Enseignants : « Notre déficit est bien plus grand que les 6 000 », précise la ministre Bintou Keïta

CONAKRY- En marge du lancement du concours de recrutement de 6 000 enseignants à Mamou, la ministre de l’Enseignement pré-universitaire, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Bintou Keïta, est revenue sur les enjeux de cette campagne. Entre répartition régionale des effectifs et vision pluriannuelle, elle détaille la stratégie du gouvernement pour renforcer le système éducatif.

Un soulagement pour les écoles

Interrogée sur la portée de cette initiative menée conjointement avec le ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, la ministre a souligné la nécessité de ce recrutement pour faire face aux manques sur le terrain :

« Il s’agit de parer à un déficit d’enseignants dans les écoles, dans le système éducatif. Donc avoir 6 000 enseignants supplémentaires, ça ne peut être qu’un impact positif », a-t-elle déclaré.  

Toutefois, ce recrutement permet également de répondre à un défi structurel de répartition géographique des ressources humaines :

« Nous avons une problématique, c’est celle que nous recrutons des enseignants, et des enseignants qui, après, ne veulent pas rester dans les régions et veulent être tous à Conakry. Donc le fait d’organiser de cette manière ce concours et que les candidats se sont mobilisés en masse pour venir, ça ne peut être qu’une bénédiction de par la volonté du chef de l’État et aussi du chef du gouvernement. »

Des besoins structurels au-delà de cette première cohorte

Confrontée à la question de savoir si ces 6 000 postes permettront d’éponger l’intégralité du manque d’effectifs, Bintou Keïta a répondu avec pragmatisme et humour :

« Alors là, vous me posez une question à un million de dollars ! […] Ce que ça veut dire, c’est que nous avons un déficit qui est bien plus grand que les 6 000. Je ne vais pas donner de chiffres. »

La ministre a ainsi inscrit l’opération dans une continuité à long terme pour éradiquer les classes sans encadreurs :

« Pour ce qui nous concerne, nous savons que les 6 000 sont une première étape, une continuation d’étapes passées. On va continuer les années subséquentes, c’est-à-dire 2027, 2028, 2029, pour faire en sorte que nous continuons d’avoir un vivier d’enseignants et d’enseignantes qui peuvent nous servir dans les salles de classe, et pour que, comme l’a dit aussi mon collègue, nous n’ayons aucun enfant qui se retrouve dans une salle de classe où il n’y a pas d’enseignants. »

Africaguinee.com

Créé le 17 octobre 2026 14:02

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