Non, le Chef d’État-major particulier du Président n’est pas celui que vous croyez (Par Ibrahima Kalil Diallo)

Par un décret lu à la télévision nationale le 30 juillet 2025, le Président de la République a nommé le Général de brigade Mohamed Amine Camara au poste de Chef d’État-major particulier de son cabinet.

Cette nomination a suscité une vague de réactions au sein de l’opinion guinéenne, tant chez nos compatriotes résidant au pays que chez ceux établis à l’étranger. Parmi ces réactions, il y a celles qui saluent la décision présidentielle et les valeurs de l’officier promu, mais aussi celles qui, pour des raisons incongrues, trouvent à redire sur ce choix.

Chacun y allant de son commentaire, j’ai décidé, en tant que citoyen, ami et ancien collaborateur, d’apporter mon témoignage sur ses performances à l’ASCAD où je l’ai côtoyé, afin d’éclairer l’opinion sur l’homme qui a désormais la noble et exaltante mission de diriger le cabinet militaire du chef de l’État.

Car la sagesse africaine nous apprend que pour juger, il faut connaître. Or, certains de ceux qui s’expriment sur l’homme et sur cette décision présidentielle ne se fondent que sur des passions ou des considérations politico-politiciennes.

La première chose à rappeler aux uns et aux autres est que les lois de la République confèrent au Président de la République la prérogative de nommer de façon libre et souveraine aux hautes fonctions civiles et militaires. De même, il est pleinement dans son droit de choisir les membres de son cabinet.

La deuxième chose à comprendre est que l’homme choisi pour occuper le poste de Chef d’État-major particulier a la stature requise pour cette fonction. Au-delà des débats qui tentent d’orienter cette nomination vers des considérations subjectives, l’officier promu est tout simplement un Guinéen, et un grand serviteur de l’État.

En tant que témoin oculaire de ses rapports avec ses collaborateurs, je peux affirmer avec une entière confiance que le Général Amine n’a jamais jugé ni traité quiconque en fonction de son patronyme, de sa région ou de son appartenance ethnique. Il évalue les hommes sur leur talent, leur travail et leur attachement aux valeurs républicaines, conformément à notre devise nationale : « Travail – Justice – Solidarité ».

Qui est le Général Mohamed Amine Camara ?

Militaire de carrière, cadre compétent, intègre et loyal, diplômé de la prestigieuse École de guerre de Paris, le Général de brigade Mohamed Amine Camara a gravi tous les échelons de la hiérarchie militaire.

Lieutenant-colonel et Directeur de l’ENSOA (École Nationale des Sous-Officiers et Officiers) lors de la prise du pouvoir par le CNRD le 5 septembre 2021, il a participé activement à la coordination des rencontres entre les forces vives de la Nation et le CNRD lors des consultations nationales ayant abouti à la rédaction de la Charte de la transition.

En novembre 2021, il est nommé Directeur général de l’Agence du Service Civique d’Action pour le Développement (ASCAD). Trois ans plus tard, il est élevé au grade de Colonel plein avant d’être promu Général de brigade le 6 mars 2026 par le Président de la République. Même après avoir quitté la direction de l’ASCAD le 29 mars 2026, le Général Amine a poursuivi son engagement auprès du chef de l’État, avec la discrétion qui le caractérise.

De l’ENSOA à l’ASCAD : le parcours inspirant d’un grand serviteur

Après avoir dirigé avec brio l’École Nationale des Sous-Officiers de Manéah, c’est tout naturellement à la tête de l’ASCAD que le Général Amine a contribué de façon significative à la mise en œuvre de la vision présidentielle, notamment dans les domaines de la formation professionnelle et de l’emploi des jeunes.

Qu’est-ce que l’ASCAD ?

L’Agence du Service Civique d’Action pour le Développement est un établissement public à caractère administratif. Elle a pour mission la promotion de la formation civique et citoyenne des jeunes afin de leur faire acquérir ou renforcer une qualification professionnelle, favorisant ainsi leur insertion socio-économique.

Bilan et performances à la tête de l’ASCAD

L’arrivée du Général Amine à la Direction Générale de l’ASCAD a ouvert un nouveau chapitre dans le fonctionnement et la gestion de l’institution. Dès sa prise de fonction, il s’est employé à faire de l’agence une référence nationale en matière d’insertion des jeunes. De 2021 jusqu’à son départ en 2026, l’ASCAD a réalisé des progrès remarquables.

