Qui a tué Assiatou Sow ? Les zones d’ombre d’un crime « bouleversant »
KAMSAR – Un drame d’une rare violence s’est produit dans la commune urbaine de Kamsar. Assiatou Sow, âgée de 38 ans, mariée et mère de cinq enfants, a été retrouvée morte dans les toilettes de son domicile conjugal, le lundi 12 janvier 2026, aux environs de 9 heures, dans le quartier Yamoussoukro.
Selon les premiers éléments, la victime aurait été poignardée à plusieurs reprises, notamment au niveau du cou. Les images de la scène du crime visionnée par Africaguinee.com sont « insoutenables ». On y voit une mare de sang qui inonde la toilette où le corps a été retrouvé. A côté, il y a un couteau ensanglanté.
Depuis ce jour, l’affaire suscite une vive émotion au sein de la population locale et de nombreuses interrogations demeurent. Plusieurs personnes ont été interpellées par les services de sécurité. Une enquête judiciaire est en cours, a appris Africaguinee.com
Interrogée ce mercredi 28 janvier 2026, Madame Sow Aye Nour, belle-sœur de la victime, est revenue sur les circonstances de ce drame.
« Le lundi 12 janvier, j’étais au service quand mon mari m’a appelée vers midi pour m’annoncer que sa sœur était décédée sous la douche et qu’on parlait d’une crise. Quelques minutes plus tard, il m’a rappelée pour me dire la vérité : sa sœur avait été assassinée, poignardée. Le couteau a même été retrouvé à côté du corps », témoigne-t-elle.

Selon elle, la famille s’est immédiatement rendue à Kamsar après avoir été informée, où elle est arrivée aux environs de minuit – une heure du matin.
Une scène de crime macabre
D’après les informations recueillies par la famille, la fille de la victime, qui dormait dans la maison au moment des faits, aurait été alertée par sa petite sœur, venue par la fenêtre vers midi. « Elle est allée voir sa maman dans la douche et a vu beaucoup de sang. Elle a paniqué, crié et appelé les voisins », explique la belle-sœur.
Alertée, la police s’est rendue sur les lieux. Le corps d’Assiatou Sow a ensuite été transporté à la morgue de l’hôpital de Kamsar, où il se trouve toujours.
« On nous a dit qu’elle a été poignardée deux fois au niveau du cou, à la nuque, et qu’elle avait aussi une blessure à la tête. Dans la douche, il y avait du sang partout, même le lavabo était cassé », ajoute-t-elle.
Plusieurs interpellations et un dossier transféré à Boké
Dans le cadre de l’enquête, plusieurs personnes auraient été interpellées dans le cercle conjugal, selon notre interlocutrice. Elle cite notamment le mari de la victime Ousmane Sylla; sa coépouse, Foulématou; la petite sœur de la coépouse ; une voisine ; une amie de la coépouse ; ainsi que l’ex-mari de la victime.
Tous ont été entendus par les forces de sécurité, a-t-on appris. Toutefois, la famille déplore un manque de suivi à Kamsar, ce qui aurait conduit au transfert du dossier à Boké. « À Boké, on nous a dit que le rapport initial aurait été modifié. Mon mari et son oncle ont vu le commissaire pour rétablir la vérité. Maintenant, le dossier est au niveau du procureur », affirme Mme Sow Aye Nour.

Des tensions familiales avant le drame
Toujours selon la famille, Assiatou Sow aurait confié à sa sœur cadette, quelques jours avant sa mort, que ses relations avec sa coépouse s’étaient fortement dégradées. « Elle disait que ça n’allait plus entre elles. Sa coépouse ne lui parlait plus et l’ignorait complètement. Elle était fatiguée de la situation », rapporte la belle-sœur.
La famille réclame justice
À ce jour, le corps n’a pas encore été remis à la famille pour les obsèques. Celle-ci appelle les autorités à faire toute la lumière sur cette affaire. « Nous réclamons justice. Quelqu’un a assassiné Asiatou Sow dans sa propre maison, dans la douche. Un étranger ne peut pas entrer sans complice. Nous voulons connaître la vérité », martèle la famille.
L’enquête se poursuit sous l’autorité du parquet de Boké, tandis que la population de Kamsar reste suspendue aux conclusions judiciaires de ce crime qui continue de choquer.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 28 janvier 2026 17:43









