« On ne voit les responsables qu’en période de campagne » : Immersion à Tembaya, un village qui attend l’État depuis 1958
KINDIA – Tembaya est l’un des 11 districts de la sous-préfecture de Friguiagbé, relevant de la commune urbaine de Kindia. Considéré comme un vieux district, Tembaya est confronté à un manque criard d’infrastructures sociales de base.

Situé à 5 km de la sous-préfecture de Friguiagbé, ce district, malgré sa proximité avec le centre urbain, n’est pas alimenté en courant électrique. Selon les citoyens de la localité, presque tous les districts environnants ont le courant, sauf Tembaya.
Se rendre à Tembaya est un véritable calvaire à cause d’une route impraticable et très caillouteuse. À cela s’ajoutent le manque d’eau, l’absence de centre de santé, de maison des jeunes, de terrain de football et surtout le manque d’enseignants dans la seule école primaire.

Le district de Tembaya a une population estimée à plus 700 habitants, répartie dans plusieurs secteurs proches d’une forêt classée communautaire verdoyante. Notre correspondant s’est rendu sur place pour partager le quotidien des habitants.
Dans cette immersion, le docteur Alseny Bangoura, président du district de Tembaya, a porté la voix des citoyens : « Tembaya est un vieux district de la sous-préfecture de Friguiagbé. Mais nous avons beaucoup de difficultés. La priorité, c’est l’électricité : nous n’en avons pas. Nos parents ont tout fait, mais sans succès. Ni le gouvernement, ni les personnes de bonne volonté ne nous ont aidés. Pourtant, tous les villages environnants ont le courant sauf nous. Nous demandons aux autorités de nous venir en aide. »

Santé
Depuis 1986, les citoyens attendent la construction d’un centre de santé dont la première pierre avait été posée. Mais jusqu’à aujourd’hui, aucun bâtiment n’a été achevé. Face à la croissance de la population, les jeunes ont décidé de se mobiliser :
« Nous n’avons pas de centre de santé. Les travaux ont commencé en 1986, mais rien n’a été terminé. Récemment, les jeunes ont commencé à construire un mur avec leurs propres moyens. Ici, tomber malade est un problème, car le centre le plus proche est à 5 km. Pour les femmes enceintes, c’est encore plus difficile. Certaines sont obligées de partir en ville avant l’accouchement. »

Éducation
Le district dispose d’une école primaire depuis 1958, mais manque cruellement d’enseignants. Sur six classes, un seul enseignant est disponible pour les élèves.
« Une école sans enseignants n’est pas une école. Nous avons six classes avec un seul enseignant. Nous avons donc recruté deux enseignants communautaires que nous payons grâce à une cotisation mensuelle de 20 000 francs guinéens par parent d’élève. »

Autres besoins
Tembaya ne dispose d’aucun espace de loisirs pour les jeunes, ni de terrain de football. Le district manque également d’eau potable : un seul forage est disponible pour toute la population.
« La jeunesse est nombreuse, mais il n’y a pas de maison des jeunes ni de terrain de football. Nous avons l’espace, mais pas les moyens. Avec une population importante, un seul forage est insuffisant. La route vers Friguiagbé est très difficile. Nos principales activités sont l’agriculture, le commerce et l’élevage. Les groupements de femmes ont aussi besoin de financement. »

Promesses non tenues
Pendant les périodes électorales, les habitants reçoivent de nombreuses promesses, souvent non réalisées, affrime M Sylla. « On ne voit les responsables qu’en période de campagne. Ils font beaucoup de promesses, mais après les élections, plus rien. Depuis l’indépendance en 1958, la seule infrastructure réalisée par l’État est cette école primaire et le début du centre de santé en 1986. »

Face à cette situation, les citoyens de Tembaya lancent un appel aux autorités et aux partenaires au développement afin de bénéficier d’un accompagnement en matière d’infrastructures de base, notamment l’électrification, l’accès à l’eau potable, la santé et l’éducation.
Un reportage de Chérif Kéita
Correspondant d’Africaguinee.com à Kindia
Créé le 22 avril 2026 11:00









