Labé : La FAO et le Gouvernement guinéen célèbrent en grande pompe la journée mondiale de l’alimentation…

LABE-La journée mondiale de l’alimentation a été célébrée en différé ce mardi 31 octobre 2023 à Labé. « L’Eau c’est la vie, l’eau nous nourrit, ne Laissez personne de côté », c’est le thème qui a été choisi cette année pour la célébration de cette journée internationale. L’évènement a réuni dans la cité Karamoko Alpha plusieurs acteurs qui œuvrent pour la sécurité alimentaire.


C’est le terrain Tata près de l’aéroport de Labé qui a accueilli la cérémonie de célébration de cette journée organisée par la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) avec à ses côtés le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage et des administrateurs territoriaux.

En marge de la journée de l’alimentation, celle de la femme rurale a aussi été célébrée. Ce double évènement a été ponctué par des expositions de productions agricoles, des décorations et des remises de prix. Des groupements de femmes venus de tout le pays ainsi que des acteurs du monde agricole et piscicole ne se sont pas fait conter l’évènement.

Dans son discours de circonstance, le représentant pays de la FAO en Guinée a expliqué toute la portée de cette journée mondiale.

« La journée mondiale de l’alimentation a été instituée par l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture pour deux raisons majeures. La première, c’est de rappeler aux pays membres l’engagement qu’ils ont pris chacun pour assurer la sécurité alimentaire chez eux. Chaque année, la FAO retient un thème sur lequel porte la journée. Vous avez bien compris que la journée que nous venons célébrer à Labé en différé porte sur l’Eau, parce que l’eau a eu une importante capitale dans la sécurité alimentaire. La deuxième raison, la FAO qui a été créée le 16 octobre de 1945 fête en même temps son anniversaire. Donc, c’est un double évènement », a-t-il indiqué.

L’organisation des Nations Unies dont fait partie la FAO inscrit ses actions autour de 5 piliers, à savoir : la paix, la planète, les populations, le partenariat et la prospérité, fera savoir le premier responsable de la FAO en Guinée.

« Toutes nos actions tournent autour de ces 5 piliers, mais aucun ne peut se réaliser sans la paix. Et la paix est conditionnée par la sécurité alimentaire. A côté de cette journée de l’alimentation ; le réseau des femmes rurales est là avec nous pour immortaliser également la journée de la femme rurale. J’adresse mes hommages aux producteurs, productrices, pêcheurs et éleveurs qui sont des acteurs majeurs dans la sécurité alimentaire », a lancé M. Gualbert Gbehounou.

Dans son intervention, le Représentant pays de la FAO en Guinée est aussi revenu largement sur l’importance de l’eau dans l’élevage et dans la production agricole.

« Le riz a impérativement besoin de 2497 litres pour un kilogramme de graines. Avec une population de plus en plus croissante qui change son alimentation en faveur des produits gourmands en eau notamment la viande et les produits agricoles de qualité, tous les efforts doivent être fournis pour améliorer notre façon d’utiliser l’eau dans l’agriculture afin de tirer les meilleures parties des ressources en eau limitée dont nous disposons.

Des modèles de production agricole basés sur l’utilisation des eaux existent fort heureusement. Ces modèles permettent d’éviter les pertes en eau qui favorisent une grande production avec moins d’eau et méritent toute notre attention parce que les ressources en eau diminuent. Nous sommes convaincus davantage que l’eau c’est la vie (…). L’agriculture utilise environ 70% de la consommation mondiale d’eau. En tant qu’être humain nous pouvons survivre avec quelques gorgées d’eau par jour mais l’eau que nous consommons à travers notre alimentation est bien plus.

Ce qui explique que les pays doivent produire une alimentation abondante en dépensant moins d’eau tout en restaurant les sols et les systèmes hydriques. La menace de la pénurie d’eau touche beaucoup plus des petits producteurs en particulier les femmes, les migrants et les réfugiés qui ont du mal à satisfaire leur besoin quotidien. 60% de la population mondiale est confronté à des degrés divers à l’insécurité de l’eau. Et, d’ici 2030 la sècheresse pourrait contraindre à quelques 700 millions de personnes à quitter leurs foyers. Plus d’un millier de cours d’eau irriguent la République de Guinée et les trois plus grands fleuves de l’Afrique de l’Ouest y prennent leurs sources. Je vais nommer les fleuves Niger, Sénégal et la Gambie et le pays bénéficie d’une forte pluviométrie annuelle abondante d’au moins 1400 millimètres bien. C’est au-dessus de la moyenne de la sous-région. Toutefois l’accès à l’eau potable et l’eau pour les usages domestiques et pour l’irrigation en vue de la transformation pour les systèmes alimentaires exige davantage l’effort d’investissement de la part du gouvernement guinéen qui fait beaucoup déjà », détaille le représentant pays de la FAO en Guinée.

