Marc Yombouno : « Nous tenons au retour à l’ordre constitutionnel d’ici le 31 décembre 2024… »

CONAKR-Alors que les principaux partis politiques sont vent debout contre le glissement annoncé du chronogramme de la Transition initialement arrêté en 24 mois, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a déclaré cette que le président de la transition tient à l’accélération du processus du retour à l’ordre constitutionnel.

Cette déclaration du Général Ibrahima Kalil Condé fait réagir dans les rangs du RPG Arc-en-ciel. Dans cet entretien accordé à Africaguinee.com, Marc Yombouno, membre du bureau politique national de l’ancien parti au pouvoir donne sa lecture.

AFRICAGUINEE.COM : Le Ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation a déclaré : « Le Général Mamadi Doumbouya tient à accélérer le processus de retour à l’ordre constitutionnel ». Comment le RPG Arc-en-ciel réagit-il à cette déclaration ?

MARC YOMBOUNO : J’ai suivi sa déclaration mais il n’a pas été explicite.  Si ce qu’il a dit sous-entend qu’ils (les dirigeants du CNRD, ndlr) vont respecter le délai du 31 décembre 2024 en tenant compte du respect du chronogramme qu’ils ont signé avec la CEDEAO, tant mieux, le RPG apprécie. Mais si c’est autre chose, nous ne resterons pas sur cette ligne. Au RPG arc-en-ciel, nous tenons au retour à l’ordre constitutionnel d’ici le 31 décembre 2024, au-delà de cette date, c’est autre chose.

Le ministre a également indiqué que la Guinée qui a connu trois transitions mérite d’être accompagnée afin que celle qui est en cours soit la dernière. D’après vous, que cache cette nuance ?

Dire que ‘’la Guinée a connu trois transitions donc il faut prendre tout le temps pour faire de cette transition la dernière…’’ n’est pas un argument valable. Quand une transition qui n’est surtout pas participative dure, cela crée plus de problèmes. Je parle d’une transition qui n’implique pas les principaux acteurs politiques et sociaux à la gouvernance. Une transition c’est une situation de crise cela veut dire qu’il faut une ouverture, il faut une participation, il faut une certaine inclusivité de tous les acteurs. Que chacun donne son avis sur comment aller vers une sortie de crise. Mais vous le savez comme nous, ce n’est pas le cas. Vous ne pouvez pas dire ‘’il faut prendre tout le temps…’’ comme le premier ministre l’a dit ‘’pour préparer la Guinée pour que jusqu’en 2050…’’. Je ne sais pas ce qu’il a voulu dire. Il faut finir vite la transition et laisser la place à un gouvernement civil qui va continuer la gestion normale de la Guinée comme il se doit.

Quels sont les moyens de lutte dont vous disposez pour contraindre le CNRD à respecter ses engagements ?

Jusque-là le CNRD et tous les acteurs qui l’accompagnent n’ont pas ouvert le jeu pour qu’il y ait une transition inclusive, participative et apaisée. Au RPG on a posé des préalables qui sont entre autres, la libération de nos camarades, le retour des exilés, la non poursuite des cadres et le dégel des comptes bancaires de plus de 180 personnes du RPG, mais rien n’a été fait. Alors est-ce que dans ce climat on peut penser encore continuer au-delà de l’engagement personnel qu’eux-mêmes ils ont pris sans la participation du RPG arc-en-ciel ? On a été républicains en acceptant ce chronogramme dynamique. Donc, c’est à eux d’avoir la parole d’honneur et de la respecter.

Maintenant en ce qui concerne ce que va faire le RPG. Le RPG s’aligne sur la position des forces vives et sur la position de l’Union sacrée. S’il y a la bonne volonté, même en 6 – 7 mois on peut réaliser les élections essentielles c’est-à-dire la présidentielle et les législatives. On a le fichier de 2020 qui a été approuvé, accepté et validé par tous les acteurs politiques en tout cas tous les grands acteurs politiques qui avaient participé aux élections en 2020 et tous les partenaires financiers y compris l’Union Européenne, l’OIF, la CEDEAO et l’Union Africaine. Ce fichier n’a pas été créé par Alpha Condé, c’est un fichier que la Guinée a utilisé depuis le temps de Lansana Conté et la loi électorale dit : ‘’à chaque élection il faut faire une révision exceptionnelle ou ordinaire pour élaguer ceux qui ne peuvent plus voter (ceux qui sont décédés) et insérer ceux qui ont atteint l’âge et faire une cartographie de ceux qui ont déménagé et autres’’. C’est ce que la loi électorale prévoit, on ne va pas inventer autre chose.

Même avec le schéma qu’ils (dirigeants de la transition, ndlr) nous présentent pour dire qu’ils vont faire le référendum cette année en utilisant le RAVEC pour y extraire le fichier, laisse perplexe. Avec quel fichier ils vont faire le référendum et sur quelle base si ce n’est pas le fichier de 2020 ? Alors pourquoi ne pas faire une révision exceptionnelle ? S’il y a de la bonne volonté, on peut tout faire d’ici fin décembre 2024.

Propos recueillis par Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 9 juin 2024 16:10

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