Lola : Plongeon dans la localité de Gonosamoukadou… en maque de tout

Des femmes puisent de l'eau dans la localité de Gonosamoukadou

LOLA- Situé à près de 6 kilomètres de la sous-préfecture de Guéasso, non loin de la frontière Guinéo-ivoirienne, le district de Gonosamoukadou est en manque de tout. Aucun signe ne montre la présence de l'Etat.  Il n'y a pas de forages pour offrir de l’eau potable aux habitants, il n'y a pas de poste de santé pour les soins primaires, moins encore d'école pour l'instruction des enfants. Les citoyens qui vivent principalement d’agriculture, n’ont qu’un seul point d’eau "pollué". Ce point d'eau leur sert à tout : linge, cuisson…bref tout.


Rencontré dans leur village, les citoyens de Samoukadou, se lamentent. Car pour eux, l’eau est source de vie. Cette denrée vitale est un luxe dans leur localité. Ils lancent un appel à l’Etat de leur venir en aide.

« Nous souffrons beaucoup de cette situation d’eau. Nous n’avons pas du tout d’eau potable. La source où nous puisons l’eau pour nos besoins nous fait peur. Nous rencontrons de sérieuse difficulté. Nous les femmes, nous passons tout le temps à tomber sur la route à quête de l’eau puisque le chemin même qui mène au seul point d’eau que nous avons est très glissant. Donc, nous demandons à l’Etat de nous venir en aide pour trouver une solution à ce problème », confie Mariame Camara, une citoyenne de la localité.

« Ici nous avons un sérieux problème d’eau. L’eau que nous utilisons n’est pas du tout bonne, mais nous n’avons pas d’autre possibilité. Nous avons aussi des problèmes liés aux éleveurs. Les bœufs passent tous les temps à ravager nos cultures. Nous demandons à nos autorités d'y faire face et de trouver solutions », lance pour sa part Djiba Camara, un autre citoyen.

Du côté de Samoukadou, un autre village de la même contrée, les citoyens sont obligés de mettre des femmes en état de famille sur des motos, pour parcourir plusieurs kilomètres quand celles-ci sont en travail. La communauté s’est battue à se construire un poste de santé. Mais hélas, l’Etat n’a pu déployer un agent de santé pour des soins.

’Ici nous n’avons pas d’hôpital. Le peu que nous nous sommes débrouillés pour construire, il n’y a pas quelqu’un pour gérer. Il n’y a pas de médecin. Si nous avons un malade, il faut l’évacuer dans les villages voisins comme Gbotoro ou à Guéasso. Non seulement nous n’avons pas de routes, souvent ça nous arrive qu’on enregistre des cas de décès. Quand nous enregistrons un cas grave, pour l’amener au centre, ce sont des problèmes. Nous avons mené des démarches auprès de nos autorités pour nous faire venir un infirmier au poste de santé que nous-mêmes nous avons construit. Impossible ! ", se plaint Abdoulaye Camara.

Interrogé, le maire de la commune urbaine de Guéasso évoque le manque criard d’infrastructures routières, et de centre santé dans sa zone.

« Le problème de route se pose sérieusement ici. Tous nos ponts d’abord sont en bois. C’est ce qui nous pose beaucoup de difficultés pour le transport de nos différents produits. En ce qui concerne les écoles, nous nous sommes débrouillés à faire des établissements nous-mêmes, même si ces écoles ne répondent pas à toutes les normes. Les postes de santé n’existent pas, et la distance entre ici et Soumahorosso ou Moribadou, ça vaut quelque chose de 40 kilomètres. Et Samoukadou aussi est un peu distant de Guéasso. Si vous prenez Guéasso aussi par rapport à Lola, si un malade quitte Moribadou ou Soumahorosso pour arriver à Guéasso, et nous demander encore d’aller jusqu’à Lola, il n’y a pas d’ambulance, il n’y a pas un gynécologue qui peut nous aider. Et il n’y a pas un chirurgien. Il faut encore continuer le chemin pour Lola », révèle Ibrahima Dawaty Doré, maire de la commune rurale de Guéasso.

« Nous disons au gouvernement de nous venir en aide. Parce qu’ici, la population est mobilisée pour soutenir le Gouvernement. On peut les remercier pour ce qu’elle fait. Parce que le centre de santé amélioré qui est là, je crois qu’il n’y a que 12 en Guinée. Et si nous avons été choisis parmi tant d’autre, on peut leur dire merci. Mais cela ne suffit pas, parce que les travailleurs de qualité, ne sont pas là d’abord. Et le problème d’eau, nous pose problème. A chaque fois, il y a des épidémies. Au début de la sécheresse ça vient. Une fois qu’il y a changement de climat seulement, on a des problèmes d’épidémies. Il n’y a pas d’eau.

Nous avons 12 districts et 32 villages. Ça fait déjà 40 villages. Avec tout ça, il n’y a que 24 forages dont 5 au centre de Guéasso qui peut contenir 6000 personnes. Donc, c’est un peu difficile. Mais nous ne pouvons pas parler beaucoup parce que les engins roulants qui devaient venir, il y a des points où ils ne peuvent pas passer à cause des ponts. Alors, nous demandons de l’aide au gouvernement et aux partenaires. Parce que réellement à Guéasso, ça ne va pas », ajoute le maire de Guéasso.

 

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d’Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél : (00224) 628 80 17 43

Créé le 28 juin 2021 12:09

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