Les enseignants contractuels menacent : « On en a marre, on ira en grève si… »

Des enseignants réunis au TPI de Mafanco à l'ouverture du procès

MAMOU-Peut-on parler d’un retour à la case départ ? Alors que les examens nationaux et les évaluations de fin d’année approchent, les enseignants contractuels tirent à nouveau la sonnette d’alarmes.

Privés de leurs primes, ils menacent d’aller en grève s’ils ne sont pas payés. Une menace, si elle est mise à exécution, risque de perturber la sérénité dans l’organisation des évaluations de fin d’année.

Dans la région administrative de Mamou, cette situation fait des grincements de dents.  Les enseignants contractuels communaux veulent bouder les salles de classe pour non payement de leurs primes.

Certains, par manque de transports, ont même cessé de fréquenter les écoles. Toutes les démarches entreprises par ces contractuels communaux pour résoudre ce problème sont restées vaines pour le moment.

Interrogé par notre correspondant dans cette région, le coordinateur régional des contractuels communaux à Mamou explique la galère dans laquelle ils sont englués.

« On avait été appelé à Conakry pour des rencontres avec les ministres de l’administration du territoire et de la décentralisation et celui de l’enseignement pré universitaire et de l’alphabétisation. On avait rencontré ces autorités. Le ministre Guillaume Hawingl nous avait promis de passer par tous les moyens pour payer nos primes dans un meilleur délais. C’est ce que nous attendons maintenant.

On lui avait dit que s’ils ne respectent pas cette promesse nous allons partir en grève. A date, on nous doit 6 mois d’arriérés de primes. On a reçu que 1 million Gnf depuis l’ouverture des classes en octobre 2022. D’autres ne partent plus à l’école parce qu’ils n’ont pas de transports. On ne veut pas abandonner les enfants, mais on ne peut rien si les enseignants ne sont pas payés », explique Moussa Kakè.

De son côté, Lansana Konaté ajoute que certains de ses collègues ont déjà arrêté de donner cours. « Moi je pars à l’école mais certains de nos collègues ont déjà arrêté les cours. Ils n’ont pas de transports pour leur déplacement. Cela est palpable. On s’est sacrifié pendant 6 mois pour la patrie. Là nous sommes à bout, ce n’est plus facile pour nous. On va partir en grève bientôt si rien n’est fait pour satisfaire nos revendications. Si on enseigne jusqu’à la fin de l’année, nous ne serons plus payés. Donc, c’est maintenant qu’ils doivent nous payer sinon on ne va pas continuer à dispenser les cours », avertit ce contractuel.

Même son de cloche chez cette enseignante qui a préféré s’exprimer sous anonymat : « On ne va plus aller à l’école. On attend notre argent d’abord. Ce sont mes parents qui payent le transport pour moi. On ne veut plus ça. Ils n’ont qu’à nous payer sinon je n’irai nulle part. On s’est engagé pour avoir un peu. Aujourd’hui, on souffre plus que lorsqu’on était au chômage. Chaque jour c’est demain. On en a marre », a expliqué cette contractuelle.

Fin février dernier, suite à un débrayage général lancé par le collectif des enseignants contractuels de Guinée, le Gouvernement avait décidé d’accorder une prime d’un million de franc guinéen à chaque enseignant pour cette première phase, le temps de terminer l’assainissement du fichier. 18 628 enseignants sont concernés par les opérations de contrôle qui piétinent. Le Gouvernement qui pense que ce chiffre a été gonflé, cherche à maitriser les effectifs.

Depuis Mamou, Habib Samakè

Pour Africaguinee.com

Créé le 24 avril 2023 05:34

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