Manifestations des forces vives : Psychose à Conakry…

CONAKRY- La psychose gagne certains citoyens à Conakry, alors que les forces vives projettent une série de manifestations à compter de ce mercredi 10 mai 2023. C’est la première mobilisation de cette ampleur depuis l’avènement du CNRD (Comité national du rassemblement pour le développement) au Pouvoir, le 5 septembre 2021.


En effet, c’est la première fois que les principaux partis politiques du pays s’associent à des organisations de la société civile pour lancer un mot d’ordre de cette nature. Selon les organisateurs ces manifestations ont pour objectif d’exiger :

« – l’arrêt des harcèlements judiciaires des acteurs politiques et de la société civile dont certains sont arbitrairement détenus sans jugement depuis de longs mois ;

– l’application sans délai des décisions du dernier sommet de la CEDEAO à travers l’organisation d’un dialogue inclusif et crédible avec les Forces Vives de la Nation pour définir de manière consensuelle les conditions du retour à l’ordre constitutionnel ;

– la levée de la suspension des manifestations pacifiques dans les rues et sur les places publiques pour respecter la Charte de la Transition et les engagements internationaux de la République de Guinée ;

– l’arrêt des violations récurrentes du Code des marchés publics par l’octroi massif de marchés de gré à gré à des soutiens de la junte favorisant ainsi la corruption et l’enrichissement illicite de la classe dirigeante alors que la majorité de la population végète dans la misère ».

A Conakry, beaucoup craignent que ces manifestations interdites par la junte ne dégénèrent en de nouvelles violences. Surtout sur l’autoroute le Prince, endroit coutumier de troubles de tous ordres. Là, certains citoyens ne cachent guère leur désapprobation. C’est le cas Morlaye Soumah directeur d’un complexe scolaire situé sur le tronçon Cosa-Bambéto.

« Ces manifestations jouent négativement dans la formation et l’éducation des élèves. Elles nous impactent énormément surtout sur le déroulement des programmes. Parce qu’à chaque fois qu’il y a des manifestations, nos élèves et nos enseignants ne peuvent pas venir à l’école à cause des troubles.

Morlaye Soumah, Directeur général

Alors, nous demandons aux organisateurs de penser à ces enfants qui vont faire bientôt la composition et les examens nationaux. Au-delà de ça, nous leur demandons de s’entendre avec les autorités de la transition pour sortir de la Guinée dans cette crise politique qui n’arrange personne« , a-t-il expliqué

Mamadou Cellou Diallo, un autre encadreur dans une école abonde dans le même sens.

« Nous souhaitons ardemment qu’il y ait entente entre les forces vives et les autorités pour nous permettre de boucler sereinement nos programmes. Déjà, nous sommes à un niveau beaucoup avancé, nous ne souhaitons pas que les manifestations viennent encore perturber cela.

Nous exhortons le gouvernement d’être beaucoup indulgent avec les forces vives pour nous éviter encore le chaos à quelques jours des examens. Mais aux forces vives aussi, elles doivent mettre la balle à terre, qu’elles comprennent qu’on ne peut pas gagner tout à tout prix. Il faut qu’elles acceptent de retourner autour de la table de négociation pour nous éviter encore le pire », lance cet encadreur.

Mamadou Cellou Diallo

Sow Mamadou élève dans une école située à Cosa est inquiet depuis qu’il a appris la reprise des manifestations.

« Évidemment, ces manifestations ont des impacts sur le déroulement normal de nos programmes d’enseignement alors que nous sommes à la veille des examens nationaux. Nous sommes dans une zone réputée chaude pendant les mouvements de manifestations. Des jeunes surgissent de nulle part pour attaquer aux établissements, juste parce qu’ils ne veulent pas qu’on étudie. C’est pour toutes ces raisons que nous demandons à la compréhension entre Gouvernement et forces vives, pour nous permettre de bien préparer les examens « a lancé ce lycéen.

Si certains n’approuvent pas les manifestations, d’autres citoyens sont d’avis. C’est le cas de Mamadou Chérif Touré.

« Personnellement, je soutiens les manifestations annoncées par les forces vives de Guinée. Parce que si dans un pays, il n’y a pas quelqu’un pour arrêter les dérives du régime au pouvoir, ce qu’on n’est plus en démocratie. Les forces vives ont leurs revendications. Donc, si ses membres ne sont pas satisfaits, ils sont obligés de sortir pour exprimer leurs mécontentements« , explique M. Touré.

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com

Créé le 9 mai 2023 18:43

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