Nations Unies : António Guterres plaide pour l’octroi de sièges permanents à l’Afrique au Conseil de sécurité
NEW YORK- À l’occasion de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Secrétaire général de l’ONU a prononcé un plaidoyer en faveur d’une réforme de la gouvernance mondiale. Dénonçant une injustice historique issue de la période coloniale, António Guterres a appelé les États membres de l’ONU à accorder au continent africain une représentation permanente au sein du Conseil de sécurité afin de refléter les réalités géopolitiques contemporaines.
Rappelant le contexte historique de la création de cette instance internationale, le diplomate portugais a souligné le manque de représentativité initiale des peuples africains dans la structuration des institutions multilatérales.
« Lorsque les Nations Unies ont été fondées en 1945, la majeure partie du continent africain était encore sous domination coloniale. Les voix des peuples africains n’ont pas pu se faire entendre lors de la rédaction de la Charte des Nations Unies ni lors de la structuration de nos institutions internationales », a déclaré António Guterres.
Constatant le décalage persistant entre le volume des affaires africaines traitées à l’ONU et la gouvernance effective du Conseil, le Secrétaire général a mis en lumière un déséquilibre structurel majeur.
« Aujourd’hui, plus de 75 ans plus tard, l’Afrique ne dispose toujours d’aucun siège permanent au Conseil de sécurité. Pourtant, plus de 60% des questions débattues au sein du Conseil et des décisions qu’il prend concernent directement le continent africain. Au XXIᵉ siècle, il est injuste et indéfendable qu’il n’y ait pas de représentations permanentes africaines au Conseil de sécurité. Cela doit changer », a-t-il affirmé.
Le dirigeant onusien en fin de mandat a insisté sur l’impératif de moderniser l’architecture de paix et de sécurité pour préserver la légitimité de l’institution.
« Nous ne pouvons pas construire un avenir pour nos enfants avec des institutions conçues pour le monde de nos grands-parents. C’est une question de justice, d’inclusivité et d’efficacité de l’ordre multilatéral. La crédibilité du Conseil de sécurité et de l’ONU toute entière dépend de sa capacité à refléter la réalité géopolitique du monde d’aujourd’hui, et non celle de 1945 », a averti António Guterres avant de lancer un appel direct à la communauté internationale pour concrétiser ces engagements institutionnels.
« La voix de l’Afrique doit compter, et sa place légitime aux tables de décision globales doit lui être accordée. Je demande instamment aux États membres de passer des paroles aux actes et de concrétiser la réforme de notre architecture de sécurité mondiale », a-t-il conclu.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 22 septembre 2026 19:14









