Médias publics : la HAC fixe les règles du jeu pour la campagne du double scrutin du 24 mai
La Haute Autorité de la Communication (HAC) vient d’établir une réglementation relative au temps d’antenne entre les partis politiques, les candidats indépendants et les listes de candidats, en prélude aux élections législatives et communales du 24 mai prochain.
Dans une note consultée par Africaguinee.com ce mercredi 8 avril 2026, l’institution dirigée par Boubacar Yacine Diallo indique que cette décision a pour objet de « fixer la répartition du temps d’antenne entre les partis politiques, les candidats indépendants et les listes de candidats, ainsi que les espaces d’insertion et les conditions techniques de réalisation et de diffusion des émissions dans les médias audiovisuels et écrits publics, pendant la campagne pour l’élection des députés et des membres des conseils communaux du 24 mai 2026″, conformément aux articles 49 et 71 du Code électoral.
La HAC précise que seuls les partis politiques reconnus par l’État, ainsi que les candidats et listes de candidats officiellement retenus par la Direction Générale des Élections (DGE), peuvent bénéficier des dispositions de cette décision.
Conformément au décret D/2026/0108/PRG/SGG fixant les dates d’ouverture et de clôture des campagnes, l’institution souligne que la couverture médiatique des législatives court du 24 avril 2026 à 00h00 au 21 mai 2026 à 23h59, tandis que celle des communales s’étend du 4 mai 2026 à 00h00 au 21 mai 2026 à 23h59.
« Pendant les périodes sus-indiquées, les organes de presse de service public sont astreints à une plus grande rigueur dans la collecte, le traitement, la programmation et la diffusion de l’information. À cet égard, ils sont tenus de respecter les textes législatifs et réglementaires régissant la profession, ainsi que le Code de déontologie et d’éthique des médias en Guinée », précise la note.
Les lignes rouges à ne pas franchir
La HAC met en garde les médias publics contre certaines pratiques. Elle leur interdit notamment :
- la diffusion de contenus (chansons, jeux, spots, communiqués, caricatures, récits satiriques) susceptibles d’inciter à la haine, de porter atteinte à la cohésion nationale ou de dénigrer un acteur politique ;
- la diffusion de sondages d’opinion en lien avec les élections ;
- dans les revues de presse, la reprise d’informations non vérifiées ou issues de médias sans existence légale ;
- tout commentaire ou jugement de valeur sur des informations dont la véracité n’est pas établie ;
- toute manipulation des contenus ou propos des candidats, notamment via un usage irresponsable de l’intelligence artificielle (IA) ;
- la diffusion de fausses informations susceptibles de nuire à la paix et à la cohésion nationale.
Les médias sont également tenus d’assurer un accès égalitaire et gratuit aux partis politiques, aux listes de candidats et aux candidats indépendants.
Médias concernés
Les médias publics concernés par la couverture des campagnes sont :
- la Télévision nationale ;
- la Radiodiffusion nationale ;
- les stations régionales et communautaires de la radio rurale ;
- l’Agence Guinéenne de Presse (AGP) ;
- le journal Horoya.
Encadrement des émissions interactives
La HAC autorise la diffusion d’émissions interactives durant la campagne, à condition de respecter les principes d’égalité, d’impartialité et d’objectivité.
« L’animateur doit faire preuve de rigueur dans la conduite de ces émissions. Tout dérapage peut entraîner la suspension ou l’interdiction de l’émission à titre conservatoire », avertit la note.
Les médias doivent également veiller au respect du pluralisme, à l’équilibre de l’information, à l’adaptation des grilles de programmes et aux décisions de la HAC.
Accès réglementé aux médias publics
La HAC encadre aussi le temps de parole :
- chaque parti en lice pour le scrutin législatif national bénéficie de 5 minutes dans le « Journal de campagne » ;
- chaque candidat ou liste pour les scrutins locaux bénéficie de 3 minutes dans les radios rurales et communautaires.
Des garde-fous stricts
La HAC rappelle qu’à 48 heures du scrutin, toute propagande électorale est interdite dans les médias.
Elle précise également qu’aucun résultat, partiel ou définitif, ne doit être diffusé avant la fermeture du dernier bureau de vote.
« Le non-respect des dispositions de la présente décision expose les organes de presse contrevenants à des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension immédiate de leur participation à la campagne », prévient l’institution.
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
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