Santé: Rhume ou grippe…qu’est-ce qui « étouffe » les citoyens à Conakry?
CONAKRY- Depuis quelques semaines, la population du Grand Conakry est confrontée à une recrudescence des cas d’affections respiratoires. Simple rhume ou grippe saisonnière? Chacun y va de son commentaire. Dans la cité, les personnes affectées tirent la sonnette d’alarme, tandis que les professionnels de la santé rencontrés estiment qu’il s’agit d’une affection saisonnière pour laquelle des mesures de prévention efficaces existent afin d’éviter sa propagation.
Ce mercredi matin, nous nous sommes rendus dans une structure sanitaire afin de mieux comprendre l’ampleur de cette situation. Moussa Sylla, venu accompagner son enfant malade depuis deux jours, a refusé de s’exprimer au micro. Toutefois, en aparté, il a fait part de son inquiétude : « Je n’arrive pas à dormir depuis deux jours. La semaine dernière, j’étais ici avec sa grande sœur et aujourd’hui, c’est encore elle. Nous sollicitons vraiment l’aide des autorités sanitaires pour des mesures urgentes, sinon ce n’est pas bon pour les familles à faibles revenus. Nous peinons déjà à assurer les dépenses quotidiennes et, avec cette maladie, la crise économique s’aggrave », a-t-il confié, visiblement désespéré.
Ce témoignange n’est pas un cas isolé. A Conakry, de nombreux citoyens se plaignent depuis quelques. “ Depuis deux semaines, je souffre. Au début j’avais pensé à un simple rhume, mais au fil du temps, j’ai compris que c’est plus fort que le rhume. Dans ma famille, ça a commencé par moi, après ça s’est propagé. Actuellement, c’est le plus petit qui est affecté. Il a perdu l’appetit. C’est vraiment ennuyant”, témoigne ce père de famille.
Le Dr Julien Diawara, médecin généraliste dans une structure hospitalière de la place, a accepté de nous recevoir pour évoquer cette grippe qui, selon lui, a fait exploser le nombre de consultations dans les structures sanitaires du Grand Conakry.
« On observe actuellement une augmentation du nombre de cas. Il faut toutefois rappeler que cette période correspond généralement à une hausse saisonnière des infections respiratoires, notamment pendant ce que nous appelons l’“hiver”. C’est-à-dire les mois de décembre, janvier et février. Le climat, en particulier la poussière, favorise également cette situation. À cela s’ajoute la contamination entre personnes malades et personnes saines », explique-t-il.

Pour éviter la propagation de la maladie, le médecin invite les chefs de famille à isoler les malades et à veiller au respect des mesures barrières, notamment le port de la bavette et la distanciation physique. « Lorsqu’un membre de la famille est affecté, il est important de suivre correctement le traitement prescrit et de limiter les contacts rapprochés. Il ne s’agit pas d’enfermer la personne, mais de garder une certaine distance. Le port de la bavette est essentiel, tout comme le respect des mesures d’hygiène de l’environnement. Avec le vent, des gouttelettes peuvent se déposer sur les surfaces. Une personne saine qui entre en contact avec ces gouttelettes peut être contaminée. Il est donc important de se couvrir la bouche et le nez en cas de toux ou d’éternuement et de se laver régulièrement les mains. Par ailleurs, les personnes non malades peuvent également se faire vacciner. Des vaccins existent aujourd’hui pour prévenir cette maladie », a-t-il précisé.
Dr Julien Diawara tient à rassurer. Selon lui, il s’agit d’une maladie bien connue et non d’une nouvelle pathologie. « Elle revient presque chaque année. La gravité et les complications dépendent surtout de la prise en charge. Dès l’apparition des premiers signes, il est important de se rendre rapidement dans une structure sanitaire. Le traitement est le plus souvent symptomatique. Lorsque la fièvre est très élevée ou que la maladie n’est pas prise en charge à temps, des complications peuvent survenir. Mais si le patient consulte tôt, la maladie se soigne facilement. Toute personne présentant des symptômes doit donc se protéger pour éviter de contaminer les autres, que ce soit en famille ou dans la rue, et consulter rapidement un professionnel de santé », a-t-il lancé.
À Conakry comme à l’intérieur du pays, plusieurs citoyens rapportent depuis des semaines des symptômes respiratoires. Pour le moment, aucune communication officielle n’a été faite par le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique ni par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS). Les tentatives de la rédaction d’Africaguinee.com pour obtenir une réaction ou des éclaircissements auprès des autorités sanitaires sont restées, jusqu’ici, sans réponse.

Ce mardi 16 décembre 2025 à Genève, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé une nouvelle alerte sanitaire mondiale sur la propagation rapide d’un nouveau variant de la grippe.
Sayon Camara
Pour Africaguinee.com
Créé le 18 décembre 2025 17:05Nous vous proposons aussi
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