Le Gouvernement du Faso rassure : “Il n’est pas question qu’un Guinéen soit inquiété…”
CONAKRY-Face aux tensions nées du départ massif de ressortissants burkinabè de la région de Siguiri, en Haute-Guinée, le Gouvernement du Burkina Faso rassure et appelle au calme. Alors que des appels aux représailles contre les Guinéens vivant au Faso se multiplient sur les réseaux sociaux, Ouagadougou rejette fermement toute escalade et réaffirme son engagement panafricaniste.
Un exode massif suite à l’interdiction de l’orpaillage clandestin
Cet exode d’une ampleur inédite fait suite aux mesures prises par les autorités guinéennes pour interdire l’exploitation anarchique et désordonnée de l’or dans la zone de Siguiri. Une décision qui a poussé des dizaines de milliers d’orpailleurs et de travailleurs burkinabè sur le chemin du retour.
Selon la Ministre de la Action Humanitaire et de la Solidarité Nationale, le Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, une opération d’accueil et d’identification est déjà déployée sur le terrain. Elle évoque un nombre de 50 000 personnes concernées par ce retour.
« L’enregistrement biométrique va nous permettre d’avoir des chiffres consolidés et de pouvoir savoir combien de Burkinabè ont été affectés par cette situation. Mais là, il faudra attendre la fin de l’opération pour pouvoir donner ces chiffres », a-t-elle précisé lors d’un entretien accordé à la Télévision Nationale du Burkina (RTB).
« Il n’est pas question qu’un Guinéen soit inquiété »
Alors que la situation cristallise les débats au « Pays des hommes intègres », les autorités burkinabè ont coupé court à toute tentation de vengeance ou de stigmatisation envers la diaspora guinéenne résidant sur leur territoire. La ministre a lancé un appel au calme et à la retenue :
« À tous ceux qui sont en train de lancer des messages qui vont dans le sens de représailles à l’endroit des Guinéens, je voudrais les appeler au calme et à la retenue, et rassurer toutes les communautés, et particulièrement la communauté guinéenne, qu’ils sont ici au Burkina Faso et chez eux, et il n’est pas question qu’un Guinéen soit inquiété par la situation qui vient de se passer », a-t-elle assuré.
La doctrine panafricaniste au cœur du message gouvernemental
Pour le gouvernement burkinabè, céder aux discours de haine ou aux passions chovinistes équivaudrait à renier les fondements mêmes de l’idéologie politique du régime actuel.
« Et nous allons prendre toutes les dispositions pour rassurer justement ces communautés que le gouvernement n’est ni de près ni de loin mêlé, en tout cas, à ces mots d’ordre qui sont en train de fuser de part et d’autre. Du reste, si nous le faisons, si nous participons à de tels appels, nous remettons même en cause le caractère panafricaniste de notre révolution progressiste populaire.
Et je voudrais rassurer l’ensemble du peuple burkinabè et l’ensemble du peuple africain que nous restons profondément africains, profondément panafricanistes, et toutes les communautés sont les bienvenues au Burkina Faso », a soutenu le Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré.
A suivre !
Africaguinee.com
Créé le 7 novembre 2026 17:50Nous vous proposons aussi
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