Nzérékoré: 13 jeunes dont 3 femmes à la barre pour « traite d’êtres humains »

NZÉREKORÉ – Le procès de treize jeunes, dont trois femmes, poursuivis pour des faits de « traite des êtres humains » s’est ouvert ce mercredi 7 octobre 2026 devant le Tribunal de première instance (TPI) de Nzérékoré. Interpellés dans une concession au quartier Nakoyakpala (commune urbaine de Nzérékoré), les prévenus avaient été placés sous mandat de dépôt le 1er octobre dernier.

L’affaire, inscrite au rôle de l’audience correctionnelle sous le RG n°578/2026, concerne Alassane Diallo, Fatoumata Kaba, Boussoura Barry, Mamadou Malado Touré, Amadou Diallo, Alpha Oumar Diallo, Binta Diallo, Mory Traoré, Mohamed Soumah, Mamadou Barry, Ibrahima Keita, Souleymane Bah et Fatoumata Binta Diallo.

À la barre, le ministère public a précisé que cette procédure fait suite à une dénonciation des riverains de Nakoyakpala, intrigués par la présence d’un groupe de personnes aux activités suspectes.

Selon le substitut du procureur, Mohamed Fatoumata Soumah, cette alerte a poussé le parquet à saisir la brigade de recherches, l’ESMI et l’escadron de gendarmerie pour mener une descente sur les lieux. L’opération s’est soldée par l’interpellation des 13 suspects.

Le piège « Infinity Millennium » : des promesses de travail trompeuses

Lors de leurs auditions, la quasi-totalité des jeunes a expliqué s’être rendue en Guinée forestière dans l’espoir de trouver un emploi, incitée par des proches ou des connaissances.

Une fois sur place, ils se sont retrouvés enrôlés dans les activités d’un réseau baptisé « Infinity Millennium », qualifié par le parquet de système de recrutement en chaîne et de vente pyramidale à caractère frauduleux. Le substitut du procureur a dénoncé un réseau bien rodé visant les jeunes en quête d’insertion socio-professionnelle.

Emprise, téléphones confisqués et contrôle des mouvements

Dans ses réquisitions, le représentant du ministère public a décrit des conditions d’hébergement révélant une situation d’emprise :

 -Regroupement forcé dans une même concession ;

 -Confiscation systématique des téléphones portables ;

 -Contrôle strict des déplacements et des communications.

Le parquet a estimé que ces éléments caractérisent une privation de liberté, tout en reconnaissant que douze des treize prévenus doivent être regardés comme des victimes directes du système.

Alassane Diallo, cerveau présumé de l’opération

Le ministère public a toutefois établi une nette distinction entre la situation des douze jeunes et celle d’Alassane Diallo. Ce dernier a reconnu être le responsables et l’encadrant du groupe dans la concession.

Selon l’accusation, Alassane Diallo servait de relais local à un certain « Amadou Foula » — dont l’identité reste à préciser —, chargé de démarcher les victimes à travers le pays.

« Si les autres membres du groupe peuvent être considérés comme des victimes, pour le cas d’Alassane Diallo, il n’en sera pas ainsi », a martelé le substitut du procureur.

Requisitions et renvoi du délibéré

Au terme des débats, le ministère public a demandé au tribunal :

 -La mise hors de cause pour traite d’êtres humains en faveur des 12 jeunes victimes, tout en les invitant à collaborer avec la justice ;

 – La condamnation d’Alassane Diallo à un an d’emprisonnement ferme pour complicité de traite d’êtres humains.

Le parquet a enfin lancé un appel aux autorités administratives et locales pour accentuer la sensibilisation contre ces réseaux d’arnaque à l’emploi.

Après la clôture des débats, le président du TPI de Nzérékoré a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu ce jeudi 8 octobre 2026.

Paul Foromo SAKOUVOGUI

Correspondant régional d’Africaguinee.com en Guinée Forestière

Tél. : (00224) 628 80 17 43

Créé le 8 octobre 2026 08:32

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