Mort tragique d’Aboubacar Fofana dans l’Ohio : Ce qu’on ne vous a pas « dit » jusque-là…
Aux États-Unis, Aboubacar Fofana, un jeune Guinéen âgé de 18 ans, a succombé à des blessures par balle lors d’une altercation impliquant un autre jeune Guinéen, Mohamed Lamine Diallo, selon des médias américains.
Le drame s’est produit samedi dernier sur le parking d’un supermarché situé au nord de Columbus, dans l’État de l’Ohio. Joint par Africaguinee.com ce samedi, le président de la communauté guinéenne de Columbus revient sur les circonstances de cette tragédie qui a profondément bouleversé les compatriotes vivant dans cette ville.
AFRICAGUINEE.COM : Nous avons appris le décès tragique d’un jeune Guinéen, Aboubacar Fofana, à Columbus. Pouvez-vous nous en dire davantage sur les circonstances de ce drame ?

IBRAHIMA YANSANÉ : Merci d’abord pour l’intérêt que vous portez à nos compatriotes vivant aux États-Unis. Malheureusement, il s’agit d’un événement qui a profondément bouleversé la communauté guinéenne de Columbus.
Selon les informations dont nous disposons, il s’agit d’un drame impliquant deux jeunes qui étaient amis. La victime, Aboubacar Fofana, n’avait pas encore 18 ans et devait les avoir au mois d’août prochain. Il a été mortellement blessé par balle par un autre jeune Guinéen, Mohamed Lamine Diallo.
L’inhumation a eu lieu il y a deux jours. À cette occasion, une délégation composée de responsables de la communauté guinéenne, de sages et d’imams s’est rendue auprès de la famille de la victime afin de lui présenter les condoléances de toute la communauté.
Que savez-vous des circonstances exactes de ce qui s’est passé ?
D’après les confidences de la grand-mère du défunt, le jeune avait effectué ses ablutions, accompli sa prière, puis quitté le domicile. La famille ignore encore ce qui s’est exactement passé entre les deux jeunes avant le drame.
Après les tirs, ce sont les amis de la victime qui l’ont transportée à l’hôpital avant de prendre la fuite. Malheureusement, lorsqu’il a été pris en charge par les médecins, il était déjà trop tard. Il a succombé à ses blessures.

Comment la communauté a-t-elle réagi ?
Toute la communauté a été profondément choquée. En tant que président, j’ai immédiatement mobilisé les sages, les imams et les responsables communautaires afin de préserver la cohésion et d’éviter toute tension. Les parents de Mohamed Lamine Diallo nous ont contactés pour solliciter l’accompagnement de la communauté dans cette épreuve. Après les faits, le jeune suspect avait quitté l’Ohio pour un autre État. Toutefois, ses propres parents l’ont remis aux autorités compétentes. C’est une attitude que nous avons saluée.
Aujourd’hui, les deux familles souffrent énormément. Les parents de la victime ont perdu leur enfant, tandis que ceux du jeune mis en cause vivent également une situation extrêmement difficile. D’une certaine manière, ce sont deux familles qui sont frappées par cette tragédie.
Nous avons donc estimé qu’il était de notre devoir de jouer pleinement notre rôle de médiation et d’accompagnement. Une importante délégation s’est rendue auprès de la famille endeuillée. Elle comprenait notamment le président de la Coordination Haali Pular de l’État, les anciens présidents de la communauté guinéenne, des imams, des sages ainsi que des représentants des différentes communautés issues des régions naturelles de la Guinée.
Nous avons présenté les condoléances à la famille, qui a compris notre démarche. Il y avait effectivement beaucoup d’émotion. Ce sont des jeunes, et il est parfois très difficile de les encadrer ici. Ils évoluent souvent dans des groupes ou des clans. Nous ne pouvons qu’implorer Dieu de les guider vers le droit chemin. Selon les informations qui m’ont été rapportées, les deux jeunes étaient amis.
N’y a-t-il pas eu des velléités de revanche de la part des amis de la victime ?
Nous avons effectivement constaté que certains amis de la victime étaient très remontés le jour des funérailles. Nous avons alors multiplié les séances de sensibilisation auprès des jeunes afin de les appeler au calme et de leur rappeler les valeurs de respect, de dialogue et de responsabilité. Grâce à Dieu, le message a été compris. Les familles ont fait preuve de compréhension et de maturité, ce qui a permis d’éviter toute escalade. Aujourd’hui, les parents des deux côtés sont profondément attristés par cette tragédie.

À Columbus, dans l’Ohio, la communauté guinéenne est très unie. Il existe une véritable solidarité et une bonne entente entre les compatriotes. C’est d’ailleurs ce qui attire de nombreux Guinéens vivant dans d’autres États à venir s’y installer. À ma connaissance, Columbus compte l’une des plus importantes communautés guinéennes des États-Unis.
La victime était-elle originaire d’une localité particulière en Guinée ?
Je ne connais pas précisément sa ville d’origine, mais je sais qu’elle appartenait à l’Association des ressortissants de Fiella, une communauté très active et bien organisée aux États-Unis. D’ailleurs, j’avais récemment participé à l’une de leurs activités culturelles organisées à l’occasion de la fête de Tabaski. Ce que je peux confirmer, c’est que la victime comme l’auteur présumé des tirs sont tous deux des Guinéens issus de familles guinéennes.
Peut-on dire que la situation est désormais sous contrôle ?
Oui. Depuis le début, nous avons travaillé avec les familles, les imams, les sages et les responsables associatifs afin de préserver l’unité de notre communauté. Je viens d’ailleurs de m’entretenir avec les proches de la victime avant votre appel. Le climat est apaisé et aucune tension communautaire n’est à signaler. La communauté guinéenne de Columbus demeure unie et solidaire. Nous continuons d’accompagner les familles concernées tout en priant pour que de tels drames ne se reproduisent plus.
Je viens justement de parler aux parents de la victime il y a à peine quinze minutes. Je les ai appelés pour prendre de leurs nouvelles et voir comment ils tiennent moralement.
Concernant le jeune qui a été tué, son père se trouve actuellement en Guinée, tandis que sa mère réside au Canada. Le défunt avait une sœur jumelle ; ils étaient jumeaux. Il était né aux États-Unis.
Pour Mohamed Lamine Diallo, je ne sais pas avec certitude s’il est né ici. Il faudrait que je vérifie cette information. Durant toute cette période, j’étais surtout en contact avec son cousin direct, qui représentait la famille. Le père et la mère n’ont pas pu se déplacer dans les premiers jours qui ont suivi le drame. Je peux comprendre leur situation, car ils étaient sous le choc. Ce n’est pas facile de gérer une telle tragédie, surtout lorsqu’il faut en même temps faire face aux autorités américaines. Lorsque la justice est saisie et qu’il s’agit d’un jeune de 18 ans, la situation devient encore plus difficile. Aujourd’hui, ce sont les deux familles qui subissent les conséquences de cette tragédie. Les parents de Mohamed Lamine Diallo vivent tous aux États-Unis, dans l’État de l’Ohio.
Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 21 juin 2026 20:11Nous vous proposons aussi
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