renouvelée dont bénéficie le Premier ministre. Donc, notre mouvement fait pleinement partie de la GMD, du moins les fédérations qui cheminent avec nous.

L’appel à la fusion lancé par le Premier ministre est un appel fondé et légitime. C’est même une nécessité. La vraie question, désormais, est celle de la méthode : comment mettre en place une mécanique, une technique, un processus qui fera de cette fusion quelque chose de concerté, de structuré, et non un envahissement désordonné. Quand on est au pouvoir, quand on vous confie une mission de construction nationale, il faut savoir rassembler. Et pour rassembler durablement, il faut définir des règles claires. Il ne s’agit pas de faire un mélange confus, pour reprendre une expression imagée, entre poissons et crabes.

Il faut une base solide, une architecture politique claire, un mécanisme d’adhésion précis pour chaque parti ou mouvement qui souhaite fusionner. C’est à cette condition que le projet prendra corps. Et à ce niveau, nous pensons pouvoir apporter notre expérience pour assister le Premier ministre dans ce processus.

Quel est votre message de fin pour conclure cette interview ?

Le message que j’ai à adresser au Président de la République, au Premier ministre et au peuple de Guinée est simple mais fondamental. Au Président de la République, je dis : ne changez ni de cap, ni d’objectifs, ni d’orientation. Au Premier ministre, je dis : mettez-vous résolument au service de la nation et de celui qui vous a nommé. Soyez un homme de propositions, un homme d’action, un homme de prospective. Un homme qui promeut les cadres, un homme du changement réel. Vous en avez l’expérience et la légitimité.

Au peuple de Guinée, je lance un appel à l’accompagnement tout au long de ce septennat. Certes, des réalisations sont visibles, mais cela ne suffit pas. Deux hommes ne peuvent pas changer un pays. Un gouvernement, à lui seul, ne peut pas transformer une nation. Le changement commence par nous-mêmes : par nos mentalités, nos pratiques, notre engagement collectif et individuel. C’est à nous de participer activement au progrès de la Guinée, à son ancrage démocratique, tant au niveau africain qu’international.

La Guinée ne se construira ni par un seul homme, ni par une seule institution. Elle se construira si nous acceptons de parler d’une seule voix, une voix unitaire, en dépassant l’individualisation du pouvoir et l’ethnocentrisme, ces maux profondément enracinés chez nous. Il nous faut une vision moderne, fondée sur le patriotisme. Car la Guinée nous appartient à tous. Qu’on le veuille ou non, ce pays est le nôtre. S’il y a le bonheur, nous le partagerons ensemble. S’il y a des difficultés, nous en subirons ensemble les conséquences. C’est cela, mon appel : un appel au soutien, au Président de la République, au Premier ministre, mais surtout un appel à cultiver le sentiment patriotique, condition essentielle pour bâtir une Guinée forte, unie et prospère.

Interview réalisée par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 2 février 2026 11:30

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