Prochaines Élections, relance dialogue : Bah Oury fait des annonces…

CONAKRY- Au lendemain de la large victoire du « OUI » au référendum constitutionnel selon les résultats provisoires, le gouvernement guinéen réaffirme que l’élections présidentielle et le législatives auront bien lieu en 2025. Répondant aux questions d’un pool de journalistes dont un d’Africaguinee.com, le Premier ministre Amadou Oury Bah a fait des annonces par rapport à la relance du dialogue. Mais il appelle les acteurs politiques à l’humilité et à la remise en question.

Est-ce que l’élection présidentielles et les législatives auront lieu en 2025, comme ça avait été annoncé précédemment ?

Comme vous le savez, le Président de la République avait déjà indiqué dès le début de l’année 2025 que l’année 2025 sera une année électorale. Le référendum constitutionnel est une consultation du peuple de Guinée. On vient de franchir cette étape. Donc les élections sont programmées pour cette année. Inch’Allah.

Comment interprétez-vous les résultats au vu de l’appel au boycott lancé par certaines grandes figures de la classe politique ?

Par rapport au vote, malgré l’appel au boycott, je pense qu’il faut mettre en avant le principe de réalité. Une étape historique est en train d’être tournée. Je comprends qu’il y ait des réticences à accepter de reconnaître qu’une page historique est tournée, et définitivement tournée.

Parce que sinon, de quel droit, de quelle impunité devrons-nous mettre en avant pour dénier l’expression souveraine d’un peuple qui, avec un taux de participation de 86,36%, est un oui de l’ordre de près de 90%, considérer que cela est une mascarade ? (…). J’estime que c’est l’expression d’un mépris profond pour la grande majorité de cette population. Et le peuple rendra certainement la monnaie de la pièce, et ceci n’est que le début.

Il y a eu des « non » lors de ce référendum. Envisagez-vous un dialogue avec l’ensemble des partis politiques, de l’opposition, de la société civile, etc. ?

Comme je l’ai mentionné dans le texte préliminaire, nous avons besoin de contre-pouvoirs efficaces. La nécessité d’avoir des contre-pouvoirs efficaces dans une société repose sur le fait de permettre à toutes les forces impliquées dans ce processus de refléter une certaine qualité, un sens élevé de responsabilité, et une vision ouverte et constructive. Ce sont ces éléments qui garantiront l’efficacité de ces contre-pouvoirs.

Cependant, des contre-pouvoirs qui cherchent uniquement à discréditer, à ternir l’image des autres et à nier la réalité, tôt ou tard, dans une société en perpétuelle évolution et modernisation, perdront leur influence. Par la force des choses et les dynamiques naturelles de la société, ils ne parviendront plus à trouver des personnes prêtes à les écouter ou à les suivre. Ils devraient faire preuve d’humilité et prendre le temps de réfléchir au sens du vote massif, à la large participation – près de 90 % –, et se questionner sur leurs actions par rapport à l’évolution de la Guinée d’aujourd’hui. Je l’ai toujours dit : la Guinée d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui.

À tous les niveaux, chacun doit réajuster son analyse. Ce changement de paradigme est déjà présent dans de nombreux esprits. Quand j’entends la presse internationale parler encore de « leaders principaux« , de « partis essentiels« , je me dis : « Aujourd’hui, peu importe qu’un camp soit à 90 % et l’autre à 10 %. » La règle démocratique est claire.

Mais nous maintenons le dialogue. Nous allons continuer à œuvrer pour renforcer la cohésion et le vivre ensemble dans ce pays. Notre appel se dirige avant tout vers la recherche de la positivité dans les contradictions.

Il ne faut pas que je dise : « Je suis systématiquement contre vous parce que c’est vous. » Allons au fond des choses. Menons un débat profond. Critiquons les approches programmatiques. Opposons des projets de société. C’est ainsi que nous qualifierons notre démocratie et accepterons les positions de l’autre, sans que ce soit systématiquement un rejet fondé sur une opposition personnelle.

Je pense que c’est une leçon importante. Et cela vaut non seulement pour la Guinée, mais aussi pour les autres pays africains. Nous devons adopter une approche plus intelligente, plus novatrice, plus fraternelle et plus exigeante dans nos oppositions et nos programmes en termes de projets de société.

Ne mettons pas systématiquement notre égo au-dessus des intérêts de millions et de millions de personnes. Malheureusement, cette humilité manque dans la société moderne d’aujourd’hui. Mais notre objectif est de remettre en avant des valeurs traditionnelles, présentes dans nos cultures et dans nos façons de faire, pour nous permettre d’avancer.

Propose recueillis par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 25 septembre 2025 11:32

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: , ,