1. Formation professionnelle, civique et citoyenne

Durant ses quatre années et demie de gestion, l’ASCAD a formé dans ses différents centres plus de 2 500 jeunes vulnérables âgés de 18 à 40 ans (non scolarisés, déscolarisés ou diplômés sans emploi). Ces jeunes ont été formés à divers métiers dans les centres SCAD de Conakry, Boké, Kindia et Kankan :

  • Électricité, froid et climatisation, menuiserie, mécanique moto, métallerie, soudure ;
  • Conduite de véhicules poids lourds et engins lourds, agents de prévention et de sécurité (APS) ;
  • Hôtellerie, agriculture, pisciculture, polyculture et transformation agroalimentaire.

2. Renforcement des capacités du personnel

Conscient que la réussite d’une institution repose sur les compétences de ses équipes, le Général Amine a impulsé une politique soutenue de formation continue pour ses cadres :

  • Formations aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) pour les cadres de la Direction Générale et du centre de Conakry ;
  • Formation de formateurs en conduite poids lourds avec l’appui de la coopération française ;
  • Renforcement des capacités en rédaction administrative, prise de notes et compte-rendu, en partenariat avec l’Institut Français et Expertise France ;
  • Formations en communication institutionnelle et marketing digital dispensées par le Centre National de Perfectionnement à la Gestion (CNPG).

3. Développement des infrastructures

Sous son leadership, la Direction Générale de l’ASCAD a construit, rénové et équipé les centres SCAD de Boké, Kankan, Mamou et Faranah. Elle a également procédé à l’extension du centre pilote de Conakry, posé la première pierre du centre de N’Zérékoré et poursuivi les activités de celui de Kindia.

Au moment de son départ, l’institution comptait :

  • 4 centres opérationnels : Conakry, Kindia, Boké, Kankan ;
  • 2 centres quasi achevés : Mamou, Faranah ;
  • 1 centre aux études finalisées : N’Zérékoré ;
  • 1 centre en projet : Labé.

4. Diversification des filières

Afin d’offrir plus d’opportunités à la jeunesse, de nouvelles filières ont été introduites :

  • Conakry : Mécanique moto, Froid et climatisation ;
  • Boké : Aviculture, Agent de Prévention et de Sécurité (APS) ;
  • Kankan : Mécanique moto, APS, fabrication de briques en terre stabilisée, polyculture, conduite d’engins lourds ;
  • Kindia : Machinisme agricole.

5. Suivi et insertion des volontaires

L’ASCAD ne se limite pas à la formation : elle accompagne les apprenants jusqu’à leur insertion sur le marché du travail grâce au travail conjoint de sa Division Études, Suivi et Évaluation et de sa Division Insertion.

Sous sa direction, le taux d’insertion dépassait les 80 %, avec des cas concrets d’entrepreneuriat à la clé (création d’entreprises telles que EGUIFEC-groupe en froid/climatisation ou Bloc des Plombiers Service – BPS).

6. Partenariats stratégiques et coopération internationale

Pour dynamiser l’action de l’agence, le Général Amine a signé de nombreuses conventions et établi des partenariats avec des acteurs majeurs :

  • ANIES : Formation de 500 jeunes issus de ménages vulnérables ;
  • ISAV/Faranah : Aménagement du centre SCAD de Faranah et renforcement des capacités ;
  • SONAPI : Emploi des stagiaires sortants en BTP sur les chantiers nationaux ;
  • ANVJ : Formation au civisme pour plus de 400 jeunes et cadres.

Des consultations ont également été menées avec plusieurs ministères (Enseignement Technique, Enseignement Supérieur), des ONG (SOS Villages d’Enfants, Mines sans Frontières), des entreprises (TotalEnergies, Mining House, Tito Électricité) et des bailleurs internationaux.

Parmi les partenaires majeurs figurant aux côtés de l’État guinéen (par le biais du Secrétariat Général de la Présidence dirigé par le Général Amara Camara), citons l’Agence Française de Développement (AFD via le projet PAD-ASCAD), le PNUD (projet INTEGRA) ainsi que le programme Mérite International. Des experts civils et militaires internationaux ont en outre salué l’efficacité de cette gestion.

Ces résultats probants obtenus à la tête de l’ASCAD témoignent de la grandeur d’âme, du sens de l’organisation et du leadership du Général Mohamed Amine Camara. Ils prouvent à suffisance que le Président de la République a fait le choix de la compétence et de la rigueur en le nommant Chef d’État-major particulier.

Puisse Dieu guider les pas du Général Amine Camara dans l’accomplissement de cette haute mission au service du Chef de l’État et de la Nation guinéenne.

Par Ibrahima Kalil Diallo

Journaliste et ancien collaborateur du Général Amine Camara

Créé le 3 août 2026 16:05

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