Les confidences de Fodé Mansaré : « On me demande souvent si l’on peut trouver en Guinée de nouveaux Feindouno ou Titi Camara… »
Dénicher les successeurs de Pascal Feindouno, Titi Camara ou Souleymane Oularé : c’est le grand défi lancé par Fodé Mansaré à l’occasion du tournoi de détection organisé du 12 au 18 octobre au stade de Coléah de Conakry.
Dans un entretien accordé à Africaguinee.com, l’ancien ailier du Syli National explique comment il compte offrir une vitrine européenne aux pépites guinéennes et rappelle les exigences requises pour égaler les légendes du football national.
Entre ambitions pour la jeunesse, soutien des partenaires et exigences du football moderne, l’ex-star du championnat français livre un message cash et inspirant aux futurs espoirs du football guinéen.
AFRICAGUINEE.COM : Du 12 au 18 octobre, le stade de Coléah accueillera un tournoi de détection que vous organisez avec Guinée Foot Élite. Quel est l’objectif principal de cette initiative ?
FODÉ MANSARÉ : Merci. L’objectif de ce tournoi est de permettre aux jeunes joueurs guinéens d’être détectés afin de les amener en Europe. Comme vous le savez, j’y ai joué et j’y ai passé beaucoup de temps. Nous aimerions transmettre ce que nous avons appris pour que nos jeunes talents guinéens puissent suivre ce même parcours.
C’est la première fois que j’organise un tel événement. J’ai réussi à convaincre plusieurs de mes anciens coéquipiers du centre de formation de Montpellier de venir en Guinée pour observer nos jeunes. Nous espérons que tout se passera bien. Il y a d’excellents joueurs ici, mais la discipline est primordiale.
En Guinée, nous avons du talent, mais nous manquons parfois de rigueur. Dans le football moderne, sans discipline, il est très difficile de réussir en Europe. Nous prions pour que cette détection se déroule dans les meilleures conditions et qu’elle incite d’autres partenaires à venir régulièrement soutenir les talents locaux.
Vous évoquez vos anciens camarades de Montpellier. Combien de clubs ou de partenaires participent à cet événement ?
À la base, nous attendions entre cinq et huit clubs. En raison d’un calendrier serré et de notre organisation un peu tardive, nous accueillons finalement cinq structures. Des représentants de clubs anglais seront présents, et d’autres clubs, notamment Lille ou Paris, ont promis de nous rejoindre pour la prochaine édition.
Mais l’essentiel est qu’il suffit d’un seul recruteur avisé pour faire émerger un talent. Vous pouvez faire venir vingt recruteurs : si les joueurs ne sont pas performants, ils repartiront bredouilles. L’objectif est de passer un bon moment avec les académiciens et de réussir à placer deux ou trois joueurs en Europe. Ce serait une réussite pour la Guinée, pour les jeunes et pour toute l’équipe organisatrice.
Combien de joueurs et d’équipes participent à ce tournoi ?
Le tournoi réunit huit équipes. La gestion des effectifs est confiée à une commission dédiée. Nous avons structuré l’organisation avec des pôles pour l’arbitrage, la communication, la captation vidéo et l’accueil, afin de garantir les meilleures conditions possibles pour nos hôtes.
Recherchez-vous des profils de joueurs spécifiques ?
Tous les profils nous intéressent, à condition que le joueur soit performant, qu’il soit gardien ou joueur de champ. Les recruteurs recherchent des profils capables de s’imposer en Europe. On me demande souvent si l’on peut trouver en Guinée de nouveaux Pascal Feindouno, Fodé Mansaré, Titi Camara ou Souleymane Oularé. Si nous parvenons à dénicher de tels talents, ce sera bénéfique pour tout le football guinéen.
Cet événement bénéficie du soutien de YellowBet. Que pouvez-vous nous dire sur cette collaboration ?
En dehors du tournoi, je suis déjà l’ambassadeur de YellowBet en Guinée. Lorsque je leur ai présenté ce projet, ils ont accepté sans hésiter de m’accompagner, malgré des délais courts. Leur soutien financier et leur apport sur le plan de la communication ont permis de donner une vraie visibilité à l’événement. Le football crée de l’emploi et offre un rayonnement majeur à la Guinée. En soutenant la jeunesse, YellowBet nous donne les moyens de structurer ces initiatives et de faire encore mieux lors des prochaines éditions.
Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes qui vont participer à ce tournoi au stade de Coyah ?
Je leur demande d’être rigoureux et professionnels. Des opportunités comme celle-ci sont rares, il faut savoir les saisir. La chance ne se présente pas tous les jours. Pour réussir dans le football, il faut se donner corps et âme, être déterminé et faire preuve d’un sérieux absolu. Mon rôle a été de faire venir les recruteurs ; c’est désormais aux joueurs de prouver leur valeur sur le terrain pour convaincre ces recruteurs de ne pas repartir les mains vides.
Comptez-vous pérenniser cette initiative ?
Tout projet a un point de départ. Cette première édition du 12 au 18 octobre est un commencement. Notre ambition est d’en faire un rendez-vous régulier, année après année, et de monter en puissance au fil des éditions.
En tant qu’ancien international du Sily National, selon vous, que manque-t-il aux jeunes Guinéens pour franchir ce cap vers les grands championnats européens ?
C’est le suivi et l’éthique de travail qui font la différence. Les jeunes sont parfois trop pressés et cherchent des résultats immédiats sans en accomplir les efforts préalables. Le football est un apprentissage par étapes qui demande de la patience et du travail à long terme. Après un ou deux bons matchs, certains pensent avoir atteint le sommet, mais le haut niveau exige un entraînement constant, une hygiène de vie stricte et un repos adapté.
Si vous aimez le football et respectez ses exigences, il vous le rendra. C’est un métier de sacrifices. Avec du sérieux et un bon encadrement, nos jeunes pourront atteindre leurs objectifs.
Entretien réalisé par Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 10 octobre 2026 09:05Nous vous proposons aussi
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