Mamadou Sylla : « Notre objectif est d’aider le Général Doumbouya mais… »

Mamadou Sylla, président de l'UDG

CONAKRY-Le leader de l’UDG (Union Démocratique de Guinée) vient d’apporter des précisions sur la « réunification » de la classe politique élargie aux organisations de la société civile. Dans un entretien accordé à Africaguuinee.com, l’ancien chef de l’opposition parlementaire a assuré que les rivalités sont désormais derrière.

Elhadj Mamadou Sylla annonce qu’un mémorandum assorti de propositions de sortie de crise sera adressé dans les prochains jours au Chef de l’Etat. L’objectif, dit-il, est d’aider le chef de l’Etat à sortir de cette transition avec honneur, mais « c’est s’il accepte d’écouter ». Entretien exclusif!!!

AFRICAGUINEE.COM : Plusieurs leaders de la classe politique et de la société civile se sont retrouvés chez vous mardi. D’où est partie cette initiative ?

MAMADOU SYLLA : Au niveau de la classe politique, il y a beaucoup de gens qui ne se parlaient pas. Les anciens de la classe politique, des leaders des coalitions, il y en a qui ne se parlent pas. Certains acteurs se sont retrouvés et m’ont écrit en me mandant de réunir la classe politique, le syndicat et la société civile. J’ai adhéré à l’idée. Donc, ce mardi 28 mai 2024, on s’est retrouvé. Parce que chez moi, la porte est grandement ouverte à tout le monde.

J’ai été chef de file de l’opposition guinéenne, c’est pourquoi les gens m’ont mandaté de prendre mon bâton de pèlerin pour mobiliser les gens. On a quand-même constaté que la mobilisation était de taille …

La rencontre a connu une forte mobilisation des acteurs politiques, des leaders de coalition, ANAD, RPG, UFR, Lansana Kouyaté, des acteurs de la société civile, bref toutes les entités sociopolitiques étaient pratiquement représentées. Les gens étaient tous contents, ils m’ont félicité parce que j’ai réussi à réunir tout le monde ensemble. C’était le premier défi, on a réussi cela. Maintenant on a mis des commissions en place qui sont en train de travailler pour nous sortir quelque chose d’ici 10 jours.

Quel est l’objectif ?

L’objectif, c’est d’aider le CNRD, le général Mamadi Doumbouya pour qu’il puisse sortir de cette transition avec honneur. C’est lui qui a promis qu’il va partir le 31 décembre de cette année 2024, il fallait donc se réunir pour essayer de parler et faire des mémos, des propositions à lui adresser. Donc, c’est l’objectif premier.

Nous ne sommes pas violents, on va faire pacifiquement les choses. Mais on voudrait aussi quand-même qu’on nous écoute. Il y avait plus de 50 entités sociopolitiques qui ont répondu à cette rencontre. On a donc mis en place des commissions de travail. Ces commissions vont essayer de nous sortir quelque chose dans un bref délai.

Est-ce que vous avez des craintes sur le respect du chronogramme de la transition ?

Des craintes, je ne le dirai pas. Mais avec ces déclarations du premier ministre, il faut essayer de voir. Sinon Bah Oury occupe un poste politique, le président du CNRD, même s’il est militaire, c’est un poste politique qu’il occupe. Le président et le premier ministre sont tous politiques. Normalement on ne peut pas continuer tout le temps à parler de changement de chronogramme sans écouter les politiques. Dans les conditions normales, il faut qu’on s’asseye et qu’on discute pour voir la faisabilité. On a trop attendu. Il y a eu le dialogue inter guinéen, mais force est de reconnaître aujourd’hui que ça ne bouge pas. Ça traîne et on ne sait pas quand on verra le bout du tunnel.

Est-ce qu’à partir de cette rencontre on peut dire que la hache de guerre est enterrée entre vous acteurs politiques ?

Avant, il y avait des malentendus entre certains acteurs politiques mais grâce à Dieu on a pu réunir tout le monde et laver le linge sale en famille. Maintenant tout le monde se parle et on veut repartir sur de nouvelles bases. C’est le lieu pour moi de remercier mes collègues pour la confiance portée en moi en répondant à mon invitation. Aujourd’hui on a enterré la hache de guerre.

Qu’est ce qui va suivre après cette rencontre ?

Nous, on essaie, si le CNRD nous comprend, qu’il accepte qu’on s’assoie y compris avec le président Général Mamadi Doumbouya. Parce qu’il faut reconnaître qu’il y a beaucoup de tension dans le pays, et certains sont déterminés à exprimer leur mécontentement et il faut éviter qu’on en arrive là. Nous avons la crise liée au manque de courant, d’autres sont en train de perdre leur emploi, leurs postes, beaucoup ne sont pas contents. Il faut éviter que cette colère ne soit déclenchée, ceci est un conseil qu’on peut leur prodiguer.

 

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 31 mai 2024 08:23

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