Ousmane Gaoual Diallo : « Nous allons organiser le congrès de l’UFDG… »
CONAKRY- « Exclu » de l’UFDG, Ousmane Gaoual Diallo n’abdique pas. L’ex coordinateur de la cellule de communication du parti dirigé par Cellou Dalein Diallo a pourtant perdu récemment une bataille judiciaire dans l’affaire l’opposant à la direction de l’UFDG. Dans cette dernière partie de notre interview, l’actuel ministre des Transports et porte-parole du Gouvernement réagit à la décision du tribunal de première instance de Dixinn qui a rejeté une des requêtes de sa défense. Il fait également des annonces sur le prochain congrès du parti dont il se réclame toujours.
AFRICAGUINEE.COM : Dans le bras de fer qui vous oppose à l’UFDG, vous avez demandé au Tribunal de Dixinn de rejeter Fodé Oussou Fofana comme représentant du parti dans la procédure. Mais le 29 Novembre dernier, une décision le tribunal vous a débouté. Comment réagissez-vous ?
OUSMANE GAOUAL DIALLO : D’abord, j’ai vu l’avocat de l’UFDG se réjouir, mais il se réjouit trop tôt. Qu’est-ce que la décision de justice dit ? Nous avons et maintenons notre position. Fodé Oussou ne peut pas représenter l’UFDG. D’abord, il n’est pas premier vice-président. Il n’y a pas de hiérarchie qui le place là. La deuxième chose, c’est que quand le président du parti est absent de façon prolongée, pour déléguer la gouvernance du parti à quelqu’un, il doit faire un mandat. Moi, quand j’étais absent ici pendant un mois, je fais un acte pour déléguer la signature des actes au Secrétaire Général sinon, il ne peut pas travailler. Même s’il y a des dépenses ici, il ne peut pas les faire. Pour qu’il puisse le faire, je fais un mandat.
L’UFDG est prévue comme ça : Lorsque le Président est absent, il doit faire un mandat. Que Fodé Oussou exhibe le mandat. Et puis, il n’y a rien dans le texte qui le place pour qu’il parle au nom du parti. Mais puisque le juge a estimé qu’il peut parler, il n’y a pas de problème. Nous ne contestons pas. La procédure va continuer car ça, c’est la forme. Le fond va être examiné dans les prochains jours. La forme, c’est quoi ? C’est que sept ou huit personnes se sont assises pour exclure un membre éminent du Conseil politique en lieu et place de 350 personnes qui devaient statuer sur cette question. C’est cela le fond du dossier. Le reste, c’est éphémère.
Mais les mêmes personnes qui se réjouissent de ça, si la décision était contraire, ce sont les mêmes qui allaient dire que la justice c’est ceci, la justice c’est cela. Parce que c’est cela aussi, certains responsables de l’UFDG dont Cellou Dalein. Il ne se réjouit de la justice que lorsque c’est lui qui gagne. Sinon, pour eux, c’est une justice moribonde, aux ordres, aux pas, ceci ou cela. Mais lorsque c’est lui qui gagne, là, c’est une justice exemplaire et tout. On l’a vu, le même qui condamnait la justice dans le cadre de sa villa, se réjouissait de la justice lorsque le verdict dans le massacre du 28 septembre est tombé le 31 juillet dernier.
Ce sont les mêmes appareils judiciaires de notre pays. Donc, il faut savoir toutes les proportions gardées. Nous, nous comptons sur cela. Et puis, qu’à cela ne tienne, nous allons organiser notre congrès. Nous organiserons le congrès de l’UFDG, car cela ne se fera pas à notre insu. On va l’organiser très rapidement.
Une date ?
Nous allons l’organiser dans les deux ou trois mois qui suivent. On va organiser le congrès de l’UFDG. Ceux qui ne viendront pas, c’est tant pis pour eux. Ces gens qui parlent n’ont ni légitimité, ni légalité, pour parler au nom du parti en lieu et place de nous qui sommes là. Donc, aujourd’hui, ils n’ont ni mandat, ni rien du tout.
Et nous l’avons dénoncé dans plusieurs actes. Même Cellou qui parle là, il n’a plus aucun mandat à la tête du parti. Son mandat s’est arrêté en 2020. Le bureau exécutif, ce que les gens ne savent même pas, les personnes qui parlent là, ce n’est pas le conseil politique qui convoque le bureau. Ce n’est pas celui qui convoque le congrès. C’est le bureau exécutif qui convoque le congrès.
Et ce bureau exécutif est composé de 350 personnes qui ne se sont jamais réunies depuis 2020. Depuis 2015, le bureau exécutif de l’UFDG, qui est la direction nationale, ne s’est pas réuni une seule fois.
C’est cette direction nationale qui doit convoquer le congrès. Ce n’est pas celle-là, ce n’est pas Fodé Oussou, ce n’est pas Ousmane Gaoual. En politique, ce n’est pas comme ça que ça marche. Donc, il faut que les gens comprennent bien de quoi il est question. Mais nous, nous travaillons tranquillement et dans la sérénité. Aujourd’hui, nous avons quasiment fini de renouveler les structures de l’UFDG en interne.
Ils renouvellent ce qu’ils pensent être leur structure, tant mieux. Mais nous ferons notre congrès au nom de l’UFDG. Ceux qui ne viendront pas, tant pis pour eux. Mais ce qui est sûr, ça va se faire très rapidement peut-être, dans les deux mois.
Vous vous réclamez responsable de l’UFDG, mais vous n’avez rien dit par rapport aux griefs soulevés contre elle par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation suite à l’évaluation des partis politiques. Pourquoi vous gardez le silence ?
On l’a dit. C’est ce qui fait qu’on a dit qu’il faut changer cette direction. Ils n’ont jamais gouverné avec responsabilité. Cellou Dalein se lève un beau matin, il nomme qui il veut comme membre du bureau exécutif, c’est contraire aux textes du parti. Il exclut qui il veut, c’est contraire aux textes du parti. Le parti a un compte bancaire qui devait enregistrer l’ensemble des mouvements financiers mais ce n’est pas le cas. Il y a un certain nombre de manquements ont été décelés à l’UFDG.
Mais cela s’adresse à la direction actuelle du parti, ce n’est pas aux militants, ce n’est pas aux responsables. Ça s’adresse aux responsables de la direction nationale, parce que ce sont eux qui connaissent. Il n’y a jamais eu de reddition des comptes. On leur demande de fournir la liste des donateurs du parti, mais même nous, on ne les connaît pas. Nous qui parlons là, on ne connaît même pas le budget de la campagne de 2020. Moi je suis membre du conseil politique, mais je ne les connais pas. Parce que les questions financières, c’est Cellou qui les gère, tout seul. Ce n’est pas une partie (des membres). Et on se rend compte que le parti n’a aucun patrimoine. Malgré tous les millions de dollars qu’on a engrangés, en tout cas théoriquement. Donc il faut faire attention.
Donc ces griefs s’adressent à lui (Cellou Dalein Diallo ndlr) et à son équipe restreinte, qui agissent en lieu et place de la direction nationale du parti. La direction nationale de l’UFDG, c’est 350 membres, ça s’appelle le bureau exécutif. Il ne s’est jamais réuni depuis 2015. Donc ceux qui agissent en son nom, c’est comme si les gens agissaient au nom du gouvernement. Quelque part. Ça ne marche pas.
Avez-vous des soutiens parmi ces 350 membres ?
Si je n’avais pas de soutien, je ne serais pas là.
Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 19 décembre 2024 12:05Nous vous proposons aussi
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