Qu’envisage l’UFR après sa suspension ? « Pour trouver solution à tout problème, il faut dialoguer… », dit le parti de Sidya Touré
CONAKRY- L’Union des forces républicaines (UFR), a fait montre d’un étonnement, suite à sa suspension pour trois mois, par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation (MATD). Dans une déclaration rendue publique la semaine dernière, le parti dirigé par l’ancien premier ministre Sidya Touré, a rejeté cette décision, appelant à sa levée immédiate.
Que compte faire la troisième force politique du pays pour être rétablie dans ses droits ? Africaguinee.com a interrogé M.Mouctar Khalissa, le secrétaire national des jeunes républicains de l’UFR. Ce responsable du parti de l’ancien premier ministre Sidya Touré annonce que l’UFR est ouverte à tout dialogue. Entretien !
AFRICAGUINEE.COM : A travers une déclaration, vous avez fustigé la suspension de l’UFR par le MATD. Pourquoi et quelles sont véritablement vos exigences ?

MOUCTAR KHALISSA : Par rapport à nos exigences, c’est très simple. Nous sommes dans un pays, dans un État Et il y a des administrations. Logiquement, les partis politiques, leur évaluation, cette légitimité est dévolue au peuple. C’est le peuple qui doit évaluer le parti politique. En faisant quoi ? En organisant des élections libres et transparentes, inclusives, où les gens s’expriment.
Or, ce que nous avons remarqué, la suspension de l’UFR, comme toute autre personne nous l’avions entendu à vol d’oiseau. On n’a pas eu un document administratif adressé au parti, alors que le parti, c’est une institution. On n’en a pas reçu. Mais est-ce que réellement des situations comme ça, ça peut nous emmener à une suite favorable ? C’est pourquoi nous avons fustigé la déclaration du MATD. Parce que réellement, l’UFR, est une administration, c’est une entité. Et cette entité, pour tout problème, il faut lui adresser une correspondance. Donc aujourd’hui, il faut que le MATD arrive à revoir un peu ce qui se passe et qu’on arrive à considérer et à respecter les gens dans leurs démarches, c’est important.
Vous avez dit « ignorer » les motifs de cette suspension, alors que le MATD aussi indique avoir notifié des manquements. Comment comprendre cette dichotomie ?
Écoutez, je vous informe que pour la première fois, quand il s’agissait de l’évaluation des partis politiques, une lettre a été adressée à l’UFR, de choisir un représentant pour aller écouter. Mais bien avant ça, ils avaient envoyé des délégations dans les QG (quartiers généraux) des partis politiques pour voir ce qui va, ce qui ne va pas. Et au retour, quand moi je suis allé, ils ont énuméré des points sur lesquels il y avait eu des manquements. Donc ces points-là, nous avons mis ça dans l’ordre. Mais de surcroît, à chaque fois qu’un point est soulevé, que vous trouvez la solution à ce point, on soulève encore un autre problème.
À ce stade, on ne parle pas du congrès. Et le congrès, dans les conditions normales, c’est la cuisine interne des partis politiques. Et le congrès est dû aux échéances électorales. C’est quand les élections sont projetées que les partis politiques peuvent rénouveler les instances de leur entité. Nous, depuis quelle année on devrait le faire? Mais suite au troisième mandat d’Alpha Condé, notre leader a dit non, il ne va pas cautionner le troisième mandat d’Alpha Condé. Donc le congrès devrait avoir lieu s’il s’était limité à ces deux mandats. Donc sur ce, nous on est resté, on n’a pas fait le congrès parce qu’il n’y avait pas une élection dans laquelle nous allons aborder. C’était ça. Donc aujourd’hui, si toutefois il y a une élection en perspective, qu’on nous dise d’organiser le congrès, et puis voilà, ce qui va s’en suivre. Donc, nous on était dans cette logique là, et un beau matin, on nous apprend que l’UFR n’a pas fait son congrès. Et d’un seul coup, on dit que l’UFR est suspendue de toutes ses activités.
Qu’est-ce que le parti envisage de faire ?
Le dialogue est important. Pour trouver solution à tout problème, il faut dialoguer. Donc l’UFR est ouverte à tout dialogue pour ce qui concerne l’instauration de la démocratie dans notre pays. Ils ont demandé le congrès. Au préalable, je vous informe que le parti avait planché sur la question. Dès après ce mois de ramadan, on allait faire le congrès pour élire notre champion. Parce que nous allons lui rénouveler notre confiance, parce que c’est l’homme qu’il faut pour ce pays.
Vous avez instruit vos militants d’être mobilisés. Qu’avez-vous voulu dire par là ?
Ecoutez, je voudrais dire à la presse, parce que j’ai été appelé par beaucoup de journalistes… de très bien lire la déclaration du président Sidya. Il appelle les militants et les sympathisants à la mobilisation. Cette mobilisation, c’est pour mettre les structures en bon état pour le bon fonctionnement du parti. C’est ce qu’il dit. C’est de se remobiliser pour que le parti puisse être le porte-flambeau de la Guinée. Parce que M. Sidya Touré est le seul exploir pour la Guinée. C’est dans ça qu’il appelle ses militants à se remobiliser. C’est important.
Est-ce que l’absence prolongée de votre président Sidya Touré, n’a-t-elle pas conduit aussi le parti dans cette situation ?
L’UFR est une institution. Que le président soit là ou pas, le parti continue à fonctionner. Il n’est pas là, ça fait combien de mois ? Les assemblées générales du parti, est-ce qu’elles sont arrêtées? Les réunions dans les fédérations, est-ce que ça s’arrêtait ? Le parti, c’est une continuité. il ne se repose pas seulement sur l’individu. Toute décision que nous prenons dans l’UFR, c’est une décision politique. Monsieur Sidya Touré a sa part de responsabilité dedans pour prendre la décision. Mais dire que c’est son absence prolongée qui a impacté ceci, cela, non. Le parti continue à fonctionner. De toutes les façons, ce qui se passe aujourd’hui, les trois grands partis, c’est que c’est un piège qui est monté devant eux. Il faut les enlever sur le chemin.
Vous-même, vous voyez en tant que journaliste ce qui se passe sur le terrain aujourd’hui. On ne peut pas parler de la politique aujourd’hui en Guinée sans parler de l’UFR, du RPG et de l’UFDG. Parce que ce sont les trois partis les plus majoritaires. On a vu ça en termes d’élection. Toujours, c’est le trio-là qui sort victorieux. Il ne faut pas qu’on arrive à mettre la poudre sur les yeux par rapport à ces signes-là. Je le redis encore, la légitimité appartient au peuple.
Qu’est-ce que vous comptez faire pour corriger les manquements constatés par le MATD chez l’UFR?
Ils nous ont donné trois mois. Après le ramadan, l’UFR organisera son congrès. Et l’UFR va encore élire l’homme du consensus national, l’homme pour le développement de la Guinée, monsieur Sidya Touré. Je vous informe que tous les manquements qu’on avait, nous avons tout corrigé. Mais au fil du temps que tu corriges cette partie, on te montre encore une autre partie, ainsi de suite… Il faut qu’on arrête un peu, qu’on travaille pour la nation guinéenne, qu’on ne travaille pas pour un individu.
Entretien réalisé par Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 24 mars 2025 08:29Nous vous proposons aussi
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