Projet minier Kon Kweni : comment la Société des Mines de Fer de Guinée (SMFG) développe des compétences dans la préfecture de Lola…
Avec plus de 1 500 emplois directs attendus en Phase 1, la Société des Mines de Fer de Guinée (SMFG) déploie une stratégie rigoureuse de formation et d’inclusion locale. Objectif, offrir un avenir formel aux communautés de la Guinée forestière tout en préservant la biodiversité unique du mont Nimba.
Dans la préfecture de Lola, située à l’extrême sud-est de la Guinée, l’économie a longtemps rimé avec isolement et précarité. Pour cette région transfrontalière de plus de 171 000 habitants, nichée au pied du mont Nimba, l’accès à un emploi stable et formel relevait jusqu’ici de l’exception. C’est dans ce paysage que s’apprête à éclore le projet de minerai de fer à haute teneur de Kon Kweni, porté 85 % par la Société des Mines de Fer de Guinée (SMFG) et 15 % par l’État guinéen.
Alors que l’Évaluation d’impact environnemental et social (EIES) et l’étude de faisabilité sont en cours d’examen par les autorités, la compagnie minière pose déjà les jalons d’une transformation sociale d’envergure.
La Phase 1 du projet Kon Kweni s’annonce comme un puissant moteur économique avec la création planifiée de plus de 1 500 emplois directs. Mais la véritable innovation réside dans la méthode de recrutement. La priorité est accordée aux résidents de la préfecture de Lola. Pour y parvenir, la SMFG s’appuie sur un capital précieux : plus de quinze ans d’études de référence sociale et de recensements communautaires approfondis dans la région.
« Notre objectif n’est pas seulement d’extraire du minerai, mais d’enraciner durablement la valeur créée au sein des communautés qui nous accueillent. En recrutant localement, nous offrons une alternative viable à l’exode des jeunes et nous contribuons à stabiliser la région de N’Zérékoré», explique un responsable de la direction de la SMFG.
Cette approche vise également à freiner les flux migratoires spontanés vers l’intérieur de la région, souvent synonymes de pressions accrues sur les terres et les infrastructures locales. L’impact ne se limitera pas aux barrières de la mine : durant la phase de construction, plus de 4 000 emplois indirects (bâtiment, logistique, hôtellerie, transports) devraient irriguer l’économie de Lola et de toute la région de N’Zérékoré.
Santé, gouvernance et biodiversité
Pour la SMFG, le développement des compétences dépasse largement le cadre technique des opérations minières. La compagnie a compris que pour bâtir une main-d’œuvre résiliente, il fallait d’abord consolider le tissu social et sanitaire local.

Entre juillet 2025 et mars 2026, un vaste programme communautaire de lutte contre le paludisme a été déployé dans 28 localités des préfectures de Bossou, N’Zoo et Lola. En touchant 14 425 personnes, cette campagne a permis de renforcer les réflexes de prévention et d’optimiser le signalement des cas à l’échelle locale.
Parallèlement, la question de la cohabitation pacifique et de la gouvernance a fait l’objet d’un investissement majeur. En janvier 2026, 155 leaders locaux, membres des conseils municipaux et du Comité de consultation des localités minières (CCLM) ont bénéficié de formations axées sur la gestion des conflits et les relations communautaires.
« Ces ateliers nous donnent les outils nécessaires pour dialoguer avec l’opérateur minier. C’est une opportunité de renforcer nos structures de gouvernance locale et de veiller à ce que la cohabitation reste constructive et bénéfique pour tous », témoigne un élu local de la préfecture de Lola.
Situé dans une zone d’une richesse écologique exceptionnelle, le projet intègre également un volet environnemental. Chaque travailleur, direct ou indirect, reçoit une formation obligatoire sur la protection de la biodiversité et des espèces menacées, assortie d’une interdiction formelle de chasser ou de perturber la faune environnante.
Une transition inclusive et sensible au genre
Dans une préfecture où le secteur informel absorbe le majorité des actifs, la formation continué devient la clé de voûte de l’ascension professionnelle. En 2025, plus de 30 % des employés de Kon Kweni ont bénéficié de programmes de renforcement des compétences, qu’il s’agisse de formations techniques (conduite d’engins lourds, maintenance industrielle) ou de programmes d’accompagnement des profils juniors vers des postes d’encadrement qualifiés.
Le projet se distingue également par son approche sensible au genre. Traditionnellement marginalisées sur le marché de l’emploi formel et limitées dans leur accès aux opportunités économiques, les femmes de Lola font l’objet d’un plan d’inclusion ciblé. De la diffusion de l’information aux processus de recrutement, la SMFG s’efforce de lever les barrières culturelles et structurelles, en parfaite conformité avec le droit du travail guinéen et les standards internationaux.

« Voir des femmes de notre communauté apprendre à conduire des engins ou à gérer des équipes techniques change complètement les mentalités ici. Cela nous prouve que le secteur formel ne nous est plus interdit et que nous pouvons, nous aussi, assurer la sécurité financière de nos familles », confie, une habitante de Lola ayant suivi l’un des récents programmes d’information de la compagnie.
Les discussions techniques se poursuivent avec le gouvernement guinéen pour lancer officiellement les opérations à Kon Kweni.
Focus Africaguinee.com
Créé le 4 juin 2026 16:41Nous vous proposons aussi
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