Paiement des bourses, toilettage du fichier, cas des fictifs : les confidences de Mohamed Bamba Camara, Directeur du SNABE…

CONAKRY-Alors que des boursiers guinéens établis à l’étrangers crient à l’abandon et menacent de déclencher une grève, le Directeur Général du Service National des Bourses Extérieures (SNABE) vient de faire une annonce qui devrait les « réconforter ». Dans une interview accordée à Africaguinee.com Mohamed Bamba Camara, annonce que la paie n’est plus qu’une question de jours. Dans cet entretien, il revient sur le processus du toilettage du fichier des boursiers de l’Etat et soulève un certain nombre de difficultés auxquelles son service est confronté. Bonne lecture !!!

AFRICAGUINEE.COM : Depuis quelques jours les boursiers guinéens réclament le paiement de leurs bourses d’entretien de plusieurs mois. Qu’est ce qui explique ce retard ?

MOHAMED BAMBA CAMARA : Merci tout d’abord pour cette opportunité. Comme je l’ai souvent dit aux journalistes qui m’appellent, les portes de notre direction sont ouvertes pour toute information. Quiconque veut avoir des informations venez, on vous dira notre version. C’est toujours mieux comme ça. C’est plus constructif que d’aller dans des suppositions ou des interprétations quelquefois non fondées sur des faits réels. Alors, aujourd’hui, les étudiants ne sont pas payés, c’est vrai. Mais normalement, j’attends la confirmation, ça pourrait l’être ce soir ou demain. Dans l’un ou l’autre, sachez que les virements ont été faits.

Quant aux problèmes (de retard), je les rattacherai à la lourdeur administrative. Il y a un travail qui est fait chez nous, qui passe dans d’autres services. Tous ceux qui me demandent « quand est-ce qu’ils seront payés », je refuse de leur donner une date parce qu’il y a une partie du processus qui dépend du SNABE (service national des bourses extérieures). Je parle de la partie papier, la partie décisions, ceux à qui les bourses sont attribuées. Il y a une autre partie qui relève du circuit financier. Ce n’est pas moi qui le gère. Donc, nous, nous avons transmis tous les dossiers. Maintenant, on suit le circuit qui est arrivé avec l’implication de Monsieur le ministre du Budget, l’implication des membres du CNT. Et donc, aujourd’hui je peux vous assurer que dans les jours à venir, ça devrait être sur les comptes.

Quelles sont les mesures que vous êtes en train de prendre en tant que directeur de ce service pour résoudre ce problème ?

Chez nous, les mesures ont été prises. Dès cette année universitaire, nous allons commencer à anticiper les choses ce qu’on ne pouvait pas faire les années passées. Nous avons aujourd’hui une base des données qui nous permet, dès le mois de septembre, d’établir la liste de tous ceux qui sont boursiers pour l’année à venir, également les nouveaux qui partent cette année. On peut déjà établir une liste fiable qu’on va dès fin septembre, transmettre aux circuits financiers. Je pense que ça va beaucoup aider.

Ça nous laissera le temps de voir les choses se faire et avec l’implication aussi de toute la hiérarchie, je pense que les choses vont s’assouplir un peu. Le ministre du Budget est fortement impliqué, le ministre directeur de cabinet est fortement impliqué, le ministre secrétaire général de la présidence est fortement impliqué. Donc avec tout cela, je pense que la priorité que constitue la problématique des bourses va être complètement intégrée.

Quelle assurance avez-vous à donner aux boursiers ?

Je leur dis de regarder sur les comptes, ceux qui ont configuré leurs comptes ça devrait être crédité dans les jours à venir, mais là à mon niveau c’est la seule assurance. Et vous savez, tout le monde se tourne vers le SNABE, c’est normal, nous sommes le service qui vient résoudre le problème de bourse en Guinée. Cependant nous n’avons pas les fonds. Ce n’est pas comme si nous avions de l’argent sur nous et que nous faisons exprès de ne pas payer, non ! On ne peut pas, on n’a pas la main. Nous, ce qu’on fait, quand ça arrive, on le traite, on le transfère. Maintenant, le temps que ça va prendre qui intègre d’autres services, nous ne le maîtrisons pas.

En 2023, vous nous aviez accordé une interview dans laquelle vous annonciez le toilettage du fichier des boursiers extérieurs de l’Etat guinéen. Où en êtes-vous ?

Ce n’est pas de cela dont je vous parle aujourd’hui. Nous avons une base des données qu’on peut qualifier de fiable. Mais vous savez, le toilettage est un travail au quotidien parce que je le dis encore cette année, avec tout ce qu’on avait fait lors de la biométrie, on a vu qu’il y avait encore des noms des fictifs ou des gens qui sont partis pour d’autres études qui ne sont plus dans le cadre des bourses dans les pays où l’Etat les a envoyés. Donc, au fur et à mesure qu’on avance, on découvre de nouvelles pratiques, des choses dont on ignorait l’existence.

Par exemple, on découvre, des étudiants qui sont encore dans des Etats, mais qui profitent de dispositions qui existent dans certains pays pour aller faire des stages en France, ils en profitent pour y rester. Tout ce qu’ils font pour aboutir à ça on a mis du temps à le savoir mais on n’a pas communiqué dessus. C’est pourquoi je vous dis septembre déjà, on peut prendre les décisions. Je pense que nous avons une situation plus ou moins claire.

Si je comprends bien les cartes sont disponibles ?

Les cartes ont été validées et elles sont disponibles, nous attendons qu’on nous les livre.

Pourquoi alors le paiement des compléments de bourses traîne souvent ?

Je vous ai répondu, il y a un problème de lourdeur administrative. Le problème c’est que nous ne maîtrisons pas tout le circuit. On a envoyé, maintenant ça passe à différentes étapes. Et ça va venir.

Quel message avez-vous à l’endroit de ces nombreux boursiers de l’Etat qui vous liront à travers cette interview ?

C’est de dire aux étudiants de garder espoir et d’y croire. Je suis très sensible aux difficultés qui sont les leurs. Certains pensent que non. Ceux qui me connaissent bien savent que je suis très sensible à ce genre de situation. J’ai moi-même été étudiant, je sais ce que c’est de ne pas être payé parce que je l’ai vécu, je n’ai pas été payé, je sais ce que ça veut dire. Donc, je ne ferai rien dans le sens de retarder la procédure. Si ce n’est pas fait qu’ils essaient de comprendre que ce n’est pas à mon niveau.

Entretien réalisé Par Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com

Créé le 20 août 2024 09:42

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