Décès « troublant » d’un jeune guinéen au Sénégal: Conakry saisit Dakar

Des policiers anti-émeute à l'entrée de la rue menant à la maison de l'opposant Ousmane Sonko, le 17 juin 2022, à Dakar, crédit photo afp

CONAKRY – La mort tragique de Oumar Fadiga, ressortissant guinéen, marié et père de trois enfants, suscite indignation et interrogations. Selon sa famille, il a été battu dans la nuit du mardi 25 novembre 2025 à Kédougou, au sud-est du Sénégal. Conakry via son ambassade à Dakar a saisi les autorités sénégalaises, a appris Africaguinee.com. (Image d’illustration, Ndlr).

Samba Fadiga, frère cadet du défunt confie qu’il (Oumar) a succombé à ses blessures deux jours après avoir été battu. Dans un entretien accordé à Africaguinee.com ce vendredi 9 janvier 2026M. Fadiga, est revenu sur les circonstances qu’il qualifie de « troubles » ayant conduit au décès de son frère.

Oumar Fadiga, la victime

D’après son témoignage, les faits se seraient produits tard dans la nuit, alors qu’Oumar Fadiga se trouvait chez lui, en compagnie de son épouse et de ses enfants. Des gendarmes auraient fait irruption à son domicile, l’accusant d’être impliqué dans une affaire de trafic de Tramadol, suite aux déclarations d’un individu qui l’aurait désigné comme son patron.Oumar Fadiga aurait nié les faits et demandé à être confronté à son accusateur. Toujours selon la famille, les forces de l’ordre lui auraient alors réclamé la somme d’un million de francs CFA pour « régler l’affaire ». Une altercation s’en serait suivie.

Coups, détention et disparition des biens

La famille affirme qu’Oumar Fadiga a été violemment battu, son épouse également agressée, et qu’une somme estimée à six millions de francs CFA aurait été emportée lors de l’intervention. Il aurait ensuite été conduit à la gendarmerie de Kédougou. Les jours suivants, les proches disent avoir tenté à plusieurs reprises de lui rendre visite afin de connaître les charges retenues contre lui. Les autorités leur auraient indiqué qu’un jugement devait se tenir le vendredi, sans jamais autoriser une rencontre.

Le frère de la victime

De la détention à l’hôpital, puis au décès

Le vendredi, la famille apprend qu’Oumar Fadiga a été transféré à l’hôpital, où il se trouvait dans un état critique. Alors que ses proches attendaient la tenue de son jugement, ils seront finalement informés de son décès le jeudi 27 novembre 2025. « Nous ne savons pas comment il est mort. Nous voulons connaître la vérité », insiste son frère.

Le corps toujours retenu

À ce jour, le corps du défunt n’a pas été restitué à la famille. Des rapports auraient été transmis par l’ambassade, mais aucune avancée concrète n’aurait été constatée, selon les proches de la victime. Samba Fadiga affirme également avoir saisi le ministère guinéen des Affaires étrangères début janvier 2026.

Un appel à la justice

Face à cette situation, la famille Fadiga lance un appel solennel aux autorités guinéennes et sénégalaises. Elle réclame la justice, la restitution du corps et l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’élucider les circonstances exactes du décès.

La veuve d’Oumar Fadiga et ses trois enfants vivent toujours au Sénégal, dans l’attente d’une décision.« Nous demandons le soutien des autorités. Seule la justice peut apaiser cette douleur. Parce qu’une seule personne ne peut pas se battre contre un système. Nous demandons le soutien des autorités. Nous demandons seulement la justice », conclut son frère.

Via son ambassade à Dakar, Conakry a saisit les autorités sénégalaises au sujet de ce jeune guinéen. Selon nos informations, une note verbale a été transmise au Ministère sénégalais des Affaires étrangères.

Dossier à suivre!

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com 

Créé le 9 janvier 2026 14:25

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