Les Organisations de la société civile partenaires d’Enabel s’unissent pour les droits des Femmes

MAMOU – La ville-carrefour Mamou a abrité ce mardi 21 avril 2026 une rencontre de haute importance, axée sur un plaidoyer historique pour l’émancipation de la femme.

Les ONG CADES, Maison Mère, OPHED, Plate forme religieux en collaboration avec l’Inspection régionale de la Femme, de la Famille et des Solidarités ont mobilisé les forces vives de la région. Au cœur des débats : l’accès à la justice pour les femmes et les filles, le l’intégration des cinq droits entrepreneuriaux fondamentaux pour la femme guinéenne et le renforcement de l’engagement des autorités régionales. Cette activité a été réalisée grâce au soutien technique et financier de l’agence Belge de coopération internationale Enabel à travers son projet Santé et Autonomisation des Femmes (SAFE).

La salle de conférence du gouvernorat de Mamou a servi de cadre à ce dialogue de haut niveau, réunissant autorités locales, acteurs des services impliqués dans la lutte contre les Violences basées sur le genre (sécurités, santé, justice, promotion féminine), organisations féminines, ainsi que des activistes de la société civile. L’objectif est de transformer les textes de loi en réalités tangibles pour un meilleur accès des femmes et des filles à la justice.

Un appel à l’action des décideurs locaux

Présidant la cérémonie, le directeur de cabinet du gouvernorat, M. Mamady Kandia Keita, a rappelé que le développement de la Guinée reste tributaire de l’inclusion économique des femmes. Pour lui, le passage de l’économie informelle à l’entrepreneuriat structuré est une priorité nationale.

« Aucun développement durable n’est possible si la moitié de notre population — nos mères, nos sœurs, nos filles — reste enclavée par des barrières juridiques, sociales ou économiques. Si la femme guinéenne est le pilier de l’économie informelle et le moteur de nos foyers, elle fait encore face à des défis majeurs pour transformer son activité en véritable entreprise structurée et prospère. Le plaidoyer qui nous réunit aujourd’hui vise à briser ces plafonds de verre. Nous devons porter un message pour que chaque entrepreneure en Guinée puisse jouir pleinement de ses droits, notamment l’accès au financement par des taux adaptés, l’accès au foncier pour sécuriser leurs investissements, et l’accès aux marchés publics par des quotas simplifiés. Ce plaidoyer ne doit pas être une série de discours : c’est un appel à l’action pour nous, décideurs locaux, leaders d’opinion et partenaires financiers », a-t-il déclaré.

Mettre fin au paradoxe social

Pour M. Kader, Program Manager d’ENABEL, il existe un décalage douloureux entre la noblesse accordée théoriquement à la femme par la société et les violences qu’elle subit quotidiennement.

« Le paradis est sous les pieds de la mère. C’est une parole d’une grande profondeur qui met en lumière la place imminente de la femme. Malheureusement, les réalités du quotidien contrastent avec cette noblesse. Aujourd’hui, les violences basées sur le genre (VBG) sont une réalité. La femme risque sa vie en donnant la vie, et elle reçoit parfois la marginalisation, l’indifférence et la souffrance comme récompense. Comme le dit un penseur, aucune société ne peut prospérer tant que les femmes continueront de subir ces violences. Il est temps de mettre fin à tous ces déni de justice », a-t-il martelé.

Le cadre juridique face aux disparités du terrain

Mme Fatoumata Moumini Sow, de l’ONG CADES, a présenté une lettre de plaidoirie rappelant que l’arsenal juridique guinéen est pourtant l’un des plus complets. Elle a souligné le fossé entre les textes (Constitution, Loi sur la parité, Code pénal) et les statistiques.

« Les textes et lois de la Guinée consacrent l’égalité de droit comme un principe inaliénable : la nouvelle Constitution, la loi sur la parité, le code civil, le code pénal qui punit la violation des droits humains y compris les VBG, ainsi que les conventions internationales. Malgré ces engagements nationaux et internationaux en faveur de l’égalité des droits, la Guinée figure encore parmi les pays présentant les plus fortes disparités entre hommes et femmes selon les chiffres », a souligné Mme Sow.

Le « Tableau Public d’Engagement » 

L’innovation de cette rencontre réside dans la création d’un outil de suivi permanent. Mme Fatoumata Binta Diallo, représentante de l’ONG Maison Mère, a annoncé le lancement d’un tableau public d’engagement, matérialisé par des signatures officielles et des affiches qui seront placardées dans les espaces publics de Mamou.

« L’objectif consistait à présenter aux autorités le tableau public d’engagement pour la promotion des droits de la femme et la lutte contre les VBG. C’est pour obtenir l’adhésion officielle des autorités à travers la signature d’une fiche d’engagement. Le résultat, c’est l’existence de fiches signées qui prouvent que chaque autorité s’engage publiquement. Le poster qui sera affiché servira de rappel constant dans les bureaux et les espaces publics que la lutte contre les violences basées sur le genre est une priorité absolue à Mamou. »

La rencontre s’est achevée par une photo de famille symbolique, marquant l’adhésion physique et morale de tous les acteurs présents à faire des droits de la femme une réalité vivante dans la région de Mamou.

Habib Samaké 

Correspondant régional d’Africaguinee.com à Mamou

Créé le 29 avril 2026 09:28

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