Navires russes saisis sous pavillon guinéen : Conakry demande des comptes à Moscou

CONAKRY- Face à l’utilisation “frauduleuse” des couleurs nationales par des pétroliers russes interceptés au large du Venezuela et en Belgique, le gouvernement guinéen sort de sa réserve. Le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a catégoriquement démenti toute immatriculation officielle de ces navires. Tout en dénonçant une usurpation qui entache l’image du pays, le porte-parole du Gouvernement annonce que  l’ambassadeur de Russie a été officiellement saisi pour obtenir des explications sur ces « pavillons fantômes ».

Deux incidents majeurs dans les eaux internationales

C’est ce vendredi lors d’une conférence de presse que le ministre des Transports  a apporté des clarifications. Dans ses explications, le ministre a d’abord rappelé les faits qui ont alerté les autorités de Conakry. Deux opérations militaires distinctes ont mis en lumière l’utilisation frauduleuse des couleurs guinéennes par des navires étrangers, vraisemblablement russes.

« C’est la deuxième fois que nous apprenons que des bateaux battant pavillon Guinée sont arraisonnés. D’abord, c’était par la marine américaine au large du Venezuela, où ils ont capturé un pétrolier. Ensuite, c’est en Belgique, par l’armée, une opération combinée de la France et de la Belgique qui a pris un navire. Dans tous les deux cas, des bateaux russes transportant du pétrole sont mis en cause », a révélé Ousmane Gaoual Diallo.

« Il n’y a pas de pavillon Guinée dans les mers internationales »

Pour le ministre des Transports, la situation est limpide : la Guinée ne dispose pas d’un registre ouvert aux navires de commerce internationaux. Toute apparition du drapeau rouge-jaune-vert sur la haute mer relèverait donc de la contrefaçon pure et simple.

« Quand c’est arrivé la deuxième fois… nous avons fait une communication pour dire qu’il n’y a aucune immatriculation d’un pavillon international en Guinée. Nous avons un registre national d’immatriculation des bateaux. Il n’y a pas de pavillon Guinée dans les mers internationales. Il n’y en a pas. Donc si quelqu’un voit un pavillon là-bas, ça ne peut pas être un pavillon Guinée officiel, parce qu’on n’a délivré aucun acte pour immatriculer quelques bateaux que ce soit. Donc ça n’existe pas », a-t-il tranché.

Ousmane Gaoual Diallo a par ailleurs insisté sur la transparence des services compétents sous sa tutelle : « La Guinée n’a immatriculé aucun bateau. Toutes les immatriculations sont disponibles à la Marine Marchande et à l’ANA, et qui relèvent de mon autorité. Donc on a fait toutes les investigations internes pour savoir. On n’a pas ouvert de registre en Guinée de pavillons internationaux. Il y a des pays qui en font un business, mais en Guinée il n’y a pas de pavillon. »

La Russie sollicitée pour des explications

L’implication supposée de navires russes a poussé le gouvernement guinéen à agir par la voie diplomatique. Ousmane Gaoual Diallo a confirmé avoir reçu le représentant de Moscou à Conakry pour tirer cette affaire au clair.

« La deuxième chose qu’on a faite, c’est d’inviter l’ambassadeur de la Russie, que j’ai reçu personnellement, pour solliciter des explications, pour comprendre. Il nous a promis de remonter l’information et de nous ramener les explications nécessaires à ça. Parce que c’est quand même quelque chose qui touche à l’image et à la crédibilité de notre pays. Donc nous attendons des explications de l’ambassadeur. Le ministre des Affaires étrangères et moi-même, nous veillerons à ce qu’on obtienne les bonnes informations », a-t-il révélé.

Étonnamment, bien que ces navires aient été interceptés par des puissances étrangères, la Guinée n’a reçu aucune demande officielle d’authentification des documents de bord, ce qui renforce l’idée de navires circulant sans aucun papier légitime, suggère M. Diallo.

« Nous continuons à nous questionner par rapport à ça. Mais on n’a aucune responsabilité sur ça, et les pays ne nous touchent pas. Parce que quand ils arrêtent un bateau comme ça, ils lui demandent les papiers. Lorsqu’ils n’arrivent pas à fournir les papiers, c’est comme la carte grise du véhicule… si on est saisi pour authentifier ça, nous allons répondre. Mais on n’a pas été saisi, ni par le Venezuela, ni par la Belgique. Ce qui nous a amenés à ouvrir des informations auprès des représentants diplomatiques de la Russie en Guinée. »

Africaguinee.com

Créé le 28 mars 2026 15:25

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