Guinée: Le destin contrasté des anciens dignitaires 4 ans après la chute d’Alpha Condé…
CONAKRY – En Guinée, quatre ans se sont écoulés depuis la chute du régime du président Alpha Condé ! Le 5 septembre 2021 alors que tout semblait calme, le Général Mamadi Doumbouya, colonel à l’époque, a créé la surprise en renversant le locataire du palais Sékhoutouréyah, élus quelques mois plutôt à un troisième mandat controversé, émaillé par une répression sanglante. Ce coup d’État inattendu a bouleversé la situation politique, économique et sociale de la plupart des anciens dignitaires.

Depuis cette date, les anciens dirigeants du pays ont connu des fortunes diverses. Si certaines ont trouvé la manie et le moyen de s’approcher des nouvelles autorités, d’autres en revanche sont restés jusque-là fidèles au président déchu et au RPG Arc-en-ciel. Ces derniers ont retrouvé la vie ordinaire qu’ils menaient avant d’intégrer l’exécutif guinéen, tandis que certains de leurs collègues ont encore maille avec la justice. Mais à quoi ressemble aujourd’hui leur quotidien ? Comment vivent-ils ?
Entre, prison, retour aux affaires, exil, quête de survie…les anciens dignitaires ont un destin contrasté 4 ans après la chute d’Alpha Condé, a constaté Africaguinee.com.
La vie, c’est comme les dents d’une scie
« Avant d’être ministre, il y en a qui avaient le minimum. On travaillait, on avait des réalisations comme des plantations, et autres. Mais tu ne peux pas toujours vivre au même niveau de vie que lorsque tu étais ministre ou directeur. C’est ce qui pousse certains à vendre leur dignité. La vie, c’est comme les dents d’une scie : il y a des hauts et des bas. Le minimum que tu avais avant d’être ministre, il faut continuer à vivre avec. C’est comme ça que nous vivons », a expliqué un ancien ministre d’Alpha Condé.

« C’est ce qui pousse certains à vendre leur dignité »
Pour lui, c’est surtout le décalage entre le train de vie d’avant et celui du pouvoir qui fragilise certains anciens dignitaires. « Si un ancien responsable n’avait pas le minimum avant et veut continuer à mener une vie de luxe après le coup d’État, c’est ce qui le conduit à vendre sa dignité », ajoute-t-il.
« Le bonheur, c’est dans la tête »
Cet ancien dignitaire insiste également sur la relativité du bonheur : « Le bonheur, c’est dans la tête, c’est relatif. Même l’homme le plus riche au monde, Elon Musk, lorsqu’il a voulu avoir plus en s’alliant à Donald Trump, n’ayant pas réussi, il a fini par démissionner. Cela montre que certains hommes, quelle que soit leur richesse, en veulent toujours davantage. Mais tu peux avoir le minimum et être plus heureux que l’homme le plus riche au monde. Dieu existe, il défend toujours ses enfants », se résigne-t-il.
Après le coup du 5 septembre, les autorités de la transition avaient pris des mesures restrictives contre certains dignitaires du régime renversé, notamment l’interdiction de sortie du territoire et le gel des comptes bancaires. Cette mesure longtemps restée en vigueur a été levée pour certains. Comme le témoigne cette autre ancienne ministre.
La vie continue
« Personnellement, je n’ai jamais eu de problème avec les autorités actuelles depuis la chute du régime d’Alpha Condé. Le gel des comptes a été levé depuis longtemps, maintenant ça va. Je mène mes activités, et la vie continue », témoigne une ancienne membre du gouvernement de Kassory Fofana.
Si certains anciens ministres vivent aujourd’hui comme des citoyens ordinaires, d’autres, à l’image de l’ex-Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, sont privés de liberté pour des faits présumés de corruption, détournement de biens publics, enrichissement illicite et autres infractions relevées par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Quelques-uns ont toutefois bénéficié d’une liberté provisoire à l’issue de procédures judiciaires. Un autre groupe a fait profil bas, bien qu’ayant pris la route de l’exil.
D’autres, même sans avoir été nommés à de nouvelles fonctions, ont choisi de se rapprocher des autorités de la transition et participent activement à la vulgarisation des actions du CNRD et surtout à la campagne pour le « Oui » au référendum du 21 septembre 2025.
A suivre!
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
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