Manifestations des forces vives : Nos constats à Labé, Kankan, Boké, Kindia, N’Zérékoré, Mamou…

CONAKRY-Opposées à la conduite actuelle de la transition par le colonel Mamadi Doumbouya, les forces vives ont appelé les guinéens à des séries de manifestations à Conakry et dans les villes de l’intérieur du pays, à compter de ce mercredi 10 mai 2023.

Ces protestations visent à exiger, selon les organisateurs, « l’arrêt des harcèlements judiciaires des acteurs politiques et de la société civile, l’application sans délai des décisions du dernier sommet de la CEDEAO à travers l’organisation d’un dialogue inclusif et crédible avec les Forces Vives de la Nation pour définir de manière consensuelle les conditions du retour à l’ordre constitutionnel, la levée de la suspension des manifestations pacifiques dans les rues et sur les places publiques pour respecter la Charte de la Transition et les engagements internationaux de la République de Guinée, l’arrêt des violations récurrentes du Code des marchés publics par l’octroi massif de marchés de gré à gré ».

Comment ce mot d’ordre est-il suivi dans les villes de l’intérieur du pays ? Nos constats avec notre réseau de correspondants en province.

Labé-Mamou

Labé, l’un des principales villes de la moyenne Guinée, présente des allures de ville-morte. Les autorités avaient interdit toute mobilisation sur les voies et places publiques. Pour éviter tout accrochage, les responsables locaux de forces vives ont passé des messages demandant à leurs partisans de rester à la maison et de s’abstenir de toutes activités.

Dans la commune urbaine de Labé, cette première journée de manifestation, a partiellement paralysé les activités économiques.

Au grand marché, les grands magasins sont presque tous fermés au négoce. Seul le marché des légumes fonctionnait. Les banques primaires sont pour la plupart ouverts de l’extérieur. L’administration quant à elle fonctionnait normalement.

A 8h 27’, des traces de brûlure de pneus étaient visibles sur l’axe quittant le rond-point Hoggo Bouro. Là, deux pickups de la gendarmerie et de la police étaient stationnés. Au rond-point Tinkisso, nous avons constaté la présence d’un camion militaire et d’un pickup de la police.

Sur la route menant au Camp Elhadj Oumar Tall de Labé, un détachement du Bataillon Autonome des troupes aéroportées étaient postés au carrefour situé non loin de la résidence du gouverneur vers 08 h 40’.

Des dispositifs sécuritaires similaires étaient déployés également au carrefour de la Sassé, au carrefour de l’Hotel Salam dans le quartier Kouroula. Vers la pharmacie des écoles, une équipe de la PSIG (Pelletons de Sécurité et d’intervention de Guinée) contrôlait le carrefour. Les citoyens vaquaient librement à leurs occupations. Toutefois des accrochages mineurs ont eu lieu à Kouroula, non du siège de l’UFDG.

Dans la ville carrefour Mamou, autorités et dirigeants locaux des forces vives ont intensifié les tractations dans la journée d’hier, veille de la manifestation. Finalement, les organisateurs ont opté pour le boycott des activités économiques. La manifestation appelée par les forces vives de Guinée n’a pas été suivie.

Presque toutes les activités fonctionnent.  L’administration, le commerce, les stations d’essence et les sociétés de téléphonie sont tous ouverts.

Des pick-up des forces de maintien d’ordre sont stationnés dans tous les grands axes. Les quelques rares boutiques et magasins fermés au petit matin s’ouvrent partiellement. Pétel, le quartier réputé chaud pendant les manifestations est calme ce mercredi. Il n’y a pas eu de barricades, ni de pneus brûlés, encore moins d’attroupement.

Boké, les citoyens boudent l’appel des forces vives

Dans la cité minière Boké, l’appel des forces vives a été carrément ignoré par les citoyens. Dans la commune urbaine, l’administration privée et publique a fonctionné normalement, a constaté sur place notre correspondant.

Les boutiques, kiosques et magasins construit le long de la route nationale numéro trois (3) fonctionnent habituellement, les marchés de 400batiments, Baralandé et Hangard dans le centre-ville vibrent au rythme normal. Bref les activités commerciales tournent très bien. L’activité minière n’a pas non plus été affectée. Nous n’avons constaté aucune présence de manifestants ou de services de défense et de sécurité.

Kindia…calme

Dans la cité des agrumes, l’appel à manifester des forces vives de Guinée a été banni par les citoyens de Kindia. Les places publiques et les administrations publiques et privées fonctionnent au rythme habituel, selon le constat fait par notre correspondant basé dans la cité des agrumes.

C’est un calme qui règne à Kindia, deuxième région militaire du pays. Les citoyens vaquent librement à leurs occupations. L’appel à manifester des forces vives a tout simplement été boudé par les citoyens.

Kankan, fief du parti d’Alpha Condé…

Dans la capitale du Nabaya, le mot d’ordre des forces vives lancé ce mercredi 10 Mai 2023, n’a pas du tout été suivi par les citoyens de la commune urbaine. Dans le fief traditionnel de l’ex parti au pouvoir, aucune mobilisation n’a été constatée sur quelques endroits de la ville où est également originaire l’actuel président de la Transition, colonel Mamadi Doumbouya.

Kankan ville

Les différents marchés de la ville grouillent du monde comme à l’accoutumée, l’administration publique, les banques fonctionnent comme d’habitude tout comme les activités dans les stations-services et dans les banques.

N’Zérékoré…militarisée

Dans la cité Zaly, à part les incidents mineurs enregistrés dans la matinée au quartier Dorota, les activités tournent comme d’habitude.

Tôt le matin de ce mercredi 10 mai 2023, des jeunes surexcités ont barricadé la route et brûlé des pneus sur la chaussée au quartier Dorota dans la commune urbaine de Nzérékoré. Alors que les forces vives ont projeté une manifestation ce jour dans le grand Conakry, ces jeunes sortis depuis 5h du matin ont pris d’assaut le rond-point de Dorota avec pour slogan « trop c’est trop ».

Après cet incident produit dans la capitale forestière considérée commune une zone rouge, les autorités ont tout de suite pris les choses au sérieux et déployé des agents dans la ville. Des gendarmes et des polices sont visibles partout dans les grands carrefours de la ville notamment : au rond-point de Nakoyakpala en face de l’Université, au grand rond-point situé au marché, au rond-point de Dorota où d’ailleurs l’incident s’est produit, mais aussi à la Scierie de Nzérékoré où était basé l’ancien siège de l’UFDG.

Des agents ont été déployés dans des points stratégiques de la ville. D’autres pickups des services de sécurité font le tour des artères de la commune urbaine de Nzérékoré.

La Rédaction avec le réseau des correspondants d’Africaguinee.com

Créé le 10 mai 2023 14:46

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