Le « dialogue derrière nous »? L’ANAD répond au duo Amara-Gaoual…

Cellou Dalein Diallo et Edouard Zoutomou Zpogohmou, respectivement président et vice-président de l'ANAD

CONAKRY-Jeudi en conférence de presse, le porte-parole du Gouvernement Ousmane Gaoual Diallo a déclaré que « le dialogue est derrière nous », tandis que le colonel Amara Camara lui affirmait qu’aucune influence extérieure ne viendra perturber le processus en cours.

Ces déclarations de MM. Diallo et Camara mettent ainsi fin au débat sur une éventuelle reprise du dialogue alors que le président en exercice de la Cedeao fournit des efforts dans ce sens.

Comment réagit-on dans les rangs de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD) ? Africaguinee.com a interrogé un des vice-présidents de cette coalition. Dans cet entretien, Dr Edouard Zoutomou Kpogohmou président du parti UDRP (Union démocratique pour le renouveau et le progrès) parle sans détours.

AFRICAGUINEE.COM : Lors d'une conférence de presse organisée ce jeudi 12 janvier, le ministre porte-parole du gouvernement Ousmane Gaoual Diallo a fait savoir que « le dialogue est dernier nous ». Comment réagit-on au sein de votre coalition ?

Le CNRD et tous ses démembrements sont dans leur rôle de dire que le dialogue est derrière nous. La première question qu'il faille se poser, c'est de savoir s'il y a vraiment eu dialogue lorsque la représentation de 95% de la population électorale n'y a pas pris part. La version élaborée de la concertation baptisée dialogue n'a pas été organisée selon les recommandations de la CEDEAO. Celle-ci n'avait d'ailleurs entériné aucun effort similaire antérieur. Pour l'ANAD et son inter coalition, il n'y a pas eu de dialogue malgré les déclarations contraires du CNRD. Donc, encore une fois, les recommandations issues de cette concertation ne concernent pas l'ANAD et son inter coalition.

Le président en exercice de l’institution sous-régionale a reçu à Bissau, des représentants de l’ANAD, du FNDC politique, du RPG arc-en-ciel et alliés pour parler de la possibilité de la tenue éventuelle d’un cadre de dialogue inclusif, avec la participation des toutes les coalitions. Selon vous, est ce qu'est cette sortie ne va pas freiner l’élan du président de la CEDEAO ?

La démarche du Président Embalo est la preuve éloquente qu'il n'y a pas eu de dialogue. C'est à son initiative et sur son invitation que le trio est allé le rencontrer à Bissau. Ces consultations doivent s'élargir à toutes les coalitions qui ont participé à ce soi-disant dialogue afin de trouver une nouvelle formule ou un compromis pour un nouveau dialogue plus inclusif. L'idée d'organiser un dialogue inter-guinéen en dehors de la Guinée n'est pas une première.

Des dialogues entre belligérants de pays africains se sont déroulés en dehors des pays concernés. Un tel dialogue permettrait plutôt de soustraire les participants des influences de proximité et de placer ce dialogue dans son contexte réel entre des parties belligérantes. Au nom du principe de la subsidiarité entre les institutions supranationales, la sortie du CNRD et des porte-paroles du gouvernement ne freineront pas l'élan du Président Embalo.

Comment comprenez-vous la sortie de deux porte-paroles ?

La sortie des deux porte-paroles est faite pour rassurer ceux qui ont participé à ce "dialogue" qu'ils n'ont pas perdu leur temps. Je souhaite ardemment que les rumeurs d'achat de conscience pendant cette rencontre ne se matérialisent pas, au risque de dénaturer l'inclusivité et la grande participation bruyamment claironnées à cette conférence. L'inclusivité nous interpelle et invite le CNRD à considérer la République de Guinée comme un bien commun que tous les patriotes aiment inconditionnellement. C’est un bien que nul ne saurait gérer de façon unilatérale.

Propos recueillis par Mamadou Yaya Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 13 janvier 2023 18:00

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