S’exprimant au nom du ministre de l’Agriculture, Mme Diallo Hawa Sylla a remercié la FAO et a rendu hommages à la femme rurale

« Notre présence ici se justifie pour la célébration de 2 journées importantes que sont : la journée de l’alimentation et celle de la femme rurale. C’est aussi l’occasion de d’adresser au représentant de la FAO les remerciements du ministre Mamoudou Nangnalen Barry et souhaiter joyeux anniversaire à la FAO pour les 78 ans de l’institution.

Cette année le thème choisi pour la journée de l’alimentation est particulièrement significatif. Il s’agit de l’eau. Ce choix regorge l’importance de l’eau dans notre quête pour éliminer la faim et la malnutrition tout en insistant sur l’impératif de garantir l’accès équitable à cette ressource vitale pour tous. L’eau est la source de vie sur notre planète ; rien ne peut se faire sans elle. Les produits végétaux, l’alimentation du bétail ou préparer un repas tout dépend de l’eau. L’eau est au cœur de notre système alimentaire. L’eau doit être gérée avec soins et équité pour répondre aux besoins de l’ensemble de la population mondiale.

Dans les communes urbaines, les gens n’ont pas accès à l’eau potable. La crise de l’eau est une crise alimentaire mais aussi une crise de justice sociale. Il est de notre devoir que personne ne soit privé de l’accès à l’eau nécessaire pour sa survie et son bien-être. Aujourd’hui nous devons tous ensemble, gouvernements, secteur privé, société civile, producteurs, agriculteurs réfléchir à nos propres actions en ce qui concerne nos consommations alimentaires et l’utilisation responsable. Je profite de cette tribune pour rendre hommage à aux femmes rurales et leur témoigner la reconnaissance du ministère de l’agriculture et de l’élevage qui est présent pour le monde rural », a déclaré la secrétaire générale du ministère de l’agriculture et de l’élevage.

Pour la célébration de la femme rurale, Mme Condé Hadja Nathalie Konan qui travaille sur les sites de Sonfonia et de Kindia, à l’image d’autres femmes, est venue avec des échantillons de bananes et de papayes entretenues par son groupement. A côté de la fierté de travailler dans le monde agricole, elle fait aussi des plaidoyers.

« Les gros pieds de bananes locales que vous voyez là nous vient tout droit du site maraicher de Sonfonia, c’est la banane P4, c’est une expérimentation réussie. La papaye et l’ananas viennent de Kindia ; notre groupement entretient plus de 1000 plants seulement en banane à Kindia et à Sonfonia avec les variétés PK3 et PK4 mais nos moyens sont très limités. Nous avons besoin de l’appui de l’Etat, du président de la République et de la FAO. Par exemple, dans la zone de Sonfonia où nous évoluons compte 36 hectares. 16 sont déjà pris, on nous dit que c’est pour la construction des logements sociaux, il reste 20 hectares avec nous, ce n’est pas aménagé aussi, nous avons peur que ces 20 hectares nous soient retirés. En saison des pluies nous n’avons un grand programme, nous faisons seulement le riz et le maraichage. A partir du mois de décembre si vous arrivez sur le site vous aurez pitié de nous, à cause du manque d’eau, ce n’est pas irrigué ce n’est pas aménagé ; c’est l’eau de puits et de source que nous utilisons qui se dessèchent vite, ou tarissent complètement », plaide Hadja Nathalie Konan.

Les deux journées célébrées en différé ont été clôturées par une visite des stands d’expositions des agriculteurs et éleveurs, des pécheurs ainsi que la remise des prix aux meilleurs acteurs qui se sont distingués dans leur domaine d’activité.

Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 664 93 45 45

Créé le 1 novembre 2023 11:04

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