Panne d’Électricité à Labé : les habitants redoutent des conséquences “lourdes”…

LABÉ – Au lendemain d’une nuit sans électricité, la ville de Labé est confrontée aux graves répercussions d’une panne majeure survenue au poste 225 Kv de Garambé. L’agence régionale d’EDG (Électricité de Guinée) a confirmé que cette interruption, bien plus qu’une coupure habituelle, nécessite un diagnostic approfondi pour réparation, plongeant les résidents et les entreprises dans l’incertitude.

Des secteurs clés à l’arrêt

La coupure de courant a paralysé de nombreux secteurs d’activité essentiels à Labé. Les fonderies, poissonneries, ateliers de soudure et de menuiserie sont à l’arrêt complet. Thierno Mamoudou Diallo, menuisier au quartier Konkola, exprime son désarroi : « Notre atelier fonctionne 100% grâce à l’électricité. Pour scier, raboter et même frotter les bois, il nous faut du courant. Nous nous étions débarrassés de tous les groupes électrogènes tellement nous étions tranquilles. » Il souligne l’absence d’alternative et l’urgence d’une intervention gouvernementale.

Nos activités sont à l’arrêt. Je suis assis, me voyez-vous ? Ces dommages surviennent à un moment inattendu, nous n’avions envisagé aucune alternative. Nous étions si habitués à la desserte régulière que nous n’imaginons jamais qu’une panne allait arriver en ce moment. On s’est débarrassé de tous les groupes électrogènes tellement qu’on était tranquille. Vivement la prise en charge du problème par le gouvernement en toute urgence », lance  ce maître menuisier.

Dans les ateliers de soudure aussi, il n’y a aucune activité. Tout le monde attend les dernières informations sur la panne. Boubacar Kanté a libéré ses apprentis et ses collaborateurs en attendant de connaître un programme de dépannage et de desserte :

« Nous avons une grande inquiétude. Hier soir, nous avons dormi sans courant certes mais avec moins de peur. Ce matin quand nous avons eu l’information que c’était une panne grave, nous sommes éprouvés. Vous le savez déjà, Labé est habitué au courant. Nous dépendons de l’électricité. En plus des familles, nous les soudeurs, nous travaillons grâce au courant. Aujourd’hui nous sommes inquiets. Nous ignorons combien de temps cela prendra. La nuit d’hier a été très longue pour moi. Même nos enfants avaient peur de sortir se mettre à l’aise à cause de l’obscurité. L’utilité du courant est sans égale dans notre quotidien, nous avons beaucoup de travaux urgents ici mais nous n’avons pas le choix que d’attendre. Même le réseau d’eau potable de la ville dépend du courant à Labé. Voyez-vous combien le besoin est énorme ».

Les vendeuses de boissons naturelles, dont l’activité dépend fortement de la réfrigération, redoutent des pertes importantes. Kadiatou Kourouma, qui transforme des produits locaux en boissons, est sous le choc :

« J’ai produit une importante quantité de boissons naturelles. Les congélateurs sont pleins de conserves. Je n’ai aucune solution pour minimiser les pertes. C’est un choc interne qui me ronge. Personne n’a le courant chez lui aujourd’hui à Labé. Je prie Dieu de faciliter l’obtention de la pièce endommagée afin de sortir Labé du manque de courant ». 

Les ménages sont également durement touchés. Aminatou Bah, une mère de famille, craint que ses provisions stockées au réfrigérateur ne pourrissent. « Regardez dans mon réfrigérateur, il est rempli, c’est des provisions de plusieurs jours que nous avons ici. Le courant nous est assez utile. Il faut une solution urgente sinon les pertes seront énormes pour les populations. Depuis la stabilité du courant je prépare une fois par semaine, je mets tout au frais, c’est bon et c’est vraiment reposant, c’est le riz seulement qu’on prépare au quotidien, les sauces c’est par semaine. Nous sommes habitués au courant, nous ne pouvons plus nous en passer, tous nos téléphones sont déchargés. Le contenu du frigo une partie est bonne déjà pour la poubelle ».

Mariama Dalanda Diallo a déjà constaté la détérioration de certains condiments. La préparation des repas, la conservation des aliments et même le rechargement des téléphones sont devenus des défis majeurs.

« Nous nous tournons vers le gouvernement pour lui demander de tout faire pour réparer la panne. Nous avons vu le communiqué qui annonce la panne, nous voulons voir aussi celui qui indique que les travaux de réparation ont commencé. Nous avons du gingembre ici, des carottes et d’autres condiments, il fait chaud déjà dans le frigo.  Hier par exemple je n’avais pas branché parce qu’il y avait moins de choses dedans, je me suis approvisionnée le soir espérant que le courant reviendra malheureusement c’est une mauvaise nouvelle », explique-t-elle.

La société des eaux de Guinée (SEG) pourrait également connaître des perturbations dans la desserte en eau, ses circuits étant alimentés par le courant d’EDG.

Des médias  hors circuit

La panne électrique a également mis hors service la plupart des médias. Les stations locales publiques -radio nationale (88.5), ainsi que des chaînes étrangères populaires comme RFI (89.9) et BBC (93.9), ont cessé d’émettre. Seule la radio rurale de Labé parvient à diffuser ses programmes sur un rayon très limité, couvrant seulement quatre quartiers du centre-ville, selon les informations confirmées par un gestionnaire du centre émetteur de Dianyabhè.

Urgence d’une solution

L’inquiétude monte au sein de la population. Boubacar Kanté, un soudeur, résume le sentiment général : « Labé est habitué au courant. Nous dépendons de l’électricité. Nous ignorons combien de temps cela prendra. »

Les habitants de Labé sont désormais visibles à la recherche de sources d’énergie pour leurs téléphones et autres appareils essentiels. L’OMVG (Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie) a été informée de la panne, et des concertations sont en cours pour analyser la situation et déterminer les prochaines étapes. Du côté de la Guinée, la direction générale d’EDG tente de prendre des mesures palliatives en attendant une solution durable.

La ville est plongée dans le noir, et l’urgence d’une action rapide du gouvernement et des entités concernées est soulignée par tous les citoyens éprouvés.

Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 9 juillet 2025 18:24

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