Maada Bio et Diomaye Faye à Bissau : Les « dessous » d’une visite…

BISSAU– Une délégation de chefs d’Etat de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) séjourne actuellement en Guinée-Bissau dans le cadre du suivi de la crise politique née du coup d’État ayant renversé le président Umaro Sissoco Embalo.

Conduite par Julius Maada Bio, président en exercice de l’organisation, la mission comprend également Bassirou Diomaye Faye, président de la République du Sénégal. Les émissaires ouest-africains ont pour objectif d’engager des consultations avec les nouvelles autorités bissau-guinéennes et d’évaluer la mise en œuvre des résolutions adoptées lors du dernier sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation sous-régionale.

Selon nos informations, Julius Maada Bio et Bassirou Diomaye Faye ont eu réunion de travail à huis clos avec le chef de la transition le général Horta N’Tam.

Des discussions centrées sur la transition

Plusieurs dossiers majeurs seraient au cœur des échanges. Il s’agit notamment de la gestion de la transition politique et de sa durée, un point sensible sur lequel la CEDEAO attend des engagements clairs de la part des autorités de fait.

Lors de sa prise de pouvoir, la junte avait annoncé une transition d’une durée d’un an. Une échéance que la CEDEAO rejette, exigeant une durée plus courte.

Libération des détenus politiques

Autre point central des discussions : la libération des personnalités arrêtées ou contraintes à l’exil à la suite du coup d’État. Parmi elles figurent Domingos Simões Pereira, président du PAIGC, Fernando Dias, candidat à l’élection présidentielle, ainsi que plusieurs membres de l’opposition qui s’étaient réfugiés à l’ambassade du Nigeria à Bissau.

La CEDEAO avait clairement recommandé leur libération lors de son dernier sommet, estimant que l’apaisement politique passe par l’inclusion et le respect des libertés fondamentales.

Le sort de la force de la CEDEAO en débat

Enfin, la question du mandat de la force d’attente de la CEDEAO, déployée en Guinée-Bissau depuis 2022, figure également à l’ordre du jour. Ce mandat, renouvelé à plusieurs reprises, doit expirer en mars 2026 selon la dernière décision en date.

D’après nos informations, l’organisation sous-régionale souhaiterait prolonger la présence de cette force pour garantir la stabilité et la sécurité durant la transition. Une option à laquelle les nouvelles autorités bissau-guinéennes ne seraient toutefois pas favorables.

Affaire à suivre.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 10 janvier 2026 18:11

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