La régularisation des sans-papiers plombe-t-elle la popularité de Manuel Valls?

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PARIS-Son image pourrait en prendre un coup tant le sujet donne lieu à des crispations. A l'Assemblée nationale mardi, Manuel Valls a annoncé que 10 000 sans-papiers de plus seront régularisés en 2013 par rapport à l'an dernier. Soit un total de 46 000 titres de séjour. L'aveu est à double tranchant: rassurant pour les Français qui jugent ses méthodes trop dures, inquiétant pour les partisans de la fermeté sur les questions d'immigration. 
 
Il faut nuancer cette hausse, s'est empressé de préciser Manuel Valls. Car elle serait avant tout "conjoncturelle" et découlerait des nouveaux critères de régularisation de sa circulaire de novembre 2012. Laquelle n'explique d'ailleurs pas seule l'ensemble des 10 000 nouveaux titres de séjour accordés, a encore assuré le ministre. Bref, Manuel Valls ménage sa gauche comme sa droite. 
 
Une popularité à l'épreuve des polémiques
 
"Il donne des gages dans les deux sens, ce qui lui permet d'alterner une politique d'immigration entre fermeture et ouverture", note Emmanuel Rivière, directeur du département Opinion chez TNS-Sofres. Une stratégie qui paie: malgré les remous provoqués par l'affaire Leonarda, 70% des Français ont une bonne image de lui, selon le dernier baromètre BVA pour L'Express/Orange/France Inter. "Les Français veulent le respect de la norme républicaine en matière de politique d'immigration, or Valls tient un discours républicain", justifie Jean-Daniel Lévy, directeur du département Opinion chez Harris Interactive. 
 
 
Il n'y a guère que chez les électeurs de la gauche du PS que Manuel Valls suscite le rejet. Aussi l'annonce d'une hausse des régularisations des sans-papiers pourrait-elle adoucir son image auprès de cette tranche de population et des jeunes qui réclament toujours le retour de la Rom expulsée. "Il montre que lorsque les conditions sont remplies, ce qui n'était pas le cas de Leonarda, rien ne s'oppose à l'admission d'étrangers sur le territoire français", analyse Emmanuel Rivière. 
 
Toujours soutenu à droite
 
Reste que du côté de l'UMP, l'annonce de Manuel Valls sonne plutôt comme un aveu d'échec. "C'est la preuve qu'au-delà des déclarations viriles et des coups de menton, sa politique migratoire est faible et laxiste", dénonce Geoffroy Didier, secrétaire général adjoint de l'UMP. Pour le cofondateur de La Droite forte, la popularité du ministre de l'Intérieur ne repose sur rien de concret. "Il séduit à droite par sa communication et à gauche par son inaction." 
 
Pour l'heure, les électeurs de l'UMP gardent toujours une bonne image de Manuel Valls. "L'annonce ne baissera en rien sa popularité auprès de la droite. Il n'a pas besoin d'adoucir son image, il est déjà suivi massivement par l'opinion. Il n'y a que les cadres de l'UMP qui vont chercher à polémiquer", parie le député-maire du PS et cofondateur de La Gauche populaire Philippe Doucet. Reste à savoir maintenant jusqu'à quand Manuel Valls sera épargné par la défiance grandissante des Français à l'égard de l'exécutif. 
 
 AFP
Créé le 7 novembre 2013 12:28

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