Processus Électoral : Djenabou Touré « sort de ses gonds » et recadre sèchement le BL et le FRONDEG

CONAKRY-Face aux accusations d’irrégularités portées par le Bloc Libéral (BL) de Faya Millimouno et le FRONDEG de Yéro Baldé concernant les élections législatives et communales du 31 mai 2026, la Directrice Générale des Élections (DGE) a rompu le silence ce jeudi. Lors d’une conférence de presse animée ce soir, Madame Camara Djenabou Touré, visiblement “exaspérée”, a multiplié les mises au point juridiques et les piques personnelles, dénonçant une volonté de « saper » le processus.

Alors que les états-majors du BL et du FRONDEG crient aux “manquements”, la réponse de la patronne de la DGE est ferme. Sans détour, Madame Camara Djenabou Touré a tenu à mettre les points sur les « i », fustigeant l’attitude de certains leaders politiques qu’elle accuse de ne pas assumer leurs propres défaillances.

« Qu’on arrête de nous amuser » : La question des cautions

Le premier point de friction concerne le rejet de certaines listes pour défaut de paiement de caution. Pour la DGE, la loi est pourtant claire, et les arguments de « manque de liquidités » ne sauraient constituer une excuse légale.

« Je prends cette lettre qui date du mercredi 8 avril […] du BL. On a fini les dépôts le 3 à 00 heure. […] Il sollicite l’acceptation des dossiers en disant : bien que les dits dossiers aient été régulièrement déposés dans le délai requis, le paiement des cautions y afférents a connu un léger retard dû à des contraintes temporaires de liquidité. […] Qu’on arrête de nous amuser. Vous écrivez un courrier le 8. Vous dites que la loi dit que l’arrêt du dépôt de caution c’est le 9. Jusqu’au 8, vous avez eu la possibilité. Mais jusqu’au 9, vous n’avez pas de caution. Si vous n’avez pas de caution, votre liste est rejetée », a-t-elle martelé.

Le cas Faya Millimouno, une légitimité contestée par la DGE

Selon Madame Djenabou Touré, Dr Faya Millimouno n’aurait juridiquement plus le droit de s’exprimer au nom du Bloc Libéral.

« Publiquement, vous avez fait un congrès. Vous avez démissionné ou vous n’avez pas été élu président de votre parti. Vous avez passé la main à un président de parti. Allons dans les textes de loi. Vous ne devrez plus parler publiquement, même si vous êtes un président d’honneur au nom de ce parti. C’est Oumar Sanoh qui doit conduire le Bloc Libéral, mais pas docteur Lansana Faya Millimouno. […] Dr Faya n’a rien à dire sur ces élections », enchaîne-t-elle.

La DGE a d’ailleurs insisté sur le fait que la DGE possède les preuves de cette passation de pouvoir : « J’ai encore le procès-verbal ici, dans cette salle où il n’est plus président du BL. Où il a été félicité par la presse pour dire qu’il a donné l’exemple alors que d’autres s’accrochent… Lui, il est parti. Partir sans partir, non. »

Une gestion « sereine » face aux « faux actes »

Concernant les accusations d’irrégularités documentaires, Djenabou Touré a balayé les critiques d’un revers de main, affirmant se baser uniquement sur les validations officielles fournies par les services compétents, notamment médicaux: « Je ne fais pas la politique. Parce que quand je n’ai pas le courage de dire ce que je veux en face, je ne vais pas dormir. […] On a des faux actes ici. Mais puisqu’un acte d’un médecin me dit qu’ils ont été rétablis, je m’en fous du reste. »

Elle a également évoqué les pressions du FRONDEG de Yéro Baldé qui annonce s’être retiré du processus : « Les candidats du FRONDEG qui disent : nous avons cotisé pour payer nos cautions, nous restons sur les listes, vous ne nous enlevez pas. Maintenant, on va écrire à la Cour suprême pour demander son avis sur cette question aussi. Donc tout ça, c’est des complications qui viennent dans les élections où on doit être en mesure de les gérer de façon sereine. »

Refuser la prise d’otage du peuple

La Directrice de la DGE prévient que l’institution ne se laisserait pas intimider par ce qu’elle qualifie de « préparation des esprits » au conflit. « On a pris l’habitude en Guinée de préparer l’esprit au contentieux, mais au-delà, au conflit post-électoral. Il n’y a pas de conflit post-électoral tant qu’on sera là, parce qu’on a la faculté d’expliquer et de faire comprendre au peuple ce qui se passe. On ne prendra pas le peuple en otage. »

Nous y reviendrons!

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 30 avril 2026 19:57

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