Nzérékoré : Des enseignants boudent les classes, les raisons…

Des enseignants à la quête de la carte d'identité biométrique à Nzérékoré

N'ZÉRÉKORÉ- En Guinée, la carte d'identité biométrique est désormais exigée aux fonctionnaires à compter de mars 2023, pour percevoir leurs salaires. Alors que l'échéance donné par le colonel Mamadi Doumbouya approche, l'obtention de ce fameux sésame est devenue un véritable casse tête pour les fonctionnaires. A N'Zérékoré, les enseignants boudent les salles de classe pour aller à la quête de cette carte. 

Fin février 2023, c'est la date butoir donnée par le Gouvernement. A partir de mars, tout fonctionnaire n'ayant pas sa carte ne percevra pas son salaire.  A date, plusieurs pères et mères de familles se bousculent dans des banques, les mairies et police pour rentrer en possession de ce document, exigé pour la paie du mois de mars prochain. 

A Nzérékoré, nombreux sont des enseignants qui se sont déplacé des différentes préfectures de la région pour la quête de cette carte d'identités biométriques. Parmi eux, beaucoup ont déjà passé plusieurs jours sans rentrer en possession de leurs cartes. La procédure est longue et dure. Plusieurs jours sous le soleil sans suite. Ces enseignants en situation de classe, pointent du doigt le choix d'une seule banque pour le versement au compte de toute la région administrative de Nzérékoré. 

« Ce qui est regrettable, c'est que tout se passe à l'Orabank. Contrairement à ce que le commissaire général a dit Lassé, il a dit qu'il devait avoir Afriland et Orabank. Les deux devaient être concernées. Moi j'ai quitté Macenta je suis venu descendre à Afriland, j'ai demandé on m'a dit qu'ils ne sont pas concernés ce n'est que Orabank. Et vous voyez, il y a trois entités qui sont là. Il y a les étudiants qui sont là, il y a également ceux-là qui doivent participer au recrutement militaire, les fonctionnaires aussi sont là et pour la seule banque. Moi je suis venu ce matin j'ai trouvé qu'il y a une liste ici depuis hier. Une liste de près de 150 personnes. Comme ça là qu'est-ce qu'on va faire? Est-ce que je vais pouvoir retourner à mon poste à temps, pour pouvoir travailler ? Donc c'est vraiment regrettable. 

Tout ce que je peux demander à l'état, par exemple à Macenta, il n y a que la Bicigui là-bas. Au-moins ils n'ont qu'à généraliser à toutes les banques. Quand je prends la forêt de Guéckédou à Yomou, si tout le monde doit rallier ici Orabank uniquement pour la carte d'identité Biométrique à quel moment les gens vont travailler ? A quel moment les gens vont avoir les cartes d'identités Biométriques ?", fustige Paul Kpoulomou professeur en provenance de Macenta.

« Les gens nous pressent pour aller à l'école et en classe. Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Ou-bien on va en classe le moment venu, si tu n'as pas ta carte d'identité biométrique, tu n'auras pas ton salaire. Voyez-vous comment nous sommes paniqués. Tu viens on te dit de donner à Orabank un montant de 160.000fg, on te donne un reçu. Il faut aller à la mairie avec ce reçu, après la mairie encore, revenir à la police. C'est un circuit qui est très long. En tant qu'enseignant, tu peux rester ici pour faire tout ce circuit ? Et les enfants comment ils vont faire? », ajoute Pépé Michel Lamah, directeur de l'école primaire de Wolela. 

"Avec l'unique banque, ce n'est pas facile. Il y a nos collègues qui ont quitté dans les autres localités, nous sommes là, tu peux faire deux ou trois jours, tu n'as même pas encore accès à la salle pour le versement de l'argent", déplore Camara Mory, un autre professeur venu du collège Kérema.

Ces enseignants craignent que cette situation n’ait une répercussion sur l'étude des enfants en situation de classe. Ils profitent lancer un message au gouvernement.

« Nous avons perdu 3 jours à la banque avant de venir à la mairie. Et depuis vendredi, nous sommes à la mairie mais nous n'avons même pas encore accès à la salle », soutient Zagaymou Foromo, enseignant à Beyla.

"Ici à la mairie, nous constatons qu'ils ne sont pas nombreux pour le travail. Nous avons fait deux à trois jours ici, les cours ne sont pas donné, tous les enseignants sont presque à la mairie. Le matin, on vient nous  sommes là jusqu'à 15h-17h. Comment les enfants vont recevoir les cours. Je demande au gouvernement de trouver des moyens pour que tout le monde soit recensé le plus vite que possible. Mais si ça continu comme ça, les cours seront perturbés jusqu'à la fin de l'année 2022", craint Jean Koné, professeurs d'anglais au collège de Galakpaye dans la sous-préfecture de Yanlezou.

Cet enseignant demande à l'état de décentraliser cette procédure pour éviter de paralyser le service publique dans le pays.

« Nous sommes à l'ère du digital, donc nous souhaiterons que le gouvernement en partenariat avec la banque puisse au moins créer une application comme les autres banques le font, pour pouvoir permettre aux gens de s'inscrire sur place. Là avec un e-mail, on imprime le reçu puis on vient ici. Et le gouvernement aussi dans une politique de refondation, nous voudrions qu'ils décentralisent. Pour qu'au niveau de chaque préfecture, qu'on puisse avoir des bureaux d'enrôlement pour éviter les déplacements. Parce qu’actuellement, le service public est paralysé avec tout ce manque à gagner qui s'affaisse sur l'économie nationale », martèle Lamah Moussa, enseignant à Guéckédou.

 

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d'Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél. (00224) 628 80 17 43

Créé le 6 décembre 2022 13:13

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