L’incroyable nouvelle vie de l’artiste Mister Woulin : Entre solitude, résilience et espoir d’un retour sur scène
PITA- Il a fait vibrer les foules en Belgique et en Allemagne avant que sa trajectoire ne se brise. Aujourd’hui reclus dans son village natal de Pita avec ses animaux de compagnie, depuis le deuil dû à la disparition de sa femme l’artiste Mister Woulin brise le silence. Entre démentis sur sa « nouvelle vie » et appel à l’aide, il nous a ouvert les portes de son quotidien.
Artiste musicien bien connu des mélomanes guinéens, Mamadou Yéro Barry, alias Mister Woulin (ou Nombadji), est un fils de Bantighel, dans la préfecture de Pita. Créateur d’un style unique, il est repéré et lancé par une maison de production locale dans les années 2020. Rapidement, il conquiert le public avec des tubes atypiques et des collaborations avec des têtes d’affiche comme Ans T Crazy en 2021, One Time la même année.

Ce fut le début d’une ascension fulgurante. De son salon de coiffure à la chasse, en passant par la broderie, Mister Woulin a fini par drainer des foules jusque dans des salles de concert en Allemagne et en Belgique. Pourtant, cette trajectoire brillante a brutalement bifurqué. Un conflit interne a fait éclater son équipe, provoquant une rupture de contrat avec sa maison de production.
Un quotidien marqué par le deuil et la solitude
Aujourd’hui, l’artiste vit reclus dans son village natal. Sa vie a basculé une seconde fois il y a environ quatre mois avec le décès de son épouse, son pilier. C’est un homme seul, occupé à préparer son propre repas, que notre correspondant régional a rencontré à Bantighel.

« Vous voyez, c’est moi-même qui cuisine désormais. Je vis avec huit chiens, un singe, des poules et un chat. Je dois m’occuper d’eux », confie-t-il avec émotion. S’il rêve de refaire sa vie, la crainte l’habite : « Ma première fille est mariée et vit à Dakar avec mes trois autres enfants. Je voudrais me remarier, mais j’ai peur. Il est difficile de trouver une femme capable de me soutenir comme la défunte. Toutes les femmes ne se ressemblent pas ; avec certaines, l’épreuve peut vous consumer. »

« Je n’ai pas arrêté la musique »
Face aux rumeurs circulant sur la toile affirmant qu’il aurait abandonné le micro pour devenir muezzin, Mister Woulin s’insurge. Il dénonce des manœuvres de « saboteurs » visant à nuire à sa carrière.
« Je continue la musique. Je n’attends que mon producteur, avec qui les liens se resserrent. Après le décès de ma femme, nous avons pu nous expliquer et il m’a pardonné. Je prépare actuellement quelque chose de magnifique. Je vais à la mosquée pour prier, mais les muezzins sont là, ce sont nos parents qui assurent cette fonction. Je suis et reste un artiste », martèle-t-il.

Un appel à l’aide pour des conditions de vie dignes
Né en 1968, Mister Woulin vit auprès de sa mère, très âgée. S’il a réussi, grâce à ses économies de voyage et quelques soutiens, à construire deux petites maisons sur son terrain, le confort de base lui fait cruellement défaut. Ses habitations ne disposent ni de latrines, ni d’accès à l’eau potable.
« J’ai parcouru plusieurs pays voisins avant de revenir m’installer. J’ai pu bâtir ces deux logements, mais je n’ai plus les moyens pour les commodités essentielles. J’avais commencé à faire creuser un puits, mais le puisatier a abandonné les travaux faute de financement. Je lance un appel à l’aide pour doter mon domicile d’un puits et de latrines. C’est tout ce dont j’ai besoin pour vivre tranquillement le reste de ma vie », plaide l’artiste.

Une admiration « naturelle » pour le Général Doumbouya
Sur le plan politique, l’artiste ne cache pas son admiration pour le président Mamadi Doumbouya, bien qu’il dise le soutenir « dans l’ombre ».
« Je l’aime pour son charisme et sa prestance. En le voyant, on sent tout de suite l’étoffe d’un dirigeant, d’un chef. Qu’il me donne de l’argent ou non, mon affection pour lui est naturelle. Je n’ai pas encore chanté pour lui, faute de moyens pour entrer en studio, mais le cœur y est », explique-t-il.

Malgré les épreuves, Mister Woulin n’a pas dit son dernier mot. Entre ses animaux et ses projets musicaux, il espère renouer prochainement avec son public et retrouver le chemin des scènes internationales.
Nous y reviendrons!
Habib Samaké, correspondant régional
D’Africaguinee.com à Mamou
Créé le 12 avril 2026 09:59Nous vous proposons aussi
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