Paris: un scandale de 51 000 euros secoue la Coordination des Associations Guinéennes de France

PARIS – C’est une découverte qui s’apparente à un scandale financier et qui fait grand bruit au sein de la Coordination des Associations Guinéennes de France (CAGF). Des membres du bureau accusent l’actuel président, Daouda Conté, de malversations portant sur environ 51 000 euros, qui auraient été sortis frauduleusement du compte de l’organisation en l’espace de quelques mois.

Africaguinee.com a interrogé certains acteurs de la CAGF qui confirment ces malversations et les imputent à Daouda Conté. Ils l’accusent d’avoir utilisé une société “écran” créée opportunément pour justifier les décaissements après la découverte du pot aux roses. De son côté, M. Conté, également interrogé par notre journal électronique, a pris sa défense. Il ne nie aucunement avoir décaissé la somme estimée à 51 000 euros, mais il justifie ces dépenses par le remboursement de frais ainsi que par le financement de projets via une société en Guinée. Daouda Conté confie qu’il s’agit d’une voie légale de sortie d’argent, comme cela serait de tradition selon lui. Il précise simplement que le bureau rejette désormais son rapport.

Comment la sortie d’argent a-t-elle été découverte ?

Alhassane Diallo est issu de la même association d’origine que Daouda Conté. Il est à l’origine de la découverte des mouvements de fonds entre les comptes de la CAGF et ceux de la FAG (la fédération régionale d’où vient Daouda Conté pour présider la CAGF). C’est de là que la situation aurait été signalée. S’en est suivie une demande d’explications.

« J’étais le président des associations guinéennes de la région Nord. Notre fédération a été créée en 2018 pour réunir les associations de Guinéens dans cette région autour du développement à destination de la Guinée. La deuxième vision était de fédérer toutes les actions visant à réunir la diaspora guinéenne en France ; c’est pourquoi, en 2019, nous avons adhéré à la Coordination des Associations Guinéennes de France, la CAGF. Aujourd’hui, la CAGF tout comme la fédération des Hauts-de-France sont intimement liées dans ce dossier de détournement parce que nous avons une personne en commun. Il s’agit du trésorier de notre association d’origine dont je suis le président, bien qu’il ait manigancé pour renverser l’équipe qui était en place.

Alhassane Diallo

Pour vous faire comprendre : la fédération des Hauts-de-France est régionale, donc au compte de la région Nord. La CAGF, elle, est la coordination nationale de tous les Guinéens établis en France ; chaque association désigne un membre pour y adhérer. Actuellement, le président de la CAGF, Daouda Conté, est issu de notre association régionale, dont il est également le trésorier. Nous avons constaté qu’il y avait des difficultés à envoyer des fonds en Guinée dans le cadre de nos projets au pays. Toutes ces années, il a eu à gérer les fonds en catimini avec la confiance que nous avions placée en lui. Le blocage s’est avéré flagrant face à l’envoi de plus de 24 000 euros dans le cadre d’une opération alimentaire au mois d’avril 2025. Je me suis levé pour que Daouda Conté envoie les fonds, mais malheureusement il n’y avait rien, tout avait été dilapidé.

Qu’a fait Daouda Conté ? Je précise qu’il est trésorier de notre fédération régionale, mais aussi président de la CAGF nationale. Il a organisé une fronde contre moi en essayant de mentir au bureau, prétendant que nous avions refusé d’organiser l’assemblée générale, alors que nous étions à trois mois du délai imparti. L’une des raisons de ce délai était le fait que nous n’avions pas récupéré l’accès au compte bancaire de l’association pour établir le bilan financier. Daouda a vu cela et s’est mis en avant pour renverser notre équipe. Quand il a organisé la fronde, nous n’avions pas accès aux informations du compte. Toutefois, nous avons saisi la banque pour obtenir les relevés.

Le constat est sans appel : nous avons vu que le détournement ne concernait pas que notre association régionale. Nous avons constaté un détournement de plus de 50 000 euros sur le compte de la coordination nationale, la CAGF. En tant que président du bureau sortant, il était de mon devoir d’alerter. J’ai envoyé un courrier demandant des informations sur des mouvements de compte récurrents sur le compte de notre fédération en provenance de la CAGF. En fait, Daouda Conté prenait de l’argent sur le compte de la CAGF pour le verser sur celui de la FAG (Hauts-de-France), alors qu’aucune convention n’existait entre les deux structures. Cette situation mettait en danger ma personne et les membres de mon bureau. Il fallait immédiatement écrire à la CAGF pour savoir pourquoi son président effectuait de tels virements. La CAGF a pris le dossier en main et s’est rendu compte qu’elle était victime de détournement de fonds à grande échelle.

