Mandiana : manque de réseau, pénurie d’eau et difficultés agricoles… le cri de cœur des habitants de Niantanina

MANDIANA- Située à plus de cinquante kilomètres du centre-ville de Mandiana, à la frontière entre la Guinée et le Mali, la sous-préfecture de Niantanina fait face à de nombreuses difficultés qui affectent considérablement le quotidien de ses habitants. Entre l’absence quasi permanente de réseau téléphonique, le manque d’eau potable, l’insuffisance d’intrants agricoles et le déficit d’accompagnement des producteurs, les populations locales peinent à améliorer leurs conditions de vie.

Dans cette localité à forte vocation agricole et minière, les citoyens dénoncent un sentiment d’abandon et lancent un appel pressant aux autorités compétentes ainsi qu’aux partenaires au développement.

L’une des principales préoccupations des habitants reste l’absence de couverture téléphonique fiable. Selon plusieurs citoyens rencontrés sur place, il n’est pas rare de passer plusieurs jours sans pouvoir émettre ou recevoir un appel. Cette situation complique les échanges commerciaux, les démarches administratives et même les urgences sanitaires.

« Nous vivons de nombreuses difficultés à cause du manque de réseau. Parfois, pendant plusieurs jours, il est impossible de communiquer avec nos proches ou avec les services administratifs. En cas d’urgence, nous sommes complètement isolés. Aujourd’hui, avoir accès au réseau est devenu une nécessité, mais malheureusement nous sommes privés de ce service essentiel », déplore Karim Sidibé, habitant de la localité.

À Niantanina, l’agriculture demeure la principale activité économique. Pourtant, les producteurs font face à d’importants obstacles qui compromettent leurs récoltes et leurs revenus.

Ibrahima Diakité, planteur dans la localité, explique que les exploitants agricoles sont confrontés à un manque criard d’intrants et à la prolifération des maladies qui affectent les cultures.

« Nous travaillons durement dans nos plantations, mais nous rencontrons beaucoup de problèmes. Nous manquons d’intrants agricoles adaptés à nos besoins. Les insectes ravagent souvent nos cultures et plusieurs fruits pourrissent avant même leur maturité. Nous n’avons pas suffisamment de produits phytosanitaires pour lutter efficacement contre ces maladies. Chaque année, nous enregistrons d’importantes pertes qui réduisent considérablement nos revenus. Si les autorités pouvaient nous accompagner avec des intrants de qualité et des formations techniques, cela améliorerait significativement nos rendements », affirme-t-il.

Les femmes de Niantanina, qui tirent principalement leurs revenus du maraîchage, figurent parmi les couches les plus touchées par ces difficultés. Selon Saran Diallo, porte-parole des femmes maraîchères de la sous-préfecture, le manque d’eau constitue aujourd’hui le principal frein au développement de leurs activités.

« Nous souffrons énormément ici. Le premier problème auquel nous sommes confrontées est le manque d’eau. Pendant la saison sèche, nous parcourons de longues distances pour trouver de l’eau afin d’arroser nos cultures. Cela demande beaucoup d’efforts et réduit notre capacité de production. Sans eau, il devient pratiquement impossible d’obtenir de bonnes récoltes. À cela s’ajoute le manque d’engrais et de semences de qualité. Plusieurs femmes sont contraintes d’abandonner leurs activités faute de moyens financiers », a-t-elle décrit.

Et d’enchaîner : « Nous avons la volonté de travailler et de contribuer au développement de notre communauté, mais nous manquons d’accompagnement. Nous demandons aux autorités, aux ONG et aux partenaires au développement de nous venir en aide. Nous avons besoin d’un soutien financier, d’équipements agricoles, de semences améliorées et de systèmes d’approvisionnement en eau. Nous sommes également confrontées à un autre problème majeur : les animaux détruisent régulièrement nos cultures. Nous avons besoin de clôtures solides pour sécuriser nos périmètres maraîchers et protéger le fruit de notre travail », explique-t-elle.

Face à ces nombreuses difficultés, les habitants de Niantanina interpellent les autorités locales et nationales afin que des solutions durables soient apportées à leurs préoccupations. Ils sollicitent notamment l’amélioration de la couverture téléphonique, la réalisation d’infrastructures hydrauliques, la mise à disposition d’intrants agricoles, ainsi que le renforcement de l’accompagnement des producteurs et des femmes maraîchères.

De retour de Niantanina, Facély Sanoh

Correspondant régional d’Africaguinee.com

A Kankan

Créé le 8 juin 2026 06:45

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