Conakry : des lampadaires éteints, des citoyens dans le désarroi

CONAKRY — L’obscurité est de retour sur certaines artères de la capitale guinéenne. Il y a encore quelques mois, l’installation de nouveaux lampadaires le long de plusieurs routes avait suscité un vent d’espoir et d’enthousiasme. Aujourd’hui, un grand nombre d’entre eux ne s’allument plus, plongeant certains axes dans le noir et ravivant les craintes d’insécurité. Pour de nombreux citoyens, l’éclairage public est bien plus qu’une simple commodité.

Rencontrée à Koloma, dans la commune de Ratoma, Maïmounatou Sidibé, une vendeuse de salade, ne cache pas sa déception. “Effectivement, nous aussi, nous avons constaté la même chose : depuis plusieurs mois, les lampadaires ne s’allument plus. L’installation de ces lampadaires avait apporté beaucoup de joie aux citoyens qui vivent dans cette partie de la route.

Avant, lorsque ces lampadaires fonctionnaient, les gens vendaient jusqu’à 1 heure ou 2 heures du matin sans crainte, et grâce à ces lampadaires, on voyait et distinguait toutes les personnes qui venaient de très loin. Mais maintenant, depuis que ces lampadaires sont éteints, nous avons du mal à vendre ici correctement. Nous profitons de cette occasion pour demander aux autorités compétentes de réparer ces lampadaires pour nous”, a-t-elle lancé.

Le même sentiment de déception est partagé par les professionnels de la nuit. Au carrefour Cosa, le taxi-motard Mamadou Saïdou Diallo témoigne de l’impact de cette panne sur son activité.

Franchement, l’installation de ces lampadaires avait apporté de l’enthousiasme tant pour nous, les taxis-motards qui travaillons la nuit, que pour les citoyens qui circulent la nuit. Parce que nous avions moins de problèmes, nous voyions très loin ceux qui venaient vers nous. Mais depuis que ces lampadaires sont éteints, nous avons vraiment peur de travailler la nuit”, a-t-il expliqué.

De son côté, Lamine Sy Savané, rencontré à Simbaya Gare, lance un appel pressant aux autorités: “Nous lançons un appel aux autorités de venir réparer ces lampadaires parce que ces lampadaires peuvent nous aider à éclairer le long des axes routiers. Cela permet aussi aux gens de circuler paisiblement et diminue l’insécurité dans les quartiers”, a-t-il déclaré.

Une solution en vue, mais la confusion demeure sur la gestion

Face à ce problème, les autorités communales cherchent des solutions. Interrogé, le maire de la commune de Lambanyi,

Elhadj Fafa M’Bira Mané, affirme avoir un plan d’action. “Avant de devenir maire, j’étais le chef de quartier de Wanindara. Auparavant, nous nous occupions de la réparation de ces lampadaires dans la zone. Nous allons donc faire la même chose pour que les chefs de quartier s’impliquent dans la réparation de ces lampadaires. De plus, nous allons mettre en place une commission de veille pour protéger ces lampadaires contre toute forme d’agression, car la plupart des lampadaires sont éteints parce qu’ils ont été endommagés par les usagers”, a-t-il précisé.

Cependant, la responsabilité de la gestion de ces infrastructures semble faire l’objet d’une certaine confusion. Un haut cadre d’Électricité de Guinée (EDG), interrogé sur la situation, a été très clair. « Ces lampadaires sont gérés par les différentes communes. Nous, au sein de l’EDG, pouvons juste être sollicités par rapport à l’entretien et à l’installation, mais ce sont les communes qui gèrent ces lampadaires-là”, a-t-il souligné.

Alors que les citoyens réclament un retour à la lumière, la question de la prise en charge et de la maintenance de ces équipements reste au cœur des préoccupations.

Mamadou Yaya Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 17 septembre 2025 10:14

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