Ses débuts, Banlieuz’art, ses rapports avec Marcus, sa santé : King Salaman parle à cœur ouvert…
CONAKRY-Souleymane Sow alias King Salaman est né le 28 juillet 1984 à Kamsar dans la préfecture de Boké. Il est célibataire mais père de trois enfants. Cet artiste chanteur est le binôme de Marcus Garvey du groupe Banlieu Z’art, dominateur pendant plusieurs années, de la chaîne musicale du RnB en Guinée. Hélas, le groupe est en déchéance silencieuse. Dans une longue interview à Africaguinee.com, King Salaman parle de son groupe, de ses relations avec Marcus, de son état de santé et surtout de sa carrière solo. Excellente lecture !!!
AFRICAGUINEE.COM : D’où est venu votre surnom Soul Dag ’One King Salaman ? Pourquoi ce sobriquet ?
KING SALAMAN : King Salaman c’est de l’anglais qui signifie roi Salomon en français. King salaman signifie Mouloukou Souleymane. Salomon signifie Souleymane en français. C’est mon père qui m’a donné ce nom. Souleymane c’est mon nom (à l’état civil). Mon père est sapeur-pompier en même temps cultivateur et chasseur. C’est un homme qui a 12 métiers, originaire de Timbi Madina dans la préfecture de Pita.
Parlez-nous de vos débuts dans la musique…
Je suis né avec la musique, j’ai grandi dans la musique et je vis de la musique. Je me nourris de la musique. Je ne me rappelle pas d’un moment où je n’ai pas été artiste dans ma vie. Depuis que je me connais, je fais de la musique et j’ai fait du théâtre à l’école. J’ai suivi la rue, j’ai suivi Bob Marley, le Bembeya Jazz National et pleins d’artistes qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui. On ne se construit jamais seul, j’ai donc suivi des artistes d’horizons divers ; des européens, des africains et autres.
Après mes études en lettres à l’université, j’ai fréquenté une école de musique qui m’a aidé. Quelquefois même les chansons que j’entendais, je les interprétais. Des fois aussi, je composais et chantais mes propres phrases. Cela depuis tout petit. Et selon les témoignages de mon entourage j’ai toujours chanté. Je crois que je suis monté sur scène avant mes dix (10) ans et c’était à l’école pour faire du théâtre.
Comment se porte le groupe Banlieuz’art que vous avez formé en 2004 ?

Banlieuz’Art est en convalescence. Le groupe va mal, tout le monde le sait d’ailleurs : il ne faut plus se le cacher. La politique de diviser pour régner est la seule et unique raison. Les gens ont trouvé l’astuce de se mettre au milieu de ces deux machines à travailler pour nous diviser afin de régner. Ce sont des histoires d’argent qui en sont la cause. Nous sommes dans un milieu où l’humanisme compte peu, et l’argent prime sur tout. Il ne faut pas se leurrer. Il y a eu des abus de confiance, des détournements et des mensonges. D’où l’engrenage dans lequel se trouve le groupe Banlieuz’Art. Donc il n’y a personne à indexer. C’est une entité générale qui ne va pas bien.
Pourquoi il y a eu divorce entre Marcus (Konko Malela) et Soul Dag One King Salaman ?
Nous avons des relations qui ne sont pas comme jadis. Mais c’est éphémère, c’est gérable et ça peut passer. Pour le moment, chacun essaye de gérer sa famille et subvenir à ses besoins à la guinéenne. Il n’y a pas de divorce pour le moment. Nous avons fait plein de choses ensemble : Le groupe Banlieuz’art n’appartient ni à Konko ni à Salaman. Ce groupe appartient à tous les guinéens et à l’Afrique et même au monde entier. C’est un groupe qui a su s’intégrer et poser ses marques. C’est un groupe qui a su se démarquer et faire ses preuves. C’est un mouvement d’ensemble et ça ne peut pas mourir. Seulement ça ne va. Le guinéen cherche à savoir ce qui ne va pas mais personne ne cherche à régler. Tout va bien chez chacun de nous mais le groupe est au point mort.
Votre groupe a émerveillé le public mélomane guinéen depuis la sortie de votre premier album en 2009 (Kun faya Kun). Pour certains fans, votre divorce est une trahison à leur égard. Que répondez-vous ?
Est-ce que le groupe Banlieu z’art ne se sent pas aussi trahi par ses fans ? On ne doit rien à nos fans. On leur a donné de l’or. S’il y a eu trahison c’est de la part des fans et des autres. Qui a essayé de régler la situation ? Les gens aiment bien voir les bonnes choses se gâter, se détruire. C’est ce qu’ils adorent. Donc nous, on a dépassé ce cap et nous sommes matures, majeurs et vaccinés. On nous sort tout le temps : vous avez trahi. En quoi avons-nous trahi ? Mais c’est vous qui êtes en train de regarder le groupe se déchirer sans parler. C’est vous qui appelez Konko Malela d’aller jouer à gauche sans Salaman et c’est vous qui appelez Salaman vous le payer sans Marcus. Donc c’est vous qui êtes en train de trahir le groupe et la nation. Vous voyez les promoteurs prendre l’un sans l’autre sans intervenir. Donc c’est vous qui êtes en position de trahison.
Depuis votre divorce avec Marcus, comment se porte votre carrière solo ?
Ma carrière solo est un bébé qui n’est pas sevré. Je ne suis pas en train de dormir. Macha allah j’y travaille grâce à la force du Kounfayakoun. Je travaille pas à pas sans pression. Je fais des tubes ; parallèlement j’essaye de fonder ma petite structure, mon petit label. Et j’essaye de faire respirer ceux vivent autour de moi.
À vous voir physiquement on a l’impression que vous êtes malade. Si vous confirmez, de quoi souffrez-vous ?
Je suis un peu souffrant mentalement et physiquement. Je me réserve pour dire ma maladie. Je suis malade et j’ai eu aussi un moment d’addiction. Il ne faut pas se mentir. Je viens de remonter la pente et voilà j’assume et je suis en train de revenir. Incha Allah ça va aller.
Peut-on s’attendre à un retour du groupe BLZ sur la chaîne musicale guinéenne ?

Pourquoi pas ? Payez le prix qu’il faut et rendez-moi mes sous. C’est une histoire d’argent et d’intérêt qui lie les hommes. Dieu est capable de tout. Donc, pourquoi pas si chacun de nous est rétabli dans ses droits ? Je suis frustré de mon côté peut-être qu’il l’est de son côté aussi. Ce pays nous appartient à tous, restons soudés travaillons et bannissons l’ethnocentrisme surtout et arrêtons d’écouter les ont dits. Cultivons l’amour.
Un mot de la fin ?
Je vous aime ! Sans vous, je ne saurai me défendre. Parce que c’est si vous persécutez le côté nord que je vais réussir à faire sortir le côté sud. Faites vraiment vivre mon art. Je vous aime mes détracteurs. Parce que sans le Alpha, il n’y aura pas l’Oméga. Il faut la nuit et le jour, le soleil et la lune, le feu et l’eau, mon ami et mon ennemi. J’aime tous ceux qui m’aiment et j’aime aussi tous ceux qui ne m’aiment pas. Je suis moi-même et je reste fidèle à mes propres idées, à ma personnalité, à mon éducation. Je suis vraiment ce que je suis et je suis au summum de mon art.
Interview réalisée par Yayé Aicha Barry
Pour Africaguinee.com
Créé le 4 mai 2025 13:45