Daouda a opéré à deux niveaux : à l’association régionale, notre compte était créditeur de 60 662 euros, mais après vérification, il ne restait que 25 000 euros. Environ 35 000 euros ont donc été sortis par le trésorier. Au niveau national, il y a plus de 51 000 euros injustifiés. Le problème est que Daouda soutirait l’argent du compte national pour le verser sur celui de la structure régionale, mais le tout transitait par son compte bancaire personnel. Voici l’état des lieux. »

Plus de 400 millions versés à la société « DOUBLE-FACE » en Guinée

Le bureau de la CAGF, doutant de l’existence réelle de cette société ayant encaissé une partie des 51 000 euros, a ouvert une enquête via un cabinet d’huissier à Conakry. Tahirou Bah, membre et ancien trésorier de la CAGF, explique :

Tahirou Bah

« Daouda a fait transiter des fonds sur le compte d’une société du nom de « Double-Face » en Guinée. Le paradoxe est que nous avons reçu des attestations de versement s’élevant à plus de 440 millions de francs guinéens. À travers un huissier, nous avons vérifié l’existence de cette société. Les documents ont révélé qu’elle n’a été créée que le 18 septembre 2025, soit après la découverte des malversations en France le 12 septembre. Elle a été opportunément créée pour servir d’écran. Plus grave encore, cette société a produit des offres de prestations en mai 2025 et des factures avec un numéro RCCM qui n’existait pas à ce moment-là. Tout ceci décrit un faux et usage de faux. L’huissier a confirmé au tribunal du commerce et aux impôts que la société est née en septembre, alors que nous avons des factures de plus de 400 millions antérieures à sa création. C’est pourquoi le justificatif de Daouda Conté a été rejeté et une démarche de remboursement a été engagée, mais la société ne se montre pas coopérative », explique-t-il.

Échelon des sorties (2025) :

  • Solde au 31 janvier : 41 803 €
  • Février : 29 602 € (sans justificatif)
  • Mars : 11 275 €
  • Avril : 7 650 €
  • Mai : 361 €
  • Juin : 289 €
  • Juillet : 1 095 €
  • Août : 3 150 €
  • Solde au 1er septembre : 102 €

Tahirou Bah note que pendant cette période, il y a eu un peu plus de 12 000 euros d’entrée d’argent notamment via le partenaire historique de la CAGF qui est le FORIM (Forum des organisations issues de la migration). Voir rapport:

« Il y a un conflit d’intérêt derrière ces bruits », déclare Daouda Conté

Joint par Africaguinee.com, Daouda Conté se défend et justifie l’utilisation des fonds par des projets en Guinée et des frais de fonctionnement :

Daouda Conté

« Les 51 000 euros sortis ne sont pas tous allés dans des projets ; une partie a servi au remboursement de frais, dont une copie du rapport a été transmise au bureau. Transport, hôtels, restauration… tout est inclus. Le reste constitue des financements en Guinée.

Il y a un conflit d’intérêt qui est à l’origine de ces bruits. Nous avons passé une deuxième année de mandat très tendue. À un moment, j’ai convoqué une assemblée générale, ils ne sont pas venus. Les présents ont donc statué pour mettre en place un conseil d’administration provisoire.

Comme nos détracteurs ne pouvaient pas nous atteindre, ils ont fait un courrier pour retracer les virements entre la fédération et la coordination nationale pour semer le désordre. Ils ont fait un courrier à charge contre moi sans même consulter le trésorier de la fédération (moi-même). J’ai réuni les bureaux et, en deux semaines, j’ai présenté toutes les preuves. J’ai proposé un comité interne d’audit, mais ils ont mis en place une commission composée de personnes que nous n’avions pas désignées, en écartant les nôtres. C’est une commission à charge pour m’incriminer. On me reproche d’avoir décaissé sans informer le CA, mais une telle saisine préalable n’a jamais existé à la CAGF. De 2021 à 2024, quand je n’étais pas président, plus de 100 000 euros ont été décaissés sans validation préalable. Je n’ai pas considéré cela comme un détournement à l’époque, donc mon cas ne doit pas l’être non plus. En tant que trésorier de la fédération régionale, le président ne m’a d’ailleurs jamais demandé mon avis sur les décaissements, il m’informait juste. »

Daouda Conté

Aaux dernières nouvelles, la CAGF envisage de déposer une plainte contre Daouda Conté pour le remboursement des fonds non justifiés. Ci-dessous quelques documents qui jettent la lumière sur ce bras de fer dont l’issue promet d’être houleuse.

👉DOC-20250929-WA0091.

👉DOC-20250929-WA0092.

👉DOC-20250929-WA0093._compressed

👉Facture_0017-2025-DFA

👉20251120_CAGF_RAPPORT-FINAL_DE-LA-COMMISSION-DE-_2_260111_173017

👉MÃ_MOIRE EN RÃ_FUTATION ET CONTRE-RAPPORT D’EXPERTISE

Nous y reviendrons  !

Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Tél: (+224) 664 93 45 45

Créé le 12 janvier 2026 07:27